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8° Lorsque le toit est ébouleux et peu solide, éviter d'en découvrir une trop grande partie à la fois, et soutenir avec soin la partie découverte par des remblais on par des étais en bois;

9° Monter l'exploitation sur la plus grande échelle possible, afin de diminuer les frais généraux , tout en la proportionnant cependant au débit.

Cette règle s'applique à toute espèce d'entreprise industrielle.

Dans une mine métallifère, on sait à peu près le rendement des minerais au fourneau, et on part de cette donnée pour calculer l'étendue du massif à exploiter chaque jour, pour subvenir aux besoins des usines.

Dans les mines de houille, il faut savoir à quel volume, en place, correspond un certain volume mesuré après l'abattage. Règles particulières d'exploitation applicables aux couches

de houille.

!

1° Percer les galeries ou tailles, autant que possible, perpendiculairement aux fissures de la houille; c'est pour cela qu'on évite de percer un grand nombre de galeries en sens divers ;

2° Percer de larges tailles, afin d'enlever la houille par gras blocs et diminuer ainsi le nombre des entailles qui ne donnent

que de la houille menue et augmentent les frais de maind'euvre.

La direction, l'inclinaison et les dimensions des galeries dépendent aussi des besoins du roulage et de l'aérage; elles en dépendent même uniquement lorsque la galerie est ménagée à travers les remblais.

3o Isoler les tailles lorsqu'on redoute les irruptions sabites

d'eau ou de gaz.

C'est ce résultat qu’on se propose d'obtenir en suivant la méthode par massifs longs et celle par compartiment.

4. Éviter d'ouvrir un trop grand nombre de galeries à la fois, et de laisser trop long-temps les piliers ou massifs de houille exposés à l'action nuisible de l'air et de la pression.

La houille des piliers, lorsqu'on la laisse long-temps exposée aux courants d'air et à la pression des bancs supérieurs, perd de sa qualité; elle devient tendre et impropre à donner un bon coke pour le haut fourneau.

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51 Éviter d'abandonner du menu dans les vieux ouvrages, et I d'y laisser circuler l'air, afin de se préserver des incendies;

6o Disposer les travaux de manière à employer le moins de boi-age et de remblais possible, et aviser aux moyens de ne jamais manquer

des remblais nécessaires. Cette règle peut aussi s'appliquer aux mines métallifères, 1 elle est cependant plus particulière aux mines de houille, où po le remblai est bien plus rare.

Aug. PERDONNET. EXPLOSION DES CHAUDIÈRES. Des résultats im"' portants sont attendus en ce moment sur les moyens propres à

éviter les accidents dont il s'agit ; nous avons cru devoir attendre la terminaison de ces recherches et renvoyer ce que nous avons à dire à ce sujet à l'article Machines A VAPEUR.

EXPORTATIONS. (Commerce.) Quand les nations sont arrivées à un degré de richesse qui leur permet de produire plus de choses qu'elles n'en peuvent consommer, l'excédant de leur production devient la base de leurs exportations. Le Brésil exporte du sucre et du café; la Suède et l'Angleterre exportent du fer, la Pologne des blés, le Canada des bois, la Russie du chanvre et du goudron, la France des vins , l'Espagne des huiles, l'Italie des soies, l'Allemagne des laines, les États-Unis du coton, le Bengale des indigos. Chaque nation exporte un ou plusieurs articles principaux sur lesquels roule presque tout son commerce extérieur. Elle se procure ainsi les articles qui lui manquent par la vente de ceux dont elle abonde. La Suède paie en fers les vins de Bordeaux, l'Italie en soies les cotons d'Amé. rique, la Russie en goudron les sucres du Brésil.

Il est facile de voir que pour tous les pays la faculté de s'approvisionner dépend de la faculté des échanges, et que si la Russie, par exemple, voulait recevoir du Brésil autre chose que des sucres et des cafés, elle courrait le risque de n'y pas vendre ses goudrons et ses chanvres. Exiger de l'argent, c'est supposer que le Brésil aurait déjà trouvé un peuple auquel il convenait d'échanger ses espèces contre des productions brésiliennies, ce qui, après tout, n'empêcherait pas le Brésil de payer définitivement en produits brésiliens les produits russes. Chaque peuple a donc un intérêt puissant à recevoir les denrées étrangères pour écouler les siennes. Quiconque ne produit pas

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d'indigo et veut s'en procurer, doit les payer avec une marchandise de sa façon ou avec une denrée de son sol. Quand og n'a que des cuirs à vendre, comme Buenos-Ayres, il faut rece voir des vins de France ou des blés de Pologne, sous peine de se passer de blé et de vins, au milieu de la surabondance des cuirs.

Aussi remarque-t-on qu'en général et sauf quelques exceptions, les nations ne font pas difficulté d'admeitre sur leurs marchés les denrées exotiques qu'elles ne produisent point ou ne peuvent produire elles-mêmes, et la question des exportations serait bientôt résolue, si elle ne portait que sur ce genre d'objets d'échange. Mais à mesure que l'industrie et l'agriculture out fait des progrès, chaque peuple a essayé de produire les artiticles qui lui étaient fournis par son voisin : la soie est venue de l'Inde, de la Chine, de l'Espagne, de l'Italie, de la France. Le fer a été fabriqué à des prix bien différents, en Suède, en Asgleterre, en France, en Allemagne, en Espagne, partout. Le sucre colonial a trouvé une rivalité formidable dans la betterave; l'Inde orientale a subi la concurrence des Indes occidentales et même celle de l'Égypte pour les cotons. La concurrence est de venue bien vive encore pour certains genres de marchandises, pour les tissus, pour les produits chimiques, pour les boissons fer mentées.

