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11 reçoit **eux qui se

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At Gorra, nem. 16

Il reçoit ard re de bà. tir un monas. tère à Ta benne. Ioid., num.

1

Il fait les fonctions de

à filer du poil et à en faire des cilices, pour 5. Les trois premiers qui vinrent le trouver
avoir de quoi nourrir les pauvres. Un jour de furent Psentaëse, Syr et Psoïs. Pécuse, Cor- présentent a
Pâques, Palémon dit à Pacôme d'apprêter à neille, Paul, un autre Pacôme et Jean vinrent tere
manger pour la solennité de la féle; il prit, ensuite, et il eut bientôt jusqu'à cent disciples. Es
outre l'ordinaire, un peu d'huile qu'il mêla Il les animait à l'observance régulière, autant
avec du sel pilé et y ajouta quelques herbes par ses exemples que par ses paroles. Il com-
sauvages. Le saint vieillard, après avoir fait patissait à leurs peines ayec une affection pa-
la prière, s'approcha de la table, mais ayant ternelle, il exerçait de ses propres mains les
vu cette huile, il se frappa le front et dit avec @uvres de miséricorde envers les vieillards,
larines : « Mon Seigneur a été crucifié, et je les malades et les enfants. S'il se présentait
mangerais de l'huile ! » et il ne put jamais quelque ecclésiastique, il le recevait avec hon-
s'y résoudre.

neur, particulièrement ceux qui avaient été
4. Saint Pacôme s'étant un jour avancé as- ordonnés prêtres par les évêques catholiques,
sez loin de sa cellule, en un lieu nommé Ta- aimant mieux avoir des prêtres dans son mo-

benne, comme il y était en prières, il enten: nastère que d'en faire venir des villages voi7,8, page 28. dit une voix qui lui dit : « Demeure ici, Pa- sins. Il y admettait aussi des prêtres sortis

côme, et fais-y un monastère; car plusieurs te d'un autre monastère, et leur permettait la cé-
viendront trouver pour leur salut, et tu les di- lébration des divins mystères, quand il était
rigeras suivant la règle que je te donnerai.» assuré de leur ordination et de leur probité.
Aussitôt un ange lui apparut et lui donna ? Il commit aux plus anciens après lui le soin
une table où était écrite cette règle, qui y fut de tout ce qui était nécessaire aux frères et
observée depuis. Il communiqua cette vision aux étrangers, et, lorsqu'il arrivait que celui
à saint Palémon et le pria de passer avec lui qu'il en avait chargé était absent, il faisait
jusqu'à Tabenne. Ils y construisirent une pe- seul ce qui était à faire.
tite cellule et y demeurèrent ensemble pen- 6. Outre l'église de son monastère, il en fit
dant quelque temps. Avant de se séparer, ils bâtir une dans le village, de l'avis de Séra- lecteur dans
se promirent de se visiter l'un l'autre chacun pion, évêque de Tantyre, afin que les bergers la cabina
une fois par an, ce qu'ils exécutèrent jusqu'à des environs pussent s'y assembler le samedi per car zo,
la mort de saint Palémon, qui arriva quelque et le dimanche, pour y entendre la parole de

apod Bui temps après. Jean, frère de Pacôme et son Dieu. Pacôme leur lisait lui-même les saintes land, bum.

20, page 30 ainé, qui s'était fait chrétien, vint le trouver à Ecritures, ce qu'il faisait avec tant de modestie Tabenne et y mourut après y avoir vécu dans et de recueillement, qu'il paraissait plutôt un de grandes austérités. Ainsi Pacôme se trouva ange qu'un homme. Plusieurs, touchés de ses seul; mais bientôt Dieu lui manifesta sa volonté vertus, renoncèrent à l'idolâtrie et reçurent en lui ordonnant de bâtir un monastère assez le baptème. Ses religieux l'accompagnaient spacieux pour recevoir une grande multitude. quand il allait à cette église et il continua d'y Un jour, étant allé dans une ile du Nil, qui était faire les fonctions de lecteur, jusqu'à ce que proche de Tabenne et s'y étant mis en prières l'évêque eut ordonné un prêtre pour la despour demander à Dieu de connaitre sa volonté, servir. un ange lui apparut et lui dit par trois fois : 7. Dans le temps que saint Athanase faisait «« La volonté de Dieu est que vous serviez les la visite des Églises de la haute Thébaïde, hommes pour les réconcilier avec lui; » après vers l'an 333, il arriva, en remontant le Nil avoir prononcé ces mots, il disparut. Saint Pa- par bateau, jusqu'à Tabenne. Saint Pacôme Land., pube côme, ainsi assuré de ce que Dieu demandait alla au-devant de lui avec tous ses religieux , de lui, commença à recevoir ceux qui se pré- et ils recurent ce saint archevêque avec une sentaient pour embrasser la vie monastique. grande joie, en chantant des lymnes et des · Et protinus apparuit angelus Domini deferens ei

