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étant, autant que possible, integros accedere ver un pape ou un évêque de Rome présidant fontes, de remonter aux sources pures , je aux destinées de tout le monde chrélien à voyais que plus baut je serais remonter mes celte époquc primitive, je sus infiniment recherches, en me rapprochant autant que plus surpris et stupéfit de ce qui s'offrit à possible de la source même, mieux ce serait; mes regards dans les pages écrites

par c'est pourquoi je commençai mon travail par saint Ignace, cet écrivain nourri, pour ainsi consulter les écrits des cinq saints docteurs dire dans le berceau de notre soi, et qui qui ont élé honorés du titre de Pères aposto- étant un des premiers qui avaient suivi les liques, comme ayant tous les cinq conversé pas du divin guide, était de ceux dont j'avais avec les apôtres ou leurs disciples.

moins le droit d'attendre une doctrine si Grande fut alors ma surprise, et il 'y méla, essentiellement papiste, que j'avais toujours , je l'avoue, un léger sentiment de remords, élé porté à regarder comme une invention Jorsque, dans la personne d'un de ces écri- des âges de ténèbres, et qui ne s'était mainvains apostoliques, si remarquables par leur tenue qu'en faisant insulte à la raison et aux simplicité, je vis que j'étais tombé sur un sens: je veux dire la doctriné de la présence pape, un vrai pape, le troisième évêque après réelle dans l'eucharistie (1)! saint Pierre, de ceite Eglise même de Rome En parlant des docèles ou fantasliques, que j'étais présentement sur le point de dé- secte d'hérétiques qui prétendaient que le srler pour sa moderne rivale. Cet évêque Christ n'avait élé homme qu'en apparence, des temps primitifs, qui occupait ainsi le siége qu'un pur fantôme et qu'une ombre d'hude Rome, était saint Clémeni, un de ces com- manité, saint Ignace s'exprime ainsi : Ils pagnons des travaux de saint Paul, dont les s'éloignent de l'eucharistie et de la prière, noms sont écrits dans le livre de vie ; et c'est parce qu'ils ne veulent pas reconnailre que par saint Pierre lui-même, si nous en croyons

l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Tertullien, qu'il avait été désigné pour être

Jésus-Christ, celle chair qui a souffert pour son successeur. Cette preuve de l'antiquilé nos péchés. Or, quand on considère que et de l'origine apostolique de l'autorité pa- le point capital de la doctrine des decetes pale, ne fit pas peu d'impression sur moi. était que le corps dont s'est revêtu Jésus« Un papel et c'est par saint Pierre lui-même Christ' n'était qu'apparent, on ne saurait « qu'il est désigné, » m'écriai-je en commen- douter que la croyance particulière des orçant à lire le volume : « Oui, par l'Eglise de

thodoxes, auxquels ils étaient opposés, n'éa saint Pierre et par saint Pierre aussi, cela tait autre chose que la persuasion où ils « m'étonne singulièrement. » Il restait encore étaient que la présence du corps de Jésuscependant assez dans mon cæur de celle Christ dans l'eucharistie était réelle. Il est vénération que j'avais eue autrefois pour le évident qu'une présence figurative ou nonpapisme, pour me faire parcourir avec un substantielle, comme le prétendent les prorespect tout particulier les écrits du pape

testants , n'aurait en aucune manière ofensé saint Clément; et je ne pus m'empêcher de

leurs idées anticorporelles, mais elle se voir que, même dans ces temps de simplicité serait au contraire parfaitement conciliée avec étrangers à la polémique, où il était si rare- celte vue entièrement spirituelle de la nature ment besoin d'en exercer l'autorité, la juri

du Christ, qui avait conduit ces hérétiques diction du siége de Pierre était pleinement à nier la possibilité de son incarnation. reconnue.

