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quia iniquum est me excludi exceptione, replicatio mihi datur ex posteriore pacto, hoc modo: SI NON POSTEA CONVENERIT, UT EAM PECUNIAM PETERE LICERET. Item si argentarius pretium rei quæ in auctione venierit, persequatur, objicitur ei exceptio, ut ita demum emptor damnetur, si ei res quam emerit, tradita sit: quæ quidem est justa exceptio; sed si in auctione prædictum est, ne ante emptori traderetur res, quam si pretium solverit, replicatione tali argentarius adjuvatur: AUT SI PRÆDICTUM EST, NE ALITER EMPTORI RES TRADERETUR, QUAM SI PRETIUM EMPTOR SOLVERIT.

§ 127. Interdum autem evenit ut rursus replicatio quæ prima facie justa sit, inique reo noceat: quod quum accidat, adjectione opus est adjuvandi rei gratia, quæ duplicatio vocatur.

§ 128. Et si rursus ea prima facie justa videatur, sed propter aliquam causam inique actori noceat, rursus adjectione opus est, qua actor adjuvetur, quæ dicitur triplicatio.

pas l'argent cette exception de pacte convenu m'est nuisible, car ce pacte existe malgré la convention contraire; mais, comme il serait inique de repousser ma demande par cette exception," on m'accorde une réplique, en vertu du second pacte, réplique ainsi conçue A MOINS QU'ON N'AIT CONVENU PAR LA SUITE QUE L'ARGENT POURRAIT ÈTRE DEMANDÉ. De même, si un argentier poursuit le prix d'une chose qu'il a vendue dans une vente publique, on lui objecte l'exception qui veut que l'acheteur ne soit pas condamné, si la chose ne lui a pas été livrée : cette exception est bien fondée; mais si l'argentier a annoncé, à l'encan, que la chose ne serait pas livrée avant le payement du prix, on vient à son aide par cette réplique: A MOINS QU'ON N'AIT ANNONCÉ QUE LA CHOSE NE SERAIT PAS LIVRÉE A L'ACHETEUR AVANT LE PAYEMENT DU PRIX.

§ 127. Il arrive aussi quelquefois que la réplique, juste au premier aperçu, est injuste contre le défendeur: dans ce cas, on vient en aide à ce défendeur par une duplique.

§ 128. Dans le cas où cette duplique, juste d'abord, est injuste contre le demandeur, on accorde à celui-ci une triplique.

La réplique était à l'exception ce que celle-ci était à l'action. Elle avait pour but de permettre au juge de statuer d'après les faits, au lieu d'être astreint aux règles rigoureuses du droit civil. La duplique produisait le même résultat à l'égard de la réplique. La tréplique était, à son tour, la réponse à la duplique, et ainsi de suite.

§ 129. Quarum omnium adjectionum usum interdum etiam ulterius, quam diximus, varietas negotiorum introduxit.

$130. Videamus etiam de præscriptionibus quæ receptæ sunt pro actore.

§ 129. La diversité des affaires a introduit ces amplifications (adjectiones), dont l'usage

s'est étendu même au delà de la triplique. $130. Occupons-nous des prescriptions introduites dans l'intérêt du demandeur.

Les prescriptions étaient des adjectiones que le demandeur ou le défendeur pouvaient faire placer en tête de la formule, afin d'échapper aux conséquences du droit civil. Nous avons déjà eu occasion de parler, sous le § 53, des prescriptions introduites en faveur du demandeur.

§ 131. Sæpe enim ex una eademque obligatione aliquid jam præstari oportet, aliquid in futura præstatione est velut cum in singulos annos vel menses certam pecuniam stipulati fuerimus; nam finitis quibusdam annis aut mensibus hujus quidem temporis pecuniam præstari oportet; futurorum autem annorum sane quidem obligatio contracta intelligitur, præstatio vero adhuc nulla est. Si ergo velimus id quidem quod præstari oportet petere et in judicium deducere, futuram vero obligationis præstationem in incerto relinquere, necesse est, ut cum hac præscriptione agamus EA RES AGATUR, CUJUS REI DIES FUIT; alioquin

§ 131. Souvent, en effet, en vertu d'une seule et même obligation, on est tenu de fournir actuellement quelque chose, et plus tard quelque autre chose, par exemple lorsqu'on a stipulé une somme certaine, payable chaque année ou chaque mois dans ce cas, à l'expiration de chaque année ou de chaque mois, il faut fournir la somme due à cette époque; quant aux années à venir, on considère l'obligation comme contractée, et la prestation comme non exigible. Si donc nous voulons demander et déduire devant le juge ce qu'on doit nous fournir, laissant pour l'avenir les prestations futures, nous devons faire insérer

si sine hac præscriptione egerimus ea scilicet formula, qua incertum petimus cujus intentio his verbis concepta est: QUIDQUID PARET NUMERIUM NEGIDIUM AULO AGERIO DARE, FACERE OPORTERE, totam obligationem, id est, etiam futuram in hoc judicium deducimus, et quantumvis in obligatione fuerit, tamen id solum consequimur,quod litis contestatæ tempore præstari oportet, ideoque removemur postea agere volentes. Item si verbi gratia ex empto agamus, ut nobis fundus mancipio detur, debemus ita præscribere: EA RES AGATUR DE FUNDO MANCIPANDO; ut postea, si velimus vacuam possessionem nobis tradi, de tradenda ea possessione ex stipulatu vel ex empto agere possimus. Sed totius illius juris obligatio illa intenta actione: QUIDQUID OE EAM REM NUMERIUM NEGIDIUM AULO AGERIO DARE, FACERE OPORTERET, per intentionem consumitur, ut postea nobis agere volentibus de vacua possessione tradenda nulla supersit actio.