cum de Samsonis futura nativitate sunt admoniti. Ita tabulam in qua erat omnis forma institutionis. Pachom.

autem erlirit angelus : Dei voluntas est, ut servias hoVit. ex versione Dionysii Exigui. Il n'est point parlé minum generi, ipsos ei conciliando... At ipse quæ face de cette table dans la vie de saint Pacôme, donnée par ta erant attentius secum ac vocem, præcipue illum ter Bollandus, et qui a été écrite par un auteur qui avait

repetitam cogitans , nihilque umplius de veritate ejus conversé avec les disciples de ce Saint; mais il y est dit Deique honeplacito (dubius , ercipere cæpit omnes quiqu’mu ange, lui ayant apparu, lui prescrivit les règle- cumque monustice vita'studio accensi acl eum accedebunt. ments qu'il devait faire observer à ceux qui se met- Apud Bolland.,pag. 301, in Vitalutina Pachomii, tom. III traient sous sa conduite : Angelus ei a Domino apparuit maii. non aliter ac quondam factum est Manoe et uxori ejus,

une eglise de campagne.

. I til

page..2
Acla Grana,

11 reit saint Aina na severs l'an 333.

G. apud B

30

båtit un mo

Acia Græca, apid Bol's lanil., pages

Il fonde d'autres mo

Acta Gruca,

38, 31, 45, 60, 65.

psaumes. Mais saint Pacôme se cacha au mi

ses vertus et de la sainteté de sa vie, vint à rient pour le lieu d'eux, sans se présenter à lui, parce qu'il son monastère pour le voir. Il lui fit dire par nastere. savait que Sérapion, évêque de Tantyre, avait le portier : « Ma soeur, vous savez maintenant souvent parlé de lui à saint Athanase, comme que je suis en vie et en santé : allez en paix 30, 31, 32. d'un homme admirable et d'un vrai serviteur et ne vous affligez pas de ce que je ne vous de Dieu, et qu'il l'avait même prié de l'or- vois point des yeux du corps; si vous voulez donner prêtre et supérieur de tous les soli- suivre ma manière de vie, pensez-y bien, et si taires du diocèse de Tantyre.

je vois que ce soit une résolution ferme, je 8. Le monastère de Tabenne se trouvant vous ferai bâtir un logement où vous pourrez vers l'au 338' trop petit à cause du grand nombre de dis- demeurer avec bienséance, et je ne doute ada bat: ciples que Dieu envoyait, saint Pacôme, en point que, par votre exemple, le Seigneur n'en do danesbâtit un second en un village abandonné, attire d'autres. » Sa scur ayant ouï ces paro