Cette preuve gênante et irrésistible qui Un schisme, ou plutôt comme l'appelle s'offrait à moi, dès le début mêine de nies saint Clément lui-même, une sédition folle et

recherches de l'existence d'une semblable impie (1), s'étant élevé dans l'Eglise de Corin- croyance parmi les orthodoxes du premier thé, on en appela à l'Eglise de Rome pour ré- siècle, me jita, je l'avoue, dans un état clamer son intervention et ses conseils en celle d'étonnement impossible à décrire. Je voulus circonstance; et la lettre que ce saint pontife relire la phrase, je me froitai les yeux, ct adressa en réponse aux Corinthiens, est in

consullai de nouveau mon diclionnaire, contestablement un des monumenls les plus

mais je ne m'étais point trompé, c'était sans intéressants qui nous soient parvenus de la

contredit du papisme le mieux caractérisé. J'alittéralure ecclésiastique.

vais déjà trouvé un langage semblable par Celui de ces premiers disciples des apôtres rapport à l'eucharistie, dans d'autres pasdont les écrits allirèrent ensuite mon allen - sages du même Père, dans sa leltre aur tion, fut saint Ignace, le successeur immédiat Philadelphiens et dans celle aus Romains ; de l'apôtre saint Pierre sur le siége d'Antio- mais s'il n'y avait eu que ces passages, son che. Ce saint homme ful appelé par ses con- opinion précise sur celic malière cût pu lemporains Théophore, ou porlé par Dieu, rester douleuse; et, comme dans une foule d'après une idée généralement répandue qu'il d'autres cas où il est arrivé aux Pères de clail cel enfant dont parlent saint Mallhieu s'exprimer d'une manière allégorique ou el saint Mare, que Notre-Seigneur prit dans obscure, elle serait encore sujette à discusses bras el plaça au milicu de sés disciples. sion. Mais ce passage pris, ainsi que je l'ai Aussi ful-ce avec un sentiment de res- déjà dit, dans un sens relatif aux docèles , puclucusc curiosité que je n'approchai du comme l'expression de 1.? croyance de ces volume qui contient ses écrits ; ct si, dans héreliques par rapport à l'eucharistie, ei mnon ignorance, j'avais été étonné de trou- (1) La lettre de saint Ignace, qui a été écrite dans

le premier siècle, csl adre.sée, à l'Eglise qui préside, (1) Μαράν και ά οσίαν στάσιν.

7p3x10 i7al, dans le pays des Romains. ,

1

ne pouvant nullement se concilier avec la des plus monstrueuses erreurs des papistes. croyance des orthodoxes (1), cc passage, Pour moi, ces découvertes élaient mcrdis-je, de la lettre aux Gidèles de Smyrne, veilleuses, tout à fait merveilleuses ! Pape, ne peut admettre que cette seule interpréta- reliques des saints, traditions apostoliques, ion, et on n'en peut lirer que cette seule présence réelle dans l'eucharistie, et tout conclusion, savoir, que les chrétiens or- cela dans le premier siècle de l'Eglise ! Qui thodoxes de celle époque ne voyaient pas l'aurait jamais pensé ? npiquement dans le pain et le viu consacrés un simple mémorial, une simple représen

CHAPITRE IV. talion, un type ou un emblême, ou loule l'ision d'Hermas. Jeûne hebdomadaire. autre présence figurative du corps de Notre- Bonnes Qutres. - Le recteur de BallymuSeigneur, mais sa propre et réelle substance, dragget. -- Le recteur n'est pas partisan du corporellement présente, el mangée par la bouche.

jeûne. Comparaison entre ce rectcur el

Hermas. Me retrouver ainsi de nouveau plongé dans le sein du papisme, après m'être flaité d'en Après avoir parcouru les deux lettres qui éire délivré pour jamais, ce n'était pas, il

nous restent de saint Barnabé et de saint faut en convenir, une petite épreuve pour le

Polycarpe, et qui ne m'ont fourni l'une et zèle d'un néophyte. Ce n'est pas tout : Je n'é- l'autre que peu de lumières par rapport à ce lais pas encore bien remis de la surprise qui fait l'objet de mes recherches, c'est avec cl de l'embarras où n'avait jeté cet exemple

une sorte de plaisir que j'ai ouvert les pages de doctrine papiste, lorsque, passant au récit dictées par la pieuse imagination d’Hermas, du martyre de ce même Père, je tombai sur et que je me suis oublié pour quelques heuun aulre spécimen non moins frappant des res au milieu de ses visions qui respirent praliques papistes. Saint Ignace, comme le toute la simplicité des temps apostoliques, savent tous ceux qui lisent le martyrologe,