cette prescription dans la formule: IL EST QUESTION DE LA PRESTATION ÉCHUE; autrement, si nous avons omis la prescription et avons agi par une formule où nous demandions une chose incertaine, et dont l'intention était ainsi conçue: TOUT CE QU'IL APPERT QUE NUMÉRIUS NÉGIDIUS DOIT DONNER OU FAIRE POUR AULUS AGERIUS, nous avons déduit devant le juge toute l'obligation, même dans ce qu'elle a de futur, et, quel que soit le montant de cette obligation, nous n'obtenons cependant que ce qui est échu au temps de la litis contestatio; et si, par la suite, nous voulons agir pour le reste, notre demande est rejetée. De même, lorsque nous agissons ex empto, pour qu'on nous mancipe un fonds, nous devons faire insérer cette prescription dans la formule: IL S'AGIT D'UN FONDS QU'ON DOIT MANCIPER; de cette manière, si, par la suite, nous voulons qu'on nous livre la libre possession, nous pouvons agir ex stipulatu, pour qu'on nous livre ce fonds, ou intenter de nouveau l'action ex empto. Mais, le montant de toute l'obligation étant demandé par l'action TOUT CE QUE, POUR CES MOTIFS, NUMÉRIUS NÉGIDIUS DOIT FAIRE OU DONNER

POUR AULUS AGERIUS, l'obligation s'éteint par cette intention, de sorte que si, par la suite, nous voulons agir rela

tivement à la tradition de la libre possession, nous n'avons aucune action.

Gaïus veut dire ici que l'acheteur qui ne voulait, pour le moment, que se faire manciper la chose vendue, devait placer une prescription en tête de la formule, à l'effet de se réserver l'action empti pour la tradition de la chose. Sans cette prescription, il perdait tout droit d'exercer ultérieurement l'action empti. Ce paragraphe de Gaïus prouve, suivant Zimmern, que l'action empti pouvait être formulée comme action arbitraire, dans le but de faire avoir la tradition au demandeur.

§ 132. Præscriptiones autem appellatas esse ab eo quod ante formulas præscribuntur, plus quam manifestum est.

§133. Sed his quidem temporibus, sicut supra quoque diximus, omnes præscriptiones ab actore proficiscuntur; olim autem quædam et pro reo opponebantur; qualis erat illa præscriptio: EA RES AGATUR SI MODO PRÆJUDICIUM HÆREDITATI NON FIAT, quæ nunc in speciem exceptionis deducta est et locum habet, quum petitor hæreditatis alio genere judicii præjudicium hæreditati faciat, velut quum res singulas petat; esse enim iniquum per unius rei petitio

nem....

§ 132. Il est plus qu'évident que les prescriptions sont ainsi appelées parce qu'elles sont écrites en tête des formules.

§ 133. Il est vrai que, de nos jours, ainsi que nous l'avons dit plus haut, toutes les prescriptions sont en faveur du demandeur; mais autrefois le défendeur pouvait en opposer quelques-unes entre autres celle-ci: QUE CETTE DEMANDE SOIT SUIVIE, POURVU QU'ELLE NE PRÉJUGE PAS LA QUESTION D'HÉRÉDITÉ; prescription transformée maintenant en une exception particulière, qu'on oppose lorsque le demandeur d'une hérédité fait, par une action autre que la pétition d'hérédité, préjuger la question d'hérédité, par exemple lorsqu'il demande des objets particuliers; il serait injuste, en effet, de préjuger, par la demande d'un seul objet, d'une question plus étendue touchant cette même hérédité.

Certaines prescriptions avaient aussi été introduites en faveur du défendeur. On remarque notamment les præjudicia, la præscriptio hæreditatis, la præscriptio fori et la præscriptio temporis. Gaïus nous apprend que, de son temps, toutes les prescriptions introduites en faveur du défendeur étaient transformées en exceptions,

On entendait par præjudicium toute restriction qui tendait à subordonner la décision du litige au cas où elle n'impliquerait pas la solution d'une autre question non encore vidée, et qu'il importait de ne pas préjuger. Il ne faut pas confondre les præjudicia avec les actions préjudicielles (suprà, sous le § 38, p. 511). - Ils différaient également d'une autre espèce de præjudicium qui se produisait dans l'actio sacramenti, où l'examen du juge portait sur la question de savoir si le sacramentum était juste ou injuste, au lieu de porter nominalement sur la prétention première du demandeur, et qui avait également lieu dans la procédure per sponsionem (suprà, § 13 et suiv., et 94).

La præscriptio hæreditatis avait pour objet d'empêcher que la décision à rendre sur l'instance actuellement engagée ne préjugeât la question d'hérédité, qui ne devait pas être jugée par avance, et qui était ou pouvait être elle-même l'objet d'un procès séparé. - Dans ce but, le magistrat insérait dans la formule, sur la demande du défendeur, une clause restrictive par laquelle il disait au juge: «Statuez, pourvu que votre décision ne préjuge pas, ne décide pas implicitement la question héréditaire (ea res agatur, quod præjudicium hæreditati non fiat). » Il restreignait par là l'action qu'il donnait sur la première question, au cas où elle pourrait être décidée sans rien préjuger sur la seconde.

La præscriptio fori répondait à notre exception d'incompétence. Quand le magistrat ne reconnaissait pas lui-même son incompétence proposée par le défendeur, il accordait une formule en tête de laquelle il plaçait la præscriptio fori (L. 13, C., de except.; LL. 50 et 52, ff. de judic., et L. 7, pr., qui satisd. coget.).

La præscriptio temporis était accordée à un défendeur contre lequel on agissait tardivement, par exemple au possesseur d'un fonds provincial qui l'avait possédé pendant dix

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