nommé Proou, dans le diocèse de Diospolis, les, pleura amèrement, et, touchée de compas-
où il fixa sa demeure ordinaire; l'économe sion, elle se résolut à servir Dieu. Saint Pa-
général de tous les monastères y résidait côme lui fit donc bâtir un monastère éloigné
aussi, et c'était là que les religieux se ras- du sien, de l'autre côté du Nil, et en peu de
semblaient à Pâques, pour célébrer cette fête temps elle devint la supérieure d'un grand
avec le Saint. On y tenait encore l'assemblée nombre de filles qui suivirent son exemple. On
générale du mois d'août. Quelque temps voit, par Pallade, qu'elles étaient quatre cents
après l'établissement de ce monastère, et vers vers l'an 420. La congrégation de Tabenne se
l'an 336, un vieillard nommé Eponyme , qui trouva donc composée de dix monastères, du
avait sous sa conduite quelques solitaires, vint vivant de saint Pacôme; il y en avait neuf
prier saint Pacôme d'accepter son monastère, d'hommes, et un de filles : tous étaient dans
appelé de Chénobosque. Pacôme l'accepta et la haute Thébaïde.
y mit quelques-uns de ses religieux pour y 10. Dans un voyage qu'il fit à Pane, il ren-
vivre avec les anciens, sous la conduite d'un contra, en faisant la visite des monastères empeche
économe nommé Orsise. Il établit aussi un qui étaient sur sa route, le convoi funèbre
de ses disciples, nommé Corneille, supérieur d'un religieux qui avait passé sa vie dans une lib. 1, cp
dans le monastère de Moncose ou Mocasse, grande négligence. Tous les frères du' mo-
dont il s'était chargé à la prière de quelques nastère assistaient à ces funérailles en chan- land. ad diem
anciens solitaires qui y demeuraient : il y tant des psaumes, et ils étaient suivis des pa- 63 et 51.9.
bâtit une église, la plus belle qu'il put, avec rents et des alliés du défunt. Ayant aperçu
des ailes, des pilastres de briques et divers saint Pacôme, ils s'arrêtèrent, et, quand il fut
autres ornements. Mais il s'en repentit en- arrivé, ils le prièrent de faire l'oraison pour
suite et obligea ses frères de tirer les pilas- le mort. Il pria, mais il fit cesser le chant des
tres de l'église avec des cordes attachées en psaumes et brûler devant tout le monde les
haut, en sorte que tous demeurèrent penchés habits magnifiques dont on avait couvert le
ou tortus. On rapporte, vers le même temps, mort. Il défendit d'offrir pour lui le sacrifice
la fondation de cinq autres monastères, par et ordonna d'aller l'enterrer dans l'un des sé-
les soins de Pacôme, savoir : celle de Tasé, de pulcres qui étaient sur la montagne. Les as-
Pane, de Thebeu, de Tismen, de Pichuum ou sistants supplièrent le Saint de permettre au
Pachnum. Il bâtit celui de Pane près la ville de moins qu'on chantât des psaumes à l'ordi-
ce noin, à la prière d'Arée, évêque du lieu. naire; mais il répondit que ces honneurs qu'il
Celui de Tismen était dans le même diocèse. n'avait point mérités, ne feraient qu'augmen-

9. La scur de saint Pacôme, informée de ter ses peines, tandis que l'ignominie avec la

Son voyoge à Pane: il

ne chapte our un mort

Vila ,

39.
Acta Gorca,
apud Bola

44 maii, pab.

Sa

sorur

1 Proficiscenti Pachomio , fratris nescio cujus, eodem edixit ne amplius psalmos pro defuncto concinerent, tum in monasterio de functi, oblatum est per viam funus, co- vero vestes defuncti (la traduction de Denys le Petit mitantibus illud universis monasterii fratribus, cum se porte : vestimenta splendida quibus involutus erat), in lemni psalmorum cantu : amici quoque et parentes fra. medium afferri, easque in conspectu omnium cremari tris demortui funeribus intererant. Simul autem atque præcepit ; quo facto cadaver tolli, et absque ulla psalsanctum Pachomium ad sese venientem a longo obscrra- modia ter, ce mandari voluit. At vero fratres ejus et prorunt fratres, in terrum deposuerunt feretrum, ut cum pinqui all pedes Puchomii se ahjicientes, summis contenadvenisset vir sanctus suas super defuncto preces persol- debant precibus , ut non sine solito psalmorum cantu veret. Subsistebant ergo fratres , atque una cum sırcula- mortuus sepeliretur, quos tamen Pachomius non audiit. ribus, psalmos decantabant. Adveniens deinde beetus Paralipomena de SS. Pachomio et Theodoro, tom. III Pachomius cum aliquandiu orationi vacasset, fratribus maii, apud Bollaud,, pag. 230, et in Append., pag, 53,

Grâces surnaturelles

saiat Paco-
me.
Lib. I Tits

сар. 40

Ata Greca, a pu d Bland.,

page 89. num. 27. Lib. II

Pet. ca). 36. 37. Acta Grxca,

Boi

11 assiste au concile

32, 33.

mort.

Acta Grrea, land., pag. 42 e: seq.