comme on s'oublie en lisant une histoire de fut condamné à être dévoré par dis lions roman. Ce qu'il raconte d'un amour qu'il dans l'amphithéâtre de Rome. Après que la avait eu dans sa jeunesse ; qu'il avait vu les victime eut élé déchirée en pièces, les diacres

cieux ouverts, un jour qu'il priait à genoux fidèles qui l'avaient accompagnée dans son

dans une prairie, et avait aperçu la jeune voyage, recueillirent, est-il dit, le peu d'os - personne qu'il avait aiméc, ab:issant sur lui sements échappés à la dent des bêtes féroces, ses regards du sein des nues, el le saluant et, les ayant apportés à Antioche, ils les dé- en ces termes: «Bonjour, Hermas »; ce qu'il posèrent religjeusement dans une châsse au- dit des différentes visions dans lesquelles Tour de laquelle, chaque année, le jour de l'Eglise de Dieu lui étail apparue ,

tantol son marlyre, les fidèles s'assemblaient et sous les traits d'une femme âgée, occupéu veillaient auprès de ses reliques, en mémoire à lire, et tantôt sous la figure d'une jeune du sacrifice qu'il avait fait de lui-même au lille vêtue de blanc, portant une milre sur Seigneur.

sa tête, sur laquelle on voyait floller onc J'aurais dû mentionner aussi, pour enché

longue el brillante chevelure : c'éiaient-là aurir encore sur ce que j'ai déjà dit, que, dans lant d'imaginations innocentes el ( comme sa roule au travers de l'Asie pour se rendre on le pensait à cette époque ) inspirées (1), sur le théâtre de ses souffrances, cet illustre au milieu desquelles je m'égarais avec le Père, en exhortant les Eglises à se tenir sur

bon Père, dans une sorte de rêverie létharleurs gardes contre l'hérésie, leur recomman- gique, comme si ces visions eussent élé mes dait avec uncinsistance toute particulière, de propres songes. s'altacher fortement aux Traditions des «po- Ce ne fut que quand j'arrivai, dans le tres, sanctionnant el confirinant par là celle cours de ma lecture, à celle parlie de ses double règle de foi, la parole non écrite aussi écrits qui a pour titre Préceptes et similitubien que la parolc écrite, règle de foi quelous

des , et qui lui a été révélée, dit-il, par son les bons protestants rejellent comme une ange gardien, sous la figure d'un berger,

(1) « Il p:irait très-probable qu'au temps de saini (1) Origène cite le Pasteur comme un livre divine. Ignace, ceux qui communiaicut élaient obligés de re- meni inspiré, ct Rullin l'appelle, en termes exprès, connaitre expressément que l'eucharistic était le un livredu Nouveau Testament (Expos. in symb.aposi.). corps et le sang de Jésus-Christ, tant en répondant Whision aussi, d'après sa disposition habituelle à aiamen, au moment où on leur présentait les espèces mettre tout d'abord tout ce qui va à son bol, regarde sacrainentelles, qu'en s'unissant à la prière par la- le Pusleur comme on livre spécial el inspiré, qui vient quelle on demandail à Dieu de changer ainsi au corps directement de notre Sauveur, comme l'Apocalypse el au sang de J.-C. la matière du sacrilice; ct c'est même. Saint Irénée, en citant le Pasteur, l'appelle parce qu'ils ne pouvaient pas se confirmer à cet Ecriture; d'où quelques-uns ont conclu qu'il lc re"ge, que les docèles s'absentaient des assemblées gardait réellement comme canonique : « Illud etiam des chrétiens (Johnson). )

