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des citoyens armés, qui étaient sur le devant de l'église, ont trouvé mauvais qu'il voulût ouvrir la séance; il a appelé le commandant de la force armée qui lui a répondu qu'il avait des ordres de faire assembler le bataillon, qu'il ne connaissait que ses ordres; il s'est porté vers le bureau, la tribune a été mise hors de sa place; des discussions particulières se sont élevées, des propos ont éclaté; pour éviter les voies de fait, il s'est retiré au comité révolutionnaire et y a dressé procès-verbal, qui a été déposé sur le bureau et envoyé à l'administration de police. >

[Le conseil arrête que l'administration de police prendra des informations nécessaires pour s'assurer si la force armée des sections de Paris n'a pas été requise pendant la nuit par le comité des Douze.

Les commissaires précédemment nommés pour faire la prisée et l'inventaire des canons défectueux et de faux calibre font leur rapport. Le conseil étend les pouvoirs de ses commissaires à l'inspection des canons et à l'arrivée des armes.

Des citoyens, chefs de patrouilles, prévenus de s'être comportés avec violence envers des magistrats du peuple et d'autres citoyens, sont amenés au conseil. On les interroge sur les faits qui leur sont imputés. Leurs réponses ayant paru peu satisfaisantes, le conseil les renvoie à l'administration de police, et ordonne la communication du présent arrêté au commandant-général.

Les commissaires envoyés à la Convention nationale pour venir rendre compte des délibérations, font leur rapport, et annoncent que tout paraît prendre une tournure favorable.

Quelques instans après, l'on annonce que la commission des Douze vient d'être cassée par un décret de la Convention. A cette nouvelle une grande joie se manifeste, et de vifs applaudissemens se font entendre de toutes les parties de la salle. ]

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Dufourny. Vous savez que la société des Douze a mandé le maire de Paris; il a mandé ensuite six commissaires de police:

T. XXVII.

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trois seulement se sont rendus ; les cours étaient remplies de citoyens. Pendant qu'on était dans une attitude très-paisible, trèsrespectueuse, la force armée est arrivée : deux cents hommes de la section de la Butte-des-Moulins se sont présentés armés de fusils et de baïonnettes. On a crié à bas les baïonnettes, et cette force armée a replié ses baïonnettes, et s'est dispersée quelques moments après. ›

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Mazuel. Vous ne devez pas ignorer que le peuple se lève en masse. Mon devoir exige de me porter dans tous les coins de la ville de Paris, d'écouter tout et de maintenir l'ordre. J'ai été dans le faubourg Saint-Antoine; le peuple lisait avec indignation la réponse menaçante d'Isnard.

Que faut-il faire? Nous lever tous; entourer la Convention sans armes, et lui demander si elle veut sauver le peuple,

› Je vous invite à nommer des commissaires pour aller dans les sections prêcher le patriotisme, écrire aux départemens que Paris est tranquille, et terrasser ce coquin d'Isnard qui veut s'élever sur les débris du trône. Vous voyez que tous les départemens vous contemplent, et qu'ils attendent de vous le salut de la République. >

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Dufourny. J'ai annoncé à la société qu'il y aurait demain à l'Évêché, à cinq heures, une assemblée composée d'électeurs et de patriotes.

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Hassenfratz. Je ne sais par quelle fatalité le château des Tuileries est destiné à être le repaire du despotisme. Dans ce moment la Convention fait des lois; les comités les font exécuter, et rendent les ministres des mannequins, La Convention cumule le pouvoir législatif et exécutif, puisque les comités font arrêter les hommes la nuit sans les entendre.

› Lorsque la Convention a été nommée, le souverain lui a dit : Nous te chargeons de juger le tyran et de nous donner une Constitution; le souverain ne lui a donné aucun autre pouvoir. Qu'ont fait les intrigans! ils ont fait décréter que les ministres étaient responsables, et ils en ont fait leurs commis. Ils ont fait plus; ils ont envahi le pouvoir judiciaire. Je désirerais que l'on in

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struisît le peuple sur cet envahissement qui reproduit le despo

tisme. >

(

Terrasson. L'auteur de ce journal qui instruit le peuple en parlant son langage, Hébert, est la victime du despotisme. On a commencé par Marat et Hébert; on finira par faire subir le même sort aux patriotes énergiques. Vous voyez qu'on fait enlever les présidens des sections. J'ai vu avec beaucoup de satisfaction ce mouvement de la section de la Cité, qui a regardé l'atteinte portée à son président, comme un attentat à la souveraineté du peuple. Réunissons-nous pour demander l'anéantissement de l'odieuse commission des Douze. ▸

Un membre demande qu'on mette aux voix la proposition de nommer des commissaires pour prêcher le patriotisme dans les sections.

Hassenfratz. Nous sommes tous commissaires; nous prêcherons tous le patriotisme. La société passe à l'ordre du jour.