Pallad. Ilust, Lausac.

quelle on traitait son corps, pourrait procurer à semble le carême dans de grandes austéri-
son âme quelque repos et servir de quelque sa- tés. Après Pâques, la maladie se mit parmi
tisfaction pour ses péchés; car Notre-Seigneur, les moines de Tabenne; il en mourut un grand
dont la bonté est infinie, cherche les occa- nombre, et saint Pacôme entre autres, le 14
sion de nous en donner des marques, en nous du mois que les Egyptiens appellent Pacon,
remettant' nos péchés, non-seulement en ce c'est-à-dire le 9 mai de l'an 348, cinquante-

monde, mais aussi en l'autre. C'est pourquoi septième de son âge, et le trente-cinquième Malth 111. il dit dans l'Évangile : Le péché de celui qui de sa retraite. Son corps fut enterré le lende

aura blasphémé contre le Saint-Esprit, ne lui main sur la montagne voisine de son monas-
sera point pardonné, ni en ce monde, ni en tère,
l'autre. Ces paroles faisaient voir clairement 12. Sur la fin de sa vie , il avait obtenu de
qu'il y a quelques péchés qui peuvent, par les Dieu le don des langues, en sorte que, bien accord
prières, être remis en l'autre. A son arrivée à qu'il n'eùt jamais appris le grec ni le latin, mi
à Pane, l'évêque le reçut avec un grand res- il parlait l'un et l'autre avec beaucoup de pu- Petr
pect, et, pour marquer la joie qu'il avait de reté. Entre plusieurs miracles qu’on raconte
le voir, il ordonna une fête publique.

de lui, en voici deux bien remarquables. Un 11. Saint Pacôme étant de retour à Ta- homme ayant vu saint Pacôme à la porte du via de Latople benne y tomba malade vers l'an 346. Dans la monastère, accourut de loin se jeter à ses

crainte qu'il n'en mourut, ses principaux dis- pieds, le priant de délivrer sa fille du démon. land., page: 12 Bayi ciples s'assemblèrent auprès de lui, résolu- Saint Pacôme le laissa à la porte, et, étant en

à
rent de choisir un chef à leur congrégation, tré, lui fit dire par le portier : « Nous n'avons
et ils pressèrent saint Théodore de se charger pas coutume de parler aux femmes, mais si
de ce soin. Mais il le refusa d'abord et n'y vous avez quelque habit de votre fille, en-
consentit qu'avec peine. Cependant la santé voyez-le moi, je le bénirai et je vous le ren-
de saint Pacôme se rétablit, et il fut appelé à verrai: j'ai confiance en Jésus-Christ que vo-
une assemblée d'évêques et de moines qui se tre fille sera délivrée.» On lui apporta donc une
tint dans l'église de Latople, vers le commen- tunique de cette fille, mais il la regarda d'un
cement de l'an 348. Le don qu'il avait reçu du cil sévère et dit : « Cet habit n'est pas à elle.)
discernement des esprits, et les visions dont Le père assurait le contraire, et saint Pacôme
Dieu l'avait souvent favorisé, lui avaient sus- ajouta : « Je sais bien qu'il est à elle; mais
cité des ennemis, et ce fut pour rendre compte elle avait consacré à Dieu sa virginité, et ne
sa conduite, qu'il fut cité à ce concile. Il s'y l'a pas gardée : c'est pourquoi j'ai dit que ce
justifia d'une manière qui fit admirer son hu- n'était pas là son habit. Qu'elle vous promette
milité et ses autres vertus; car il ne louait en en la présence de Dieu, de vivre désormais
lui-même que la seule grâce de Dieu. Il se re- dans la continence, et Jésus-Christ la gué-
tira ensuite avec les frères qu'il avait amenés rira. » Le père, affligé, examina sa fille, qui
avec lui, et s'en alla à son monastère de lui. confessa sa faute et lui promit avec ser-
Pachnum, qui n'était pas éloigné de Latople. ment de n'y plus retomber. Alors saint Pa-
On croit que ce fut vers ce temps-là que saint côme pria pour elle et lui envoya del'huile qu'il
Macaire d'Alexandrie, ayant eu connaissance avait bénite. Aussitôt qu'elle en eut été ointe,
de la vie sainte des religieux de Tabenne, fit elle fut guérie. Un autre homme, ayant un
quinze journées de chemin pour venir se ren- fils possédé, vint trouver saint Pacôme, qui
dre disciple de saint Pacôme. Ils passèrent en- lui donna.un pain bénit, lui recommandant

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1 Fons enim bonitatis Deus noster eristens occasiones quærit, per quas opulenta super nos dona pietatis sug effundat, remittat nobis peccata non solum in hoc sceculo, sed etiam in futuro. Vita Pachom. ex versione Dionysii Exigui. Eam ob rem rogo vos ut si cruciatus defuncti capitis reddere leviores , sine psalmis eum sepulturæ mandetis : posset enim Deus cum bonus sit et misericors, ob hanc ei factam ignominiam requiem aliquam eidem præbere. Paralipom. de ss. Pachomio et Theodoro, tom. III. maii, apud Bolland, pag. 336.