( non omillendum quod llerme Pastorem velui canonic Que les communianis fussent obligés à reconnai- I cam scripluram laudet Irenæus (Massuet., Disserl. tre ainsi expressément la présence réelle, dans les ( præv. in Tren.). » Cependant Larder a prouvé que premiers siècles de l'Eglise, c'est ce qu'allesient toutes saint Irénée emploie ici le mot écriture dans le sens les anciennes liturgies ; ( nous a voni l'autorité de seulement d'écrit ou livre. saint Augustin puur garant que lel était le sens alla- Saint Clément d'alexandric, non moins qu'Origène, ché, de son temps, à ce moi amen : « Ilabel magnam semble avoir regardé le Pasteur comme un livre die vocem Christi sanguis in terra, cuin, eo acceplo, ab

vinement inspire: • Θείως τοίνυν η δυναμις ή τω Ερμά omnibus gentibus respondetur anen (Conlra Fausl.). 1 κατά Αποκάλυψιν λαλούσα (Strom. lib. Ι).

que je me réveillai et me rappelai l'objet Ces anciens chrétiens s'efforçaient anssi de jinmediat de mes recherches; mais je ne me Caire servir la bonne æuvre du jeûnc à une réveillai, hélas ! que pour me retrouver en- autre pratique également répulée au nombre core en compagnie d'un papiste. Ce Père, des bonnes cuvres, je veux dire l'auniðne. qu'on s'en souvienne bien, était un de ces Les mêmes canons apostoliques nous apprenchrétiens distingués auxquels saint Paul nent en effet que toutes les épargnes faites envoie des salutations dans son Epitre aux par l'abstinence et le jeûne étaient employées Romains. Or, parmi les préceples moraux à subvenir aux nécessités des pauvres (1). qu'il expose dans cet écrit comme lui ayant Assis alors, le coude appuyé sur les pages été communiqués par son ange gardien, on du Pasteur, avec quelle vivacité je me raplit le suivant: La première chose que nous pelais les sentiments qui plus d'une fois s'ćayons à faire est d'observer les commande- iaient élevés au dedans de moi-même, à la ments de Dieu. Si ensuite quelqu'un désire y pauvre table de mon père, lorsqu'il arrivait ajouter quelque bonne auvre, telle que le jeû- que notre riche voisin , le recteur de Ballyne, il recevra une plus grande récompense. mudragget s'invitait de lui-même à diner

C'était-là encore du papisme tout pur tant avec nous un vendredi ou un autre jour d'absdans la doctrine que dans la pratique: satis- linence: car, tandis que sa Révérence se réfaction à Dieu par les bonnes @uvres , et galait avec les viandes et les volailles qu'on une des ces bonnes auvres est le jeûne! avait eu soin de préparer pour le lèter, jo

J'avais entretenu depuis ma plus tendre me voyais forcé de me contenter de ce triste enfance une aversion loule particulière pour repas qui dansait el criait dans le rentre due relle dernière observance; aussi fut-cc avec pauvre Tom (2), deux harengs blancs; ct peine non moins qu'avec surprise que je re- ce qu'il y avait de plus mortifiant encore, connus que les premiers chrétiens, en fait c'étail d'avoir à supporter le sourire de pive jeûnes rigoureux, allaient bien au delà tié avec lequel le recteur regardait, en de nos Romains même les plus auslères. Le conséquence, ses superstitieux convives, jeûne qui servait de préparation à la sèle hénissant, sans dorile, son étoile de ce que de Pâques, et qui consistait dans une absti- la glorieuse réforme avait mis toutes ces nence totale, était continué par quelques choses sur un pied plus civilisé et plus digne pieuses personnes pendant le cours non inter- d'un galant homme. rompu de quarante heures successives. Ceux Je ne savais point alors, pour ma consodonc qui se moquent aujourd'hui des pa- lalion, qu'en me faisant ainsi mourir de faim pistes, parce qu'ils font abstinence deux fois je ne faisais que me conformer aux canons la semaine, auraient les mêmes motifs de se apostoliques ; faut-il donc s'étonner qu'en moquer aussi des chrétiens des premiers siè- réfléchissant sur toutes ces choses et compacles auxquels les canons apostoliques impo- rant mon ami le recteur, plein d'embonsaient la même obligation ; la seule diffé- point, avec le simple Hermas, il se soit rence qu'on y remarque, c'est que les jours élevé dans mon esprit quelque doute, si, fixés pour pratiquer l'abstinence élaient alors au moins pour ce qui regarde le monde à le mercredi et le vendredi , au lieu que c'est venir, il ne serait pas plus sûr de jeûner inaintenant le vendredi et le samedi (1). On avec l'ami de saint Paul que de faire bonne sait que les deux derniers jours de la sc- chère avec le recteur de Ballymudragget? maine qui précédait la fête de Pâques étaient des jours où l'on observait un jeûne rigou

