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C

Difficulté pour

Réparation faite au résident de France à Genève,

Intelligences de la France en Angleterre. Traité secret de subside entre Louis XIV ec Charles I. les priviléges de l'ambassadeur de France en Espagne. Mauvais traitemens essuyés par le ministre du ni près la Porte. Ambassade du czařau, roi. Satisfaction donnée à l'ambassadeur de-Fenise. Contestation cérémonial à l'égard de l'ambassadeur du roi en Suède, -Traité de paix avec l'empereur de Maroc. - Ambassade de Louis xiv à ce prince. - Intelligences de la France avec les mécontens hongrois. - Conferences de Francfort. Trève de vingt ans avec l'empereur,l'Empire et l'Espagnd.

- Ambassade du roi de Siam. - Traité entre Louis xiv et Ge prince. - Traités de paix avec Alger, Tripoli et Tunis.

pour le

C

La cour de France n'avait point encore de résident à Genève (1); elle se contentait de choisir résident

1679. Insulte et réparation au

de France à Gec nère.

(1) Hist, de Genève.

parñi les bourgeois de la ville un agent chargé de recevoir les paquets de la cour pour la Suisse et l'Italie. Le particulier qui était chargé de cette commission, étant mort, le roi jugea à propos d'avoir un résident à Genève, et nomma à ce poste, en 1679, M. de Chauvigny. Ce ministre fut

reçu à Genève avec beaucoup d'égards; mais ayant fait disposer une chapelle pour ses gens et les catholiques de la ville , cette nouveauté excita une grande rumeur parmi les habitans, dont la majorité était calviniste. Le 4 de décembre le peuple s'étant attroupe près de l'hôtel du résident, un particulier tira d'une maison voisine, un coup de pistolet sur une galerie où il se trouvait; et ce coup de pistolet fut suivi de deux coups de fusil, après que le résident, qui se trouvait en: la compagnie de deux religieux chartreux , fut rentre dans son appartement.

M. de Chauvigny s'étant incontinent transporté à l'hôtel de ville, entra brusquement dans la chambre du conseil, et demanda trois choses : 1°. que l'on donnât ordre à l'instant, de fermer les portes de la ville ; 2°. qu'on envoyât sans délai un corps de garde chez lui, pour y maintenir le respect dû au roi ; 3o.

que

l'on fit avec grand soin la recherche de celui qui avait tiré le premier coup, et qui avait répondu par des menaces aux reproches qu'on lui avait faits. Ces demandes furent accordées, et lecriminel arrêté,

· Le roi écrivit aux magistrats de la ville de
Genève, qu'il voyait avec plaisir qu'ils étaient
étrangers à cet événement, et qu'il agréait qu'ils
accordassent la grace aux coupables. Les pri-
sonniers ayant été amenés, et le plus criminel
d'entre eux s'étant mis à genoux, Dupan, pre-
mier syndic , lui annonça la grace dont le roi
voulait bien le faire jouir , quoiqu'il fût digne
du dernier supplice. Le résident fut reconduit
chez lui aux applaudissemens universels , et le
dénoûment de cette affaire fit beaucoup d'hon-
neur à la modération du ministère français.
Chauvigny ayant été rappelé en 1680 , fut
remplacé par Dupré.
La France , après avoir ôté à Charles ir la

Intelligence confiance de ses alliés, en lui faisant rompre de la France

en Angleteravec les Provinces-Unies, son traité du 28 de juillet 1678, et le jugeant hors d'état de lui nuire, lui refusa la pension stipulée par le traité secret du

27 de mai 1678. Charles désespéré de se voir privé de cette ressource, rompit avec la France, et fut pendant quatre mois son ennemi ouvert. Après avoir fait languir ce prince pendant quelque temps, Louis xiv prêta enfin l'oreille à ses plaintes , et il fut question d'un nouveau traité de subside. La négociation en fut confiée à la duchesse de Portsmouth et à lord Sunderland.

1680.

re,

(1) Mém. de la Grande-Bretagne; d'Alrymple, t. I.

Charles se relâcha jusqu'à se contenter de trois millions par an, pendant trois ans.

L'ambassadeur du roi , Barillon, après avoir disputé long-temps, proposa quatre cent mille écus, pour que le parlement ne fût point assem. blé avant le mois de mars 1680; mais la négociation, ayant été rompue au mois de novembre 1679, Louis xiv donna ordre à Barillon de renouveler ses démarches auprès du parti populaire , que le cabinet français avait un peu négligé , pendant qu'il traitait avec Charles ir. Car sa politique était d'opposer ce prince au parti populaire, et de négliger le second quand il était sûr de Charles. Barillon plus prévoyant avait toujours entretenu des liaisons avec les principaux chefs du parti populaire, pour s'en servir au besoin. Les liaisons

que

Barillon forina dans cette circonstance, sont consignées dans deux dépêches adressées à sa cour: la première du 14 de novembre 1679, et la seconde du 5 de décembre 1680. Il mandait :

« Conformément aux ordres que votre majesté » m'a donnés, je suis rentré en commerce avec » les gens du parlement que j'ai cru devoir être i » utiles à son service . . . . J'ai pris en même » temps fort grand soin de ménager l'esprit de » milord Holles, et je crois l'avoir maintenu » dans des sentimens favorables aux intérêts

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