? Est quidem illa filiæ tuæ tunica, sed ipsa non servat castitatem cum virginitatem sit professa... sancte itaque promittat fore ut majori in posterum se diligentia

ab omni immunditia puram serret, idque coram Deo qui
promissiones sibi factas nunquam non audit : sic fiet
ut Dei ejusdem misericordia filiam tuam sanam habens
atque incolumem. Filia ergo sua in eramen vocata, indi-
gnans simul ac marens pater ipsius puellæ confessione
peccati labem cognovit, ac simul promissum ab ea accepit
quo nihil in posterum ab ea ejusmodi perpetratum iri
sancte pollicebatur. Tunc Pachomius oleum benedictione
sua consecratum misit ad patrem : qui filiam suam eodem
ubi peruncit nihil in fide hæsitans, sanitati mox pris.
tince videre meruit restitutam. Vita Pachomii, apud
Bolland., tom. III inaii, pag. 308.

Quidam alius filium suum a molestissimo genio

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Variétés dans les di

elitions qu'on

a

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Règle de saint Paco. ine, en latin par

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soigneusement d'en faire toujours prendre un dans une lettre qu'il mit à la tête de sa tra-
peu au possédé avant ses repas. Le père lui duction. Il y donne aussi un précis des usages
en donna; mais le démon ne lui permit pas qui s'observaient dans les monastères de saint
d'en goûter : et l'énergumène remplit ses Pacôme, et ce qu'il en expose a été considéré
mains des autres pains qu'il avait devant lui, dans la suite comme une règle particulière,
et il commença d'en manger. Le père rompit à qui l'on a donné le nom de saint Jérôme.
le pain bénit en petits morceaux, qu'il cacha Il y rapporte, mais sur un bruit commun,
dans des dattes dont il avait ôté les noyaux, et qu’un ange avait donné à saint Pacôme, à
ne donna autre chose à manger à son fils que Corneille et à Syr, une manière mystique de

à
ces dattes : mais le possédé les ouvrit, jeta les s'exprimer, soit de vive voix, soit par écrit,
morceaux de pain, et, ne touchant pas même par les lettres de l'alphabet grec.
aux dattes, il ne voulait rien manger. Le père 2. Holsténius nous a donné la Règle de
le laissa plusieurs jours sans nourriture. En- saint Pacôme, de la traduction de saint Jé- verses
fin , pressé de la faim , il prit du pain bénit, rome, dans le recueil des anciennes Règles, en a faites
s'endormit aussitôt, et fut délivré du démon.

fait
par

saint Benoît d'Aniane. Elle est beau

coup plus longue et fort différente de celle ARTICLE II.

qui est rapportée par Pallade. Mais il y a

dans celle-ci des réglements qui ne se trouLA RÈGLE DE SAINT PACÔME.

vent point dans celle que saint Jérôme a tra1. La Régle de saint Pacôme fut d'abord

duite. Dans l'édition de Holsténius, elle est traduite écrite en égyptien, qui était la langue natu

divisée en cent quatre-vingt-quatorze articles, mint Jero- relle du pays où il avait pris naissance. On la qui, depuis le cent quarante-deuxième, sont traduisit depuis en grec, et nous en avons

interrompus par de nouveaux titres et de nouencore aujourd'hui des extraits considérables

veaux sommaires : ce qui fait conjecturer que en cette langue, dans Bollandus. Le prêtre

ce sont des pièces détachées les unes des auSylvain, ayant reçu cette Règle d'Alexandrie,

tres, qui , ayant été trouvées en divers enavec les préceptes de saint Théodore et d'Or droits, ont été mises de suite par saint Benoît sise, écrits en égyptien et déjà traduits en

d'Aniane. On voit, en effet, par les contrariegrec, envoya toutes ces pièces à saint Jérôme, tés qui s'y rencontrent, que tous ces régleen le priant de les mettre en latin. Léonce,