CHAPITRE V. rrux, par la raison que c'est en ces jours que Seconil siècle.--Saint Justin marty".- Transi'épour a été enlevé (2). Et voilà le siècle qu'on substantiation. - Saint Irénée. -Suprémalie m'a envoyé consulter pour m'affranchir du

Sacrifice de la Messe. Tradio papisme!

lion orale. Le Vieillard de la mer. (1) Le savant évèque Biveridge, qui prétend que ces canons furent réiligés par les disciples des apô

Jusque-là mes progrès dans le proleslanTres vers la fin du second siècle, regarde les jeûnes

lisme i'avaient pas été rapides ; j'étais cequi y sont prescrits comme d'instilution apostolique

pendant bien déterminé à ne pas abandonner Codex can ecci., etc.). Mosheim aussi avoue que

jų gèrement mon entreprise. Ainsi, prenant • ceux qui soutiennent qu'au temps des apôtres, ou

congé des simples écrivains de l'ère apostopill après, on pratiquait le jeûne le quatrième et le lique, je me lançai hardiment dans la littésusième jour de la semaine, ne sont pas, il faut le re- riture sacrée du second siècle, espérant « connaitre, dénués d'argliments spécieux en faveur trouver sur ma route un peu plus de monu

de leur opinion. )
(2) Mais le temps viendra où l'époux leur sera

ments en faveur des XÝXIX ARTICLES, et un enlevé, el alors ils jeûneront ( Malth., IX, 15). »

peu moins en faveur du papisnie. Je n'avais Saint Jérôme, qui dit que le carème est d'institution

cncore fait que quelques pas en descendant le :postolique, attribue la même origine au jeûne du si- courant, lorsque je vis mes voiles s'abalire wiedı. Saint Ambroise était un jeûneur si austère, devant le passage suivant de saint Justin, au’on dit qu'il ne dinail jamais que les samedis, les martyr, ce personage qu'un ancien évoque olimanches et les jours des fêtes des martyrs. Il est a dilêlre aussi voisin des apôtres par sa verrapporté que sainte Moniqne, mère de saint Angrislill, fut grandeinenl scandalisée, en arrivant à Milan,

lui que par le temps où il a vécu « Nous ne de trouver saint Ambroise dinant un samedi; ayant

a recevons pas , dit-il, ces dons (l'cuchaobservé qu'à Rome et en plusieurs autres endroiis, (1) Τήν περισσείαν της νηστείας πενησιν επιχορηγεί, Co jour-là était un jour de jeune solemel, elle s'éton- (Apud Const., lib. 11. mail que celui un jour de sèle à Mikill.

2) Shaksvear's Leier,

du pape.

« ristie) comme si ce n'élait qu'un pain ordi- de Rome, la plus grande, la plus ancienne et a naire et un brcuvage commun; inais de la plus illustre de toutes les Eglises, fondée a même que Jésus-Christ, notre Sauveur, par les glorieux apôtres Pierre et Paul, ayant « fait homme par le Verbe de Dieu , s'est re- reçu d'eux sa doctrine, qui est annoncée à « vêtu de chair et de sang pour opérer notre tous les hommes, et qui, par la succession « salut, de même on nous a enseigné pareil- de ses évêques, est parvenue jusqu'à nous. « lement que l'aliment qui a été consacré par C'est ainsi que nous confondons tous ceux « la prière du Verbe divin, et qui nourrit qui, par de malicicux desseins, par vaine gloire « noire chair ct notre sang. par le change- ou par perversité, enseignent ce qu'ils ne dca ment qu'il reçoit en notre corps, est la vrniont pas enseigner: car c'est à celle Eglise « chair ei le sang de ce même Jésus incarné. » à cause de son autorité supérieure, que lou

