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que des encouragemens, et qu'on ne leur doit décerner de couronnes qu'après leur mort.

Une citoyenne des tribunes apporte une couronne qu'elle destine à être placée sur le buste de Brutus.

Le conseil nomme des commissaires pour présenter, au nom des sections, Hébert, à celle de Bonne-Nouvelle, qui est la sienne.

La section des Arcis communique au conseil une adresse qu'elle se propose de présenter à la Convention, pour lui demander l'explication de ces mots prononcés dans son sein, sur les rives de la Seine, on se demandera où exista it Paris, et pour demander que l'on traduise au tribunal révolutionnaire les membres du comité des Douze.

De nombreux applaudissemens prouvent l'adhésion du conseil à cette adresse.

Séance du 29 mai.

Sur la proposition de Levasseur, décret qui ordonne une nouvelle rédaction de la séance du 27; le récit des débats, rapportés avec trop de soin, pouvant semer la discorde dans les départemens. Des commissaires du département des Pyrénées-Orientales jurent de faire la guerre aux tyrans, aux traîtres, aux anarchistes; de respecter la représentation nationale, les personnes et les propriétés : ils font des demandes en secours, mais jamais ils ne les appuieront de la menace d'une insurrection. Une députation de l'Ain demande la liberté de cinq cents individus arrêtés par les commissaires Amar et Merlin. - Les représentans près l'armée des côtes de La Rochelle, instruisent d'un échec éprouvé à Fontenay par la défection de la gendarmerie à cheval, malgré les efforts courageux des généraux Chalbos, Beaufranchet, Dayat et Nouvion, ceux des commissaires et la bravoure des grenadiers de la Convention. Cambon annonce que des forces marchent contre les rebelles. Barrère fait rendre un décret pour la punition des gendarmes qui ont fui à Perpignan et à Fontenay. La section des Marchés demande une armée

CONVENTION.

révolutionnaire, la cassation de la commission des Douze, et le décret d'accusation contre ceux qui provoquent à la guerre civile par leurs discours. Celle des Arcis déclare qu'une partie de la Convention n'a plus sa confiance, et réclame l'envoi au tribunal révolutionnaire de la commission des Douze. Celle de Beaurepaire demande une constitution républicaine.

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Marie-Antoinette fait demander, pour son fils, le roman de GilBlas de Santillane. Accordé.

Sur l'observation faite, que les directeurs des messageries reçoivent des voyageurs dans leurs voitures sans exiger d'eux la représentation de leurs passeports, le conseil arrête que l'on enverra aux directeurs des messageries l'arrêté précédemment pris à ce sujet.

On donne lecture d'une lettre du comité révolutionnaire de Blois, dans laquelle sont incluses deux lettres écrites, l'une le 27 avril et l'autre le 30 mai 1790, par le citoyen Gardien, maintenant député à la Convention et membre du comité des Douze. Elles sont adressées au ci-devant seigneur Dufresne, et respirent les sentimens les plus anti-civiques. L'on y remarque diverses expressions contre-révolutionnaires; celle-ci par exemple: L'assemblée prétendue nationale. Il cherche à discréditer les assignats, etc.

Le conseil arrête que ces lettres seront imprimées et affichées en grand nombre; et d'après le réquisitoire du procureur de la Commune et les observations du citoyen maire, le conseil arrête en outre « qu'il sera nommé des commissaires pour dénoncer à la Convention les deux lettres contre-révolutionnaires du citoyen Gardien. ›

La section des Gravilliers instruit le conseil qu'elle nomme le citoyen Ricordon pour remplir les fonctions de commandant-général provisoire, comme étant le plus ancien commandant des sections, et réunissant toutes les qualités réquises pour cette fonction.

Des députés de la société patriotique de la section de la Buttedes-Moulins lisent au conseil une dénonciation contre le citoyen Colin, président de cette section. Sur le réquisitoire du procureur de la Commune, le conseil ordonne le renvoi des pièces à l'administration de police, pour faire prononcer contre le citoyen Colin un mandat d'arrêt, s'il y a lieu.

Une députation du club électoral invite le conseil à nommer provisoirement un commandant patriote. Le président répond que la Convention ayant déterminé le mode de nomination du commandant-général, il ne reste au conseil qu'à former des vœux à ce sujet.