Dès lors a commencé cette fatale guerre des douanes, dont le but est encore une victoire stérile sur de prétendus rivaux, auxquels on ne peut nuire sans ce nuire à soi-même. Telle nation qui prohibait ou frappait de droits exorbitants les marchandises fabriquées de la nation voisine, a vu frapper les siennes par représailles ; elle voulait protéger son industrie, on a frappé son agriculture; d'autres fois elle a cru protéger son agriculture, elle a ruiné son industrie. Vous refusez les bestiaux de la Suisse et du duché de Bade: Bade et la Suisse repousseront vos tissus, et vous verrez s'élever des manufactures aux environs de Zurich, où naguères, on ne rencontrait que des pâtres conduisant leurs troupeaux. Tout le monde a voulu de l'argent, et en definitive l'argent est devenu d'autant plus difficile à gagner, c'est-à-dire les profits d'autant plus difficiles à faire, que les échanges ont éprouvé plus d'obstacles. On s'est imaginé que les exportations

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étaient la question la plus importante du commerce, comme si des exportations donnaient d'autres bénéfices que par les retours. On a cru pouvoir vendre sans acheter, et s'enrichir sans importer.

Les gouvernements n'ont pas peu contribué à entretenir dans les esprits cette chimère dont nous avons parlé à propos de la BALANCE DU COMMERCE , ( voyez ce mot); ils ont publié et ils publient encore aujourd'hui des tableaux trompeurs, où les chiffres sont groupes de manière à faire croire que l'état s'est enrichi par des exportations supérieures aux importations. La balance passe pour nous avoir été favorable quand nous avons fait sortir de France plus de marchandises que nous n'en avons fait entrer, comme ce fossé dont on a dit : plus on lui ôte, plus il est grand.

Aussi longtemps que ces erreurs passeront pour des axiômes, il - ne faut pas espérer de voir l'administration revenir à la simplicité

des principes; il ne faut pas compter non plus sur le dévelop

pement que la prospérité publique aurait le droit d'attendre des · progrès de la civilisation. A quoi sert le maintien de la paix,

puisqu'on se fait la guerre de douanes , et que sur une scule de nos frontières soixante-dix mille chiens sont entretenus par la contrebande, sans que les marchandises qu'ils importent figurent dans les tableaux de la balance?

En somme, les exportations sont un mot vide de sens, qu'on les sépare de leur corrélatif qui sont les importations. Toules les fois qu'on refusc d'importer, on empêche d'exporter; on se blesse avec l'arme dont on frappe ses voisins. Il n'est point de vérité que l'économie politique ait mieux démontrée que celle là, et il y a longtemps que les douanes auraient été modifiées, en attendant qu'elles soient détruites, comme instrument protecteur, si l'intérêt privé des industriels protégés au détriment de leurs concitoyens, n'avait couvert la voix de l'intérêt général qui ne peut séparer ce qui est inséparable, la liberté des importations de celle des exportations.

BLANQUI AÎNÉ. EXPOSITION DES PRODUITS DE L'INDUSTRIE. ( Commerce.) Ce fut une heureuse idée que celle de réunir à des époques régulières les produits de l'industrie nationale, pour en faciliter l'étude , en généraliser la connaissance et en constater les progrès. La première exposition eut lieu en France, dans le mois de septembre 1798, au Champ-de-Mars, à Paris,

tant

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EXPOSITION DE L'INDUSTRIE. sous le ministère de François-de-Neufchâteau. Elle avait été organisée à la hâte, et l'on n'y vit figurer que quelques produits de l'industrie du département de la Seine et des départements environnants. Douze médailles et autant de mentions honorables y furent accordées aux exposants distingués par le jury. C'était peu de chose, mais l'élan était donné , et à la seconde exposition de 1801, la cour du Louvre, que le ministre Chaptal avait désignée pour le théâtre de cette solennité, présenta un spectacle plus intéressant. Le nombre des exposants fut plus considérable. Douze médailles d'or, vingt médailles d'argent, des distinctions particulières distribuées par le premier Consal, avec une bienveillance remarquable, et les regards de l'Europe entière, annonçèrent que l'industrie française allait reprendre son essor. En effet, nos grandes réputations industrielles datent presque toutes de cette exposition. On assure que le premier Consul y avait manifesté l'intention de transformer à l'avenir les expositions en véritables foires , où les industriels pourraient trouver tout-à-la-fois une récompense honorifique et un prix avantageux de leurs produits.

La troisième exposition suivit de près la seconde, en 1801, el se tint comme elle dans la cour du Louvre. On y remarqua de nouveaux progrès, et le gouvernement crut devoir augmentar le nombre des récompenses. Mais c'est surtout en 1806, soni le ministère de Champagny, que l'exposition prit un caractère de magnificence, digne des plus hautes solennités nationales. Elle avait été disposée sur l'esplanade des Invalides, dans de vastes galeries, et le nombre des exposants qui s'y pressaien! était dix fois plus considérable qu'en 1801. Vingt-six mé dailles d'or , soixante-quatre médailles d'argent de première classe, cinquante-quatre médailles d'argent de seconde classe sans parler des médailles de bronze et des mentions honorable attestent suffisamment l'impulsion que l'industrie avait reçue da règne de Napoléon. Ce fut malheureusement la dernière de ce règne, et il faut se reporter jusqu'à la restauration pour retrouver, en 1819, dans l'exposition ordonnée sur la propositive de M. Decazes, la trace des belles exhibitions de 1802 el de 1806. Les années 1823, 1827 et 1834 ont vu s'accroître l'essee donné à l'industrie nationale par le premier consul Bonaparte

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