Le témoignage formel rendu à la présence tes les autres Eglises, c'esi-à-dire, les fidèles réelle, par saint Ignace, m'avait déjà singu- de tous les pays du monde, doivent avoir relièrement étonné ; mais ici il y a quel que cours ; et c'esi en cette Eglise que s'est conchose de plus fort encore: on y voit la servée la doctrine enseignée par les apolres.» croyance au changement des éléments, à la ( Adv. hæres. lib. III.) transsubstantiation, clairement exprimée, ct Il faut avouer vraiment que saint Irénée, cela de la part d'un saint aussi illustre que malgré son éducation si éminemment apostosaint Jastin! En vérité, ceux qui envoient lique, et quoiqu'il ait été décoré du titre de diun jeune chrétien apprendre la doctrine pro- vin Irénée(1) par Photius,ne se serait pas montestante à l'école de pareils maitres, ne peu- tré très-disposé à souscrire aux XXXIX ARvent échapper au reproche de vouloir gros- Ticles. Ecoutez sculement comment ce saint sièrement le tromper, ou d'être eux-mêmes pontife parle du sacrifice de la messe (2), dans une profonde ignorance.

celle fable blasphématoire, comme l'appelle Nous avons déjà vu, par rapport à la su- lelrente et unième deces articles : « Il a déclaré prémalie du siége de Rome, qu'elle fut re- de même que la coupe élait son sang et il a enconnue au premier siècle de l'Eglise dans la seigné la nouvelle oblation du Nouveau Tesscule el unique occasion qui se présenta d'y tament, oblation que l'Eglise a reçue des aporecourir; eh bien! je trouvais au second tres et qu'elle offre à Dieu sur toute la terre...

) siècle ce même droit pratiqué et universelle- Et ailleurs : « C'est pourquoi l'offrande de ment reconnu, tant dans les actes de l'Eglise, l'Eglise que le Seigneur a ordonné de faire que

dans les écrits de ces premiers pasteurs. par tout le monde, est regardée comme un Combien je devais peu m'attendre à une pareil. sacrifice pur devant Dieu et agréable à ses le découverte! La grande prostituée, la mère des yeux (3). » fornicalions et des abominalions de la terre Conséquemment à sa foi au sacrifice de (expressions dont j'avais si souvent entendu l'eucharistie, ce Père enseignait encore, avec le prédicateur de notre collége se servir, saint Justin ct saint Ignace, la présence réelle pour désigner la papauté), tient déjà , dès le

du corps et du sang de Jésus-Christ dans ce premier âge du christianisme, le rang su- sacremenl (4), déclarant que c'est un miraclo prême, sans rival pour le lui disputer!

dont on

ne peut supposer l'existence sans Accoutumé, il est vrai, comme je l'étais depuis longtemps, à regarder la juridiction pa

(1) Του θεσπεσίου Ειρηναίου. pale comme une usurpation des âges de ténè

(2). Anciennement appelé le sacrifice du Nouve:Hibres, les preuves claires et manifestes que j'a- Testament, 011 sacrifice catholique, Ousl xolloun vais alors sous les yeux de la chaine de succes- (Chrys. sermo de cruce el latrone). Le nou messe ne sion par laquelle elle est perpétuée et immua- ful introduit que vers le temps de saini Ambroise. blement fixée à ce roc, sur lequel l'Eglise elle- (3) Voyez aussi Justin., Dial. cum. I'ryph. « Les même est bâtie, me convainquaient et me

centuriateurs de Magdebourg qui, comme on le confondaient ; et moi, qui n'étais que comme

( sail, ont déployé lant de zèle el d'habileté dans la

« défense de la cause des protestants, ont été conun embryon non encore parvenu à lerme de