ments ne peuvent être d'une même main; car également prêtre, lui fit la même prière, avec

le cent cinquante-sixième ordonne que le préquelques autres frères qu'on lui envoya ex

vôt du monastère fera deux instructions par près. Il ne put donc refuser un travail si utile semaine, et le vingt-unième dit qu'il doit en aux solitaires d'Égypte, particulièrement à faire trois. Le cent quatre-vingt-deuxième un grand nombre de Latins qui demeuraient porte que si le prévôt est absent, son second dans les monastères de la Thébaïde et dans

fera toutes choses en sa place, et le cent quincelui de la Pénitence, près d'Alexandrie, qui, zième dit qu'en ce cas, ce sera le prévôt d'une n'entendant ni le grec ni l'égyptien, étaient

autre maison qui tiendra sa place. privés de la lecture des ouvrages de ces trois 3. Il y a dans la Règle de saint Pacôme, li n'y étai anciens. Il crut même que cette traduction imprimée au tome IV de la Bibliothèque des des viergiene serait pas inutile à la vierge Eustochie, Pères, un article particulier qni regarde la fille de sainte Paule. Il y travailla vers le conduite des religieuses: c'est le quatre-vingtcommencement de l'an 404 , peu après la deuxième. Comme il n'était point attribué à mort de sainte Paule, arrivée le 26 janvier Saint Pacôme, dans le manuscrit dont Holstede cette année, et dans le temps qu'il la pleu- nius s'est servi, cet éditeur ne l'a pas inséré rait encore. C'est ce qu'il témoigne lui-même dans la Règle de saint Pacôme, mais parmi les

me.

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roint parl

vexatum adduxit, rogans ut sanaretur, panemque ab eo abjecit, ne minimum quidem ex iis gustans. Quamobrem qui erat ad januam accipiens cum mandato ut eum com- biduo eum jejunum manere voluit, donec viribus ferme minueret esuriente dæmoniaco, frustum ejusdem panis destitueretur; quo elapso pultem cozit triticeam, cui dic. homini porrerit. Sed nec attingere cum energumenus tum jam sæpe panem immiscuit, quem benedicto insuper voluit, cum ex uliis panibus avidissime comederet, mala oleo intinrit. Continuo autem quieti sese tradens enerdeinde punica, et viridis coloris caseolos aperiens, pa- gumenus altum cæpit dormire, cujus parens non diu nis benedicti micas iis immiscuit, ut nescius saltem . post ad monasterium rediens, Deumque laudans, de remoniacus ex eo sumeret: sed cum vesci cepisset aperuis- cuperata a filio sanitate nuntium ipso attulit. Ibidem, setque cibos appositos , omnia panis benedicti frustula pag. 308.

règles des vierges, à la suite d'une d'entre lade , qui ajoute que cette table était d'ai

