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Ce septième volume des CAUSES CÉLÈBRES comprend :

CAHIER 26.

LE MARÉCHAL NEY. JOBARD.

LÉGER L'ANTHROPOPHAGE. LES ERREURS JUDICIAIRES : D'ANGLADE ; LEBRUN; MONTBAILLI; VICTOIRE SALMON; VERDURE.

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LE COMTE

LAVALLETTE, Mme LAVALLETTE ET LES TROIS ANGLAIS. LE GUEUX DE VERNON.

DE SAINT – GÉRAN. LE CURÉ GOTTELAND ET Mme DUSSABLON.

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N. B. MM. les Souscripteurs qui feront relier ou brocher les cahiers 26, 32 à 35, devront enlever, s'ils ne l'ont fait déjà , du cahier 27 (formant, avec les cahiers 28 à 31, le sixième volume des Causes Célèbres), la livraison 120, c'est-à-dire les pages 17 à 32 des Erreurs judiciaires, et la joindre , à son ordre, dans ce septième volume.

LE TOME VIII CONTIENDRA LES PROCÈS :

La Commune à Paris et en Province; Barbe-Bleue Gilles de Rais; le Prince Pierre Bonaparte ; l'assassinat de Paul-Louis Courier; Troppmann; la Roncière; Conspiration Babeuf; Affaire de Pontalba (procès en séparation de corps, à la suite de tentative d'assassinat); Dehors; les Procès de sortilége: Gauffridi, Urbain Grandier, Père Girard, la Cadière, etc.; Vidocq; le Drame de la forêt de Fontainebleau ; Mme Tiquet, la Lescombat, etc.

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اور وقت پر ہی بس پر

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Parmi les lieutenants de Napoléon Ier, il en est dans les derniers jours de la monarchie féodalc, deux que la faveur de l'histoire et l'admiration du tous deux, par la seule vertu de leur intelligence et peuple ont choisis entre tous comme les types les de leur énergie, s'élevèrent aux situations les plus plus accomplis de l'héroïsme : c'est nommer Joa- hautes. Tous deux en tombèrent foudroyés, mais chim Murat et Michel Ney.

plus grands encore par leur chute. Tous deux, aux Tous deux sortis du sein des classes déshéritées fortes qualités du soldat ou du capitaine, joignirent CAUSES CÉLÈBRES. 115€ LIV.

MARÉCHAL NEY. 1.

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les faiblesses les plus misérables; la France leur a / à celles dont il était déjà revêtu. Le 20 mai, le mapardonné à tous deux, parce qu'ils ont, pour ainsi réchal Ney fut nommé commandant en chef du corps dire, résumé dans leurs figures chevaleresques ses royal des cuirassiers, des dragons, des chasseurs et petitesses et ses grandeurs.

des chevau-légers lanciers ; le 1er juin, chevalier de Si Murat fut surtout un soldat fougueux, témé-Saint-Louis ; le 4 juin, pair de France. raire , habile à lancer sur l'Europe ces masses pro- Nous ne voulons point raconter ici les fautes de fondes qui enlevaient d'assaut la victoire, Ney fut la première Restauration. Il nous suffira d'indiquer un homme de guerre dans le sens le plus complet celles qui devaient, peu à peu, détacher des Bourdu mot. Audacieux, fort de corps comme son bons le peuple, l'armée et les anciens chefs qui l'aémule, méprisant comme lui la mort, mais avec vaient si glorieusement conduite par l'Europe. plus de calme et moins de jactance théâtrale, il eut Ney, comme tant d'autres, avait mis à la charge de plus le coup d'œil sûr des capitaines, les grandes de Napoléon l'humiliation de la défaite. Il avait resconceptions stratégiques, les ressources d'esprit, la senti, comme la nation elle-même, un grand dégoût prévoyance, le conseil, et, à quelques moments, le de cette gloire qu'on payait de tant de honte. Regénie militaire. Grand capitaine d'avant-garde, il fut levé de ses serments par la déchéance de l'Empeaussi un héros d'arrière-garde, solide et prudent au- reur, ne voyant de salut que dans l'hérédité légitant que téméraire, ménager d'hommes au besoin au- time, séduit par les promesses de liberté qu'apportait tant que pret à les sacrifier lorsqu'il le fallait et à se la monarchie, il avait pu se donner très-sincèrement sacrifier lui-même.

au gouvernement restauré. Pour l'honneur de la naSon ame était trempée d'acier, a dit Napoléon, qui, ture humaine, il faut croire qu'une pensée patriole premier, l'a surnommé le brave des braves. Le tique, dégagée de tout intérêt personnel, avait porté soldat, juge suprême en fait de bravoure, disait, en le héros impérial vers la royauté devenue la seule voyant passer dans l'ouragan d'une bataille ce Ger- ressource de la France. main aux cheveux d'un blond vif : « Voilà Pierre le Mais l'illusion ne dura guère. Les imprudentes Roux qui arrive; si le lion rouge s'en mele, tout va jactances des émigrés, les revendications menabien. »