Iraints d'avouer, malgré elix, que l'existence du protestantisme, je ne pouvais m'empêcher i sacrifice de la loi nouvelle est consialée dans les d'éprouver une vive sympathie pour tout ce « premiers inonuments du christianisme ; et par rapque doit éprouver un dévoué zélateur de I port au témoignage de saint Irénée que nous vis la foi catholique, en lisant le témoignage (nons de citer, ils expriment leur aveu dans des si formol ronilu à la suprématie du pape par

termes remplis d'indignationes (Combes, Essence de saint Irénée, cet écrivain si voisin, comme

l's controverse religieuse.) on doit se le rappeler, des temps apostoli

(4) Il n'est pas nécessaire de dire que loutes les

fuis que, dans cet écril, j'emploie les termes présence ques, qui avait eu pour l'instruire du chris

réelle, j'entends y comprendre aussi la transsubslanlianisme, un disciple de saint Jean l'évangé- Litio. qui est la conséquence nécessaire de ce miliste. Voici ce passage :

r.icle. Une fois la présence réelle admise, le change« Nous pouvons compter les évêques qui meni de substance des éléments sacrameniels en déont élé élevés à celle baule dignité par les

coule nécessairement. Eh bien ! cependant la lactique apôtres ct par leurs successeurs jusqu'au suivie par les prolestants a toujours élé, et cela pour lemps où nous vivons; aucun d'eux n'a en

des raisons qui saulent aux yeux de tout le monde, seigné ni même connu les étranges opinions l'ur plait d'appeler le dogme absurde de la transsub

de diriger uniquement leurs attaques vers ce qu'il de ces héréliques.... Ceperdant comme il sc

stantialion. C'est lå une manière de raisonner aussi rait ennuyeux de donner la liste de tous

futile et aussi illégitime qu'il le serait de combillie ceux qui se sonl ainsi succédé sur les divers le ilogme de la Trinité, on ne s'appuyant quc sur la siéges épiscopaux, je me bornerai au siège seule difficulté numériyue qu'il entraine avec lui. Dans

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admeltre la divinité de celui qui en est l'au- toujours ce qu'il avait appris des apôtres, feur. « Comment, dit-il, ces héréliques » ceux c'est là ce qu'il enseignait à l'Eglise, ot c'est qui nient que Jésus-Christ fut le Fils de Dieu

la seule doctrine véritable. » Dans un fraga peuvent-ils prouver que le pain sur lequel ment d'un autre de ses écrits, on trouve un les paroles eucharistiques ont été prononcées

passage tout à fait touchant et plein d'intérêt est le corps de leur Seigneur et la coupe son sur le même sujet. S'adressant à un hérétisang, puis qu'ils n'admettent pas qu'il soit que nommé Florin, qui avait adopté les erlc Fils, c'est-à-dire le Verbe du Créateur de

reurs des valentiniens, il s'exprime en ces l'univers ? »

termes : « Ces opinions, les prêtres qui nous Pour combattre ces mêmes héréliques, qui, ont précédés et qui ont conversé avec les par suite de leurs idées sur la corruption de apôtres, ne vous les ont point transmises, la matière, ne pouvaient se résoudre à ad- Je vous vis lorsque j'étais bien jeulle encore, mettre la doctrine de la résurrection des corps, dans l'Asie Mineure avec Polycarpe.... Je me il fait usage d'un argument basé de même rappelle mieux les événements de ce tempssur sa foi à la réalité de la présence de Jé- là que ceux qui sont arrivés réceniment: les sus-Christ et à la transsubstantiation des élé- choses que nous apprenons dans notre enfanments. « Lorsque, dit-il, le calice mélé el le ce croissent en quelque sorte avec la raison et pain rompu reçoivent la parole de Dieu, ils s'unissent avec elle, tellement que je pourdeviennent l'eucharistie du corps et du sang rais désigner la place où le bienheureux de Jésus-Christ (1), qui nourrit et fortifie la Polycarpe élait assis et enseignait, dire comsubstance de notre chair. Comment peuvent- ment il entrait et sorterit, sa manière de viils donc prétendre que cette chair qui est vre, l'air de sa personne, la manière dont il nourrie par le corps et le sang du Seigneur, parlait au peuple et raconlait ses entretiens et est un de ses membres, ne saurait être ca- avec saint Jean et les autres qui avaient vu pable de la vie éternelle ? »