"
elles dont l'auteur est inconnu. Ces paroles rain : Sozomène dit aussi, et Nicéphore après
qui se lisent au commencement de la Règle de lui, que l'ange donna une table à saint Pa-
saint Pacôme, dans la Bibliothèque des Pères, côme, et qu'elle se conservait encore de son
et au huitième article, dans l'édition de temps à Tabenne. Mais Sozomène ne fonde
Holsténius : « Ce sont ici les préceptes de vie tout ce qu'il rapporte de saint Pacôme et de
donnés par les trois anciens, ont été ajoutées sa Règle, que sur une tradition incertaine. Si
après coup et se rapportent visiblement, non å cette table existait encore du temps de Sozo-
la seule Règle de saint Pacôme, mais aussi mène, pourquoi Cassien n'en dit-il rien, lui
aux préceptes de saint Théodore et d'Orsise, qui était fort informé de ce qui se passait à
et à diverses autres pièces que saint Jérôme Tabenne, qui parle avec éloge de la vie et des
traduisit en même temps et qui ont été mises instituts des solitaires qui y demeuraient ? Il
de suite par ceux qui les ont recueillis. Je sais ne dit pas même que leurs pratiques aient eu
que quelques' critiques font difficulté d'attri- un ange pour auteur. Pallade, qui avait été
buer ces traductions à saint Jérôme, et qu'ils sur les lieux dans le siècle même où l'on sup-
ne le croient point auteur de l'épitre qui pose que cette table, si digne de sa curiosité,
est sous son nom à la tête de la Règle de saint fut apportée du ciel, ne dit pas néanmoins
Pacôme. Les raisons qu'ils en donnent, sont qu'il l'ait vue. Cependant il rapporte ce qui y
que ce Père ne se les attribue point dans son était écrit; et c'était l'occasion de dire qu'il
Catalogue des hommes illustres, où il fait le déavait fait cet extrait sur l'original mème. Saint
nombrement de ses écrits et de ses traduc- Orsise cite souvent la Règle de saint Pacôme,
tions, et qu'il n'y donne point à saint Pacôme son maitre, et il en relève le mérite. Mais il ne
de rang parmi les écrivains ecclésiastiques, dit nulle part qu'il l'ait reçue d'un ange, ce
quoiqu'il le donne à saint Antoine. Mais il est qu'il pouvait mieux savoir qu'un autre, et ce
à remarquer que saint Jérôme acheva son Ca- qu'il n'aurait pas dù taire. On voit", par le
talogue des auteurs ecclésiastiques, en la qua- texte grec de la Vie de saint Pacome, qu'un de
torzième année de l'empire de Théodose, qui ses amisintimes, nommé Denys, qui était con-
était la trois cent quatre-vingt-douzième de fosseur, prêtre et économe de l'Eglise de Tan-
Jésus-Christ, et qu'il ne travailla à la traduc- tyre, ayant témoigné ne pas approuver que
tion des écrits de saint Pacôme, de saint Théo- saint Pacôme ne fit pas manger les hôtes au
dore, et d'Orsise, qu'après la mort de sainte réfectoire, ce Saint ne s'excusa point sur ce
Paule, mère d'Eustochie, arrivée le 26 janvier que l'ange l'avait ordonné ainsi, comme il l'est
de l'an 404 de Jésus-Christ, le dixième du rè- ordonné en effet dans la Règle que Pallade dit
gne d'Arcade. Il y a néanmoins quelques ar- avoir été apportée par l'ange; mais sur ce
ticles, à la suite de la Règle de saint Pacôme, qu'il avait vu souvent des novices peu formés,
qui ne paraissent pas avoir été traduits par blesser les hôtes de leurs imperfections. L'ar-
saint Jérôme, particulièrement celui qui con- ticle de la Règle de saint Pacôme qui défend
seille de haïr 3 le monde et tout ce qu'il con- de donner à manger aux hôtes, est donc fondé
tient, comme aussi tout repos corporel. La sur l'expérience et non sur aucune loi reçue
traduction latine de cet endroit n'est pas di- du ciel. Il en faut dire autant de divers autres
gne de saint Jérôme.

réglements que ce Saint a pu aisément faire 4. Nous lisons dans Gennade que saint Pa- de lui-même, sans un secours surnaturel et sakupled in côme écrivit sa Régle sur ce que l'ange lui extraordinaires

avait appris et diclé. L'auteur de la vie de ce 5. Quoi qu'il en soit, voici ce que contenait
Saint va plus loin, et dit que l'ange qui lui la Règle que saint Pacôme reçut de l'ange, se- donnée par
apparut à Tabenne, lui donna une table sur lon Pallade, Sozomène et l'auteur de sa vie. Pacome
laquelle était écrite la forme de vie qu'il dc- Il étail permis à chacun de boire, de manger, Hist

.
vait prescrire à ses disciples, et qu'ils obser- de jeuner et de travailler, à proportion de ses sozomea.
vèrent en effet. Ce fait est confirmé par

Pal- forces. Les moines logeaient trois à trois en dif- 16

S swint Pa. come recu

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ange.

Ce que con fientlaliele

l'ange à saint

Pallad.,

Lanstar., cap.38.

,

lib. Iil, cap.

cho ,

Vila Pa.

cap.

1 Samuel Basnage, ad an. 327., tom. II. Annal.,

22.

pag. 738.

Gennad., de Script, eccl., cap. 7.
6 Pallad., Hist. Luusiac., cap. 38.
6 Sozomen., lib. III, cap. 14; Nicephor., lib.IX list.,

Hieronyın., in Catalog., cap. 135.
s Odiamus ergo mundum, et omnia quæ in eo sunt;
Onliomas etium omnem requiem corporalem. Cod. Re-
gul., pag. 53.

cap. 14.

7

7 Acta Græc., apud Bolland., ad 14 maii, p. 32.
& Voyez Dom Calmet, Observations sur la règle ma-

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