La société des citoyennes républicaines est introduite. Une femme. La société des républicaines révolutionnaires nous députe vers vous, pour vous prier de nous faire connaître le lieu du rassemblement ; il est temps que vous ne voyez plus en nous des femmes serviles, des animaux domestiques; il est temps que nous nous montrions dignes de la cause glorieuse que vous défendez. Si le but des aristocrates a été de nous égorger en détail en dépeuplant Paris, il est temps de nous montrer; n'attendons pas les poignards dans notre lit; formons-nous en phalange, et faisons rentrer l'aristocratie dans le néant. Les faubourgs où nous nous sommes portés sont dans les meilleures dispositions. Nous avons sonné dans tous les cœurs le tocsin de la liberté. Nous voulons seconder votre zèle et partager vos dangers; indiquez-nous le lieu où notre présence est nécessaire. >

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Le président. Dans les républiques anciennes et modernes, les citoyennes se sont toujours distinguées; les dangers de la patrie ne les ont point vues apathiques. La société se rappelle com、 bien vous avez été utiles au 10 août; elle se félicite de vous voir

dans son sein; elle applaudit à votre zèle, et elle vous dit que les dangers comme les ressources sont partout. »

(

Un militaire. Le dessein d'égorger les patriotes n'est plus douteux; des tribunaux vont les sacrifier. - Le président dé» clare que la séance est levée. (Le Républicain Français, n. CXCVI et CXCVIII.)

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[ On fait lecture du procès-verbal.

Osselin. Je demande à faire lecture du décret rendu dans la séance d'hier, relatif à la cassation de la commission des Douze, et à l'élargissement du citoyen Hébert.

Lanjuinais. Il n'y a pas eu de délibération. Je demande la pa

role.

Un grand nombre de voix. Président, mettez aux voix la rédaction du décret.

Lanjuinais. J'ai le droit d'être entendu... (De violentes rumeurs étouffent la voix de l'opinant.)

On demande d'aller aux voix.

Lanjuinais. J'ai le droit d'être entendu sur la prétendue existence d'un pareil décret. Ne prononcez pas avant d'avoir entendu un représentant du peuple, qui réclame la parole pour la liberté aux abois. Je soutiens : 1o qu'il n'y a pas eu de décret de rendu ; et, s'il y en a un, j'en demande le rapport. (Les murmures se font entendre dans la partie gauche.) Si l'assemblée veut ajourner la discussion, je suis prêt à me retirer.

Léonard Bourdon. Je demande à dénoncer un fait relatif à la force armée qui environnait hier l'assemblée.

Lanjuinais. Tout est perdu, citoyens. (On murmure.) J'ai à vous dénoncer, dans le décret qui a été rendu hier, une conspiration mille fois plus atroce que toutes celles qui ont été tramées jusqu'ici. Quoi! depuis deux mois, il s'est commis plus d'arrestations arbitraires sous le commissariat des députés envoyés dans les départemens, qu'il ne s'en est commis en trente ans

sous le despotisme. Des hommes prêchent, depuis six mois, l'anarchie et le meurtre, et ils resteraient impunis! (Nouveaux murmures.)

Legendre. Il y a un complot de formé pour faire perdre la séance. Si Lanjuinais ne cesse pas de parler, je déclare que je me porte à la tribune et le jette en bas.

Barbaroux. Je demande que la déclaration de Legendre ne soit pas perdue, et qu'elle soit consignée au procès-verbal.

Cette proposition est décrétée.

Lanjuinais. Il ne peut y avoir un décret d'impunité pour ceux qui ont voulu renouveler les scènes du 2 septembre, et emprisonner les membres de la Convention. Vous seriez déshonorés, si vous pouviez souffrir qu'un pareil décret souillat vos registres....

N..... Tu as protégé les aristocrates de ton pays: tu es un scélérat.

Lanjuinais. J'ai gagné l'estime de mes concitoyens en défendant la liberté contre les rois et les aristocrates et tous les nobles; ceux qui me connaissent m'ont rendu justice.

Je demande que la Convention passe à l'ordre du jour, motivé sur ce qu'elle n'a pas pu rendre un pareil décret, attendu que les pétitionnaires étaient confondus avec les membres, et ont voté

avec eux.

Levasseur. Le décret a-t-il été rendu, oui ou non? voilà la question. (Plusieurs voix. Non.) On a dit que le décret n'a pas été rendu, parce que les pétitionnaires out délibéré. Je réponds que cela est faux; car avant qu'on allàt aux voix, les pétitionnaires se sont retirés dans ce passage, et il n'y a eu que les membres qui ont pris part à la délibération. Lacroix fit la motion de supprimer la commission; Thuriot demanda par amendement la liberté du citoyen Hébert. La motion avec l'amendement a été mise aux voix et décrétée. Je déclare, moi, que la commission des Douze avait été formée, non pour découvrir un complot, mais pour en exécuter un. (On applaudit dans la partie gauche.) Quand l'impôt forcé d'un milliard a été décrété, les aristocrates

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