çantes des biens de l'Eglise et de la Noblesse, les MICHEL Ney, né à Sarrelouis, le 10 janvier 1769, épurations pratiquées dans l'armée, dans les foncdans la boutique d'un tonnelier, hussard en 1787, tions publiques, dans la magistrature, les exagéragénéral en 1796, maréchal d'Empire en 1804, prince tions de zèle des nouveaux ralliés, l'intolérance du en 1812, a attaché à son nom plébéien des souvenirs clergé, la morgue des corps d'élite, toutes ces fautes tout autrement glorieux que ces vains titres : El- réunies enlevaient chaque jour aux Bourbons un peu chingen, Iéna, Magdebourg, Friedland, la Moskowa. de l'ame de la France. Tout était condamné de la RéLa Moskowa surtout, cette bataille de Titans, où Ney volution par les royalistes, ses grandeurs comme se montra supérieur à Napoléon lui-même! ses crimes ; tout était haï en elle, ses libres institu

Mais c'est surtout la retraite fatale de 1812 qui le tions comme ses tyranniques violences. La Charte vit développer ses rares qualités d'audace et de fer- elle-même, ce pacte d'oubli, cette promesse de pameté. Soldat et général tout ensemble, il soutint de cifiques libertés, semblait n'avoir été donnée que son corps et de son âme cette armée qui s'en allait pour être reprise, et déjà la voix du pays se taisait en lambeaux, brisée, dispersée par une de ces forces dans la Chambre des députés. Les campagnes reinvisibles qui domptent les énergies les plus ro- gorgeaient de soldats, de sous-officiers, d'officiers bustes. Sur les bords de la Bérésina, du Kowno et en demi-solde, exaspérés de leur humiliation, rédu Niémen, il se fit admirer, dit M. de Ségur, « tou- duits à l'inaction et à la misère, vexés par une police jours combattant, reculant et ne fuyant pas , mar- ombrageuse. chant toujours après les autres, et, pour la centième Plus l'incompatibilité d'humeur se prononçait fois depuis quarante jours et quarante nuits, sacri- entre la France et le roi, plus la faction royaliste fiant sa vie et sa liberté pour sauver quelques Fran- redoublait de défiances, de provocations. Les lieuteçais de plus. Il sort enfin le dernier de cette fatale nants de Napoléon dévoraient, dans les antiRussie, montrant au monde l'impuissance de la for- chambres royales, des mépris mal déguisés. Il n'y tune contre les grands courages , et que, pour les avait pas jusqu'aux familiarités, jusqu'à la bienveilhéros, tout tourne en gloire, même les plus grands lance qu'on ne leur rendît amères. désastres. )

Ney avait, en 1810, épousé mademoiselle Auguié, Pendant la campagne de 1813, Ney, qui avait fait fille d'un receveur général et amie intime de mades prodiges à Lutzen et à Bautzen, fut battu à Den- dame Louis Bonaparte. La mère de mademoiselle nevitz par son ancien compagnon d'armes, Berna- Auguié avait été femme de chambre de Marie-Andotte. Napoléon, toujours injuste dans l'infortune et toinette, et la duchesse d'Angoulême retrouva, dans qui aimait à justifier ses propres fautes en les reje- la maréchale Ney, une compagne des jours de son tant sur es lieutenants, fit sentir au maréchal les enfance. Sans le vouloir peut-être, la fière duchesse effets de cette humeur acerbe qui oubliait, pour un blessa la maréchale d'Empire, la princesse de la seul jour de désastre , des années de glorieux ser- Moskowa, duchesse d'Elchingen, par ces familiarités vices. Ney, tombé dans une sorte de disgrâce, con- qui ravalent une inférieure au rang des domestiques. çut de l'injustice de son chef une rancune puérile, Le nom de bapteme, substitué au nom du mari, indigne d'un grand cour.

rappelait maladroitement qu'on ne voulait voir Lorsque, en 1814, Napoléon tomba sous l'effort de dans la bonne Auguié que la fille d'un ancien serl'Europe, Ney fut dur envers son maître. Le pre

viteur. mier, à Fontainebleau, il parla d'abdication et signi- Qu'on ajoute à ces piqûres les commérages de fia à l'Empereur vaincu sa déchéance; un des pre-cour, les petites passions, les rangs disputés entre miers, il offrit humblement ses services au pouvoir les anciennes et les nouvelles duchesses, les sarnouveau.

casmes lancés d'une lèvre dédaigneuse aux personLouis XVIII s'empressa d'attacher à sa cause cet nes de la Révolution, et l'on comprendra que, fatiillustre capitaine, et ajouta de nouvelles distinctions gué d'humiliations et de défiances, le maréchal se

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