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Une grande partie de la couche ayant été explorée au moyen de ces tailles parallèles prolongées à de grandes distances, on cominence à abattre les massifs. On attaque d'abord les massifs les plus éloignés du puits d'extraction en commençant par l'estré mité la plus voisine de ce puits, marchant dans la directiou des premières galeries ou tailles et remblayant plus ou moins complètement derrière soi. Cette méthode est appelée Methode par massifs longs. fig. 402. En Silésie on pousse également dans

la couche des tailles parallèles T,T',I", fig. 452. Mais on ne reinblaye pas derrière soi, on se borce à soutenir le toit au moyen d'étais placés au milieu des tailles.

On abat ensuite les massifs en les recoupant au moyen de traverses. On attaque en premier lieu les massifs

au point le plus éloigné du puits d'ertractiou en commençant par le massif inférieur M' ou par le massif supérieur M"" suivant que la couche est plus ou moins inclinée. On remonte ordinairement de l'une des premières tailles parallèles T, T', à la taille supérieure, on soutient provisoirement le toit au moyen d'étais ct on les retire en recelant pour le laisser ébouler au fur et à mesure qu'on revient vers le puits principal. Cette modification de la méthode par massifs longs prend quelquefois le nom de methode par massifs courls.

Aux environs de Newcastle on divise les couches par piliers au moyen de galeries croisées nou remblayées.

Tantôt on ne donne à ces piliers que les dimensions rigourensement nécessaires pour qu'ils puissent soutenir le toit et on les abat ensuite complètement ou partiellement en aliaquant d'abord les piliers les plus éloignés du puits principal, revenant à l'eculons vers ce puits et laissant ébouler le toit dans les parties dont on a extrait la totalité du charbon.

La première marche ne convient que lorsqu'on exploite à de petites profondeurs et que le charbon n'a pas une très grande valeur. A de grandes profondeurs on serait obligé d'abandon

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der des massifs de charbon très épais pour résister à une plus, forte pression et la perte serait d'autant plus sensible que le combustible minéral aurait plus de valeur.

Dans ce dernier cas, à Newcastle, on divise le plan des couches à exploiter en un certain nombre de grands carrés dont l'intérieur est subdivisé en piliers, et dont les côtés devicnnent les axes de murs de charbon que l'on conserve autour de ces piliers (fig. 453),

fig. 453.

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La mine est ainsi partagée en autant de compartiments distincts. Un éboulement, une inondation ou tout autre accident survenant, ne se fait pas sentir au-delà du compartiment où il a commmencé, et, en donnant des noms particuliers à chacune de ces grandes cases, on se dirige plus facilement dans ces immenses labyrinthes.

Cette ingénieuse disposition des travaux, connue sous le nom de Pannelwork, ou méthode par piliers el compartiments, a été imaginée par M. Buddle, l'un des ingénieurs les plus dis. tingués de l'Angleterre.

Les piliers sont abattus par tranches en disposant les ouvriers par gradins. Les murs de charbon qui entourent les comparti

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ments sont également démolis, mais seulement en dernier lies lorsque tous les piliers ont disparu.

Les méthodes qui consistent à enlever la totalité du charbon fire en s'éloignant du puits principal et remblayant derrière soi, sont toutes comprises sous ces deux titres : Méthode par grandes di tailles; méthode par gradins.

Déjà nous avons expliqué, en parlant de l'exploitation des massifs métallifères, commenton'les abattait par grandes tailles

. Lorsque c'est une couche de charbon qu'on exploite au lieu de d'une couche métallifère, on ne forme pas de massifs. Dès que la galerie d'allongement, que l'on perce toujours à partir

du puits principal, est ouverte sur une grande longueur, on prolo cède à l'abattage du charbon, en plaçant un grand nombre d'ou-bo vriers sur une même ligne qui suit la direction de la couche ou qui est plus ou moins inclinée sur cette direction, selon l'indinaison de la couche ou la position des fissures régulières. Ces ouvriers pratiquent les entailles en dessous et aux extrémités des massifs. D'autres ouvriers qui les précèdent abattent les grands prismes de charbon, cernés par des entailles au moyen de cartouches ou de coins placés contre le toit, et enfin, viennent ceux qui recueillent le charbon abattu , le transportent au puits d'extracfig. 454. tion, remblayent une portion de l'es

pace excavé et posent des étais en bois pour soutenir la portion du toit qu' reste à découvert (Voy, fig. 454).

Lorsque les ouvriers enlèvent tout le charbon à partir de la grande gato lerie d'allongement, il faut qu'ils construisent des murs en remblais ou en maçonnerie pour soutenir le toit de cette galerie qu'il est important de

conserver. D'autres fois, ils laissent subsister des piliers de charbon le long de la galerie.