le Seigneur; comment il répétait leurs paAu sujet de la tradition non écrile, celle roles el ce qu'il avait appris de leur bouche source conlestée d'une si grande partie de la concernant le Seigneur, parlant de ses midoctrinc, des usages et de la puissance de racles et de sa docirine, suivant ce qu'ils en Rome, le témoignage de ce Père est d'un avaient entendu de ceux qui avaient vu de double poids, en ce qu'il n'alleste pas seule- leurs propres yeux ie Verbede vie, et tout ce ment dans tous ses écrits la haule autorité que disait Polycarpe était conforme aux Ecride la tradition, mais qu'il était lui-même un tures. Toutes choses que, par un effet de la des premiers et des plus brillants anneaux de miséricorde de Dieu à mon égard, j'écoutais cette chainc d'enseignement oral, qui est des. alors avec une profonde attention el que j'ai cendue à l'Eglise de Rome des temps aposto- conservées non sur le papier, inais dans Jiques. Parlant de son maître, saint Poly- mon caur, el, par la grâce de Dieu, je m'en carpe, qui avait été le disciple de saint Jean lé

rappelle continuellement le souvenir. » vangéliste (2), il dit : « Polycarpe enseignait S'il nous élait possible d'évoquer l'ombre de

ce saint Père, de ce saint si bien nourri dans

les paroles de la foi et de la bonne doctrine , les disputes qui s'élevèrent entre les catholiques et

de quel front, pense-t-on , un protestant, les protestanis sous le règne d'Edouard VI, ces derniers ne manquèrent jamais de se placer sur ce lir- un nouveau parvenu de la réforme, oserail rain, landis que les catholiques s'efforçaienl, mas

il s'avancer pour contredire un esprit si oren vain, de discuter la question de la présence réelle, thodoxe, et soutenir que la tradition non selon l'ordre nalurel, avant d'en venir à la question écrite de l'Eglise catholique n'est qu'un héride la transsubstantiation. Bossuet a parfaitement tage d'imposture, la juridiction du siège de exposé en ces termes les motifs et la futilité de ce

saint Picrre une autorité usurpée, et le sisubterfuge : « Pour conserver dans le cæur des pe!

crifice de la sainte messe une fable blasphéi ples la baine du dogme catholique, il a fallu la

matoire ? iourner contre un autre objet que la présence « réelle. La transsubstantiation est maintenant le

S'il manquait encore quelque chose pour « grand crime : Ce n'est plus rien de mellre Jésus

se faire une idée exacte des sentiments de ce « Christ présent; de mettre loul un corps dans chaque Père, au sujet du respect dû à l'autorité et

purcelle ; le grand crime eşi d'avoir óli le pain; ce aux traditions de l'Eglise, on en trouverait e qui regarde Jésus-Christ est peu de chose; ce qui une preuve convaincante dans les passages regarde le pain est essentiel. ,

suivants , lirés de ses écrits. Dans l'interpré(1) Il y a un passage encore plus furl, en ce sens, tation des Ecritures , dit-il, les chrétiens dans un des frigments altribués à saint Trénée, el pu

doivent s'en rapporter aux pasteurs de l'Eglibliés en 1715 par le docteur Pfaff, qui les a trouvés dans les manuscrits de la bibliothèque du roi de Sar

se , qui, par l'ordre de Dieu , onl reçu avec vlaignc. Dans un endroit où sont décrites les cérémo- la succession de leurs siéges , l'héritage de nies du sacrifice, il est dit que le Saint-Esprit est in- la vérité. Les langues des peuples varieni, voqué afin qu'il puisse du pain le corps de Jésus- mais la force de la tradition est une et parChrist, el de la coupe le sang de Jésus-Christ. tout la même ; et les Eglises de Germanie nc L'authenticité de ces fragments a crpendant élé for- croient ni enseignent différemment de celles lement révoquéc en doute, lant par Mallei, qui s'éleva

d'Espagne, de Gaule, d'Orient, d'Egyple ou contre dès leur apparition, que par les remarques du judicieux Lardner, à une époque plus récente.

de Libye. En supposant que les apolres ne (2) Plusieurs out pensé aussi qu'il était l'ange de

nous cussent pas laissé les Ecritures, n'aul'Eglise de Smyrne, auquel la leuire dont il est parlé rions-nous pas du toujours suivre l'autorité :10 second chapiire du livre de l'Apocalypse deviit de la tradition qu'ils ont transmise à ceux clre envoyer

auxquels ils ont confié les Eglises ? C'est

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