La méthode par gradins (fig. 455) consiste à abattre le char bon par tranches contiguës en plaçant les ouvriers par échelons et remblayant derrière eux. Il suffira d'étudier la figure pour s'en faire une idée nette.

Lorsqu'on n'a pas à craindre un dégagement considérable de

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gaz, on donne aux gradins de grande fig. 455.
dimensions (quelquefois 10 mètres de
front, sur 15 mètres de profondeur)
et on place plusieurs mineurs devant
chaque gradin; si le gaz se montre en
grande abondance, on diminue les di-,
mensions des gradins.

Des différentes méthodes que nous venons de passer en revue chacune présente des avantages et des inconvénients darticuliers qui la font préférer ou rejeter suivant les circonstances.

Nous avons déjà montré que la première, celle des massifs longs, telle qu'elle est appliquée à Liège, convenait darfaitement lorsqu'on avait à redouter des irruptions subites d'eau ou de gazou des éboulements. Elle convient encore lorsque le gaz est répandu en abondance dans la mine, parce qu'en construisant les remblais derrière soi de manière à pe laisser qu'une voie étroite contre les parois des tailles, on force le courant d'air frais qui parcoure cette voie à en bien raser les côtés et à emporter ainsi jusqu'aux moindres particules de gaz.

La méthode par massifs courts, de Silésie, a l'avantage de ne pas exiger de remblais ou au moins de n'en exiger que mais elle se prête moins bien à la ventilation, et comme l'abattage du charbon s'opère dans deux directions différentes, elle donnerait lieu à une grande quantité de menu si les fis-' sures naturelles du charbon ne se montraient que dans une seule direction.

Les méthodes par piliers seront surtout applicables toutes les fois que l'abattage aura lieu avec la même facilité à

peu près dans deux directions qui se croisent. Nous avons déjà indiqué dans quelles circonstances l'une ou l'autre de ces méthodes pouvaient être adoptées.

En suivant la méthode par grandes tailles, on pourra éclairer et inspecter un grand nombre d'ouvriers à la fois , ne creuser qu'un petit nombre d'entailles verticales, abattre d'énormes massifs à la fois, et enfin conduire le courant d'air sur une grande longueur sans qu'il fasse de coude. La perte en charbon ne s'élève pas au-delà de 1/8 à 1/10. Ce sont là des avantage qu'aucune des autres méthodes ne présente au même degré ;

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fort peu,

mais, d'un autre côté, en abattant le charbon par grandes tailles on met à découvert une partie considérable du toit en même temps, on s'expose ainsi davantage aux risques d'éboulement, et on consomme beaucoup de remblais pour soutenir le toit derrière soi. On suit toutefois cette méthode en Angleterre pour des couches dont le toit est ébouleux, et elle a été adoptée en Belgique dans une mine où le dégagement du gaz était très abondant, pour l'exploitation d'une couche presque verticale. Les ouvriers étaient alors placés les uns au-dessus des autres sur des planchers, et les entailles du toit au mur étaient très rapprochées. Elle est rarement appliquée dès que l'épaisseur de la couche dépasse 2",257 pieds.

Quant à la méthode par gradins, elle présente, outre certains avantages qui lui sont communs avec la méthode par grandes tailles, dont elle n'est qu'une modification, celui de placer les ouvriers de la manière la plus convenable pour qu'ils se gênent le moins les uns les autres, ce qui fait qu'elle est presque exclusivement adoptée pour l'exploitation des couches inclinées qui n'ont pas une très grande épaisseur. En outre, elle permet de ne jamais mettre à découvert une grande portion du toit à la fois.

B. Les couches de houille étant très épaisses et peu inclinées, on peut leur appliquer l'une quelconque des méthodes d’esploitation usitées pour les gites épais métallifères, méthodes á la description desquelles nous prions le lecteur de se reporter.

La plupart des couches épaisses du département de Saône-etLoire sont exploitées par estaux et piliers, mais cette méthode occasione une perte de charbon qui s'élève jusqu'à 11/15 de la quantité totale. L'exploitation par assises et remblais sucessifs en commençant par les assises inférieures,' exige une quantité de remblais

que

l'on a souvent de la peine à se procurer. Dans le Stafforshire, on exploite une couche de dix mètres d'épaisseur par une méthode toute particulière qui participe des avantages et des inconvénients des précédentes.

Elle consiste à diviser d'abord par la pensée le plan de la couche en un certain nombre de carrés autour desquels devron éléménagés des massifs de charbon, et qui deviendront autant de cases ou compartiments distincts qui communiqueront par une

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