La section de l'Unité fait part au conseil d'une dénonciation contre le citoyen Roux, juge de paix, et demande sa destitution.

Le conseil renvoie au corps municipal les pièces à l'appui de cette dénonciation.

La section des Gravilliers fait part d'un arrêté par lequel elle invite le curé de Saint-Nicolas à ne point faire de processions dans l'étendue de son arrondissement.

Le conseil passe à l'ordre du jour, motivé sur ce qu'il ne veut pas se mêler des affaires des prêtres, et que s'il arrive des troubles, on punira ceux qui les auront occasionnés.

Séance du 29 mai.

Grots de Luzenne obtient la parole pour communiquer une observation qu'il a recueillie, et qui annonce une grande conspiration.

CLUB DES JACOBINS.

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Boissel. Le club de l'Évêché a nommé une commission pour recueillir toute les mesures de salut public; si ce citoyen qui es à la tribune a des mesures à proposer, il peut s'adresser à ce comité. »

Le président. Je sais très-bien qu'un président ne peut pas avoir la parole, mais je dois observer que d'après ce qui s'est passé aujourd'hui à la Convention, les mesures que l'on pourrait proposer sont susceptibles de quelques changemens.

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Hébert entre dans la salle au milieu des applaudissemens ; il monte à la tribune, et rend compte des détails de son arrestation.

Legendre. Nous ne devons pas nous livrer à l'enthousiasme; ce n'est pas Hébert qui a été attaqué, c'est la République entière; les droits de la liberté ont été attaqués dans sa personne ; on a violé la liberté de la presse; on a outragé la souveraineté nationale en arrêtant une représentation du peuple. Il faut que nous prenions une grande mesure; il faut que la société invite Hébert à rédiger toutes les circonstances de l'oppression qu'il a éprouvée, afin que nous puissions faire porter le décret d'accusation contre tous les membres de la commission des Douze. Si nous ne pouvons pas y parvenir, je déclare que lorsque nous aurons énergiquement prononcé notre opinion, lorsque nous aurons invité cette commission à faire son rapport, attendu que nous avons de quoi riposter, après que nous aurons fait valoir toute la force du raisonnement et de la justice, le peuple aura le droit de recourir aux moyens qui lui ont toujours réussi; mais il faut essayer cette mesure, pour que les départemens ne nous accusent pas d'agir sans réflexion. Nous dirons aux membres de cette commission: vous avez envoyé un journaliste au tribunal révolutionnaire, vous l'avez fait asseoir sur la sellette; nous demandons tous que les membres du comité des Douze aillent s'asseoir sur cette sellette.

Un membre. J'applaudis au zèle de Legendre; et si je ne connaissais pas le cœur de Legendre, je dirais que les moyens qu'il a proposés sont faits pour paralyser l'opinion publique.

Le président interrompt l'orateur en invitant tous les patriotes de la section de la Butte-des-Moulins de se rendre à cette section, attendu qu'il s'agit de renouveler le bureau.

Un membre. La Convention sait que le Nord est désolé, et que le Midi va bientôt l'être. C'est au peuple à se sauver luimême. Les demi-mesures sont inutiles; la loi parle. Ceux qui ont usurpé le pouvoir dictatorial sont hors de la loi. Il ne nous reste plus qu'à donner un rendez-vous demain à tous les mon

tagnards pour rédiger un manifeste qui apprenne aux citoyens des départemens la situation où nous sommes, et qui les engage à se sauver eux-mêmes. Je déclare que je regarde comme traître à la patrie tout député qui n'aura pas le courage de déclarer en son âme et conscience, qu'il n'a pas le moyen de sauver la patrie. Le peuple est debout; il a fait la révolution, c'est à lui de l'achever. »

Quelques membres s'écrient que Legendre est un endormeur. Legendre. J'ai une observation à faire à la société : c'est de mettre aux voix si j'ai eu l'intention d'endormir l'esprit public. Maure. Nous ne devons rien déterminer avant d'avoir examiné le plan de Barrère. >

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Bentabolle. Il s'en faut de beaucoup que les Jacobins doivent s'en rapporter au rapport de Barrère. Il a dit de bonnes choses; ce député a rendu beaucoup de services, mais il a un esprit de modérantisme; il a l'adresse de faire ressortir contre les Jacobins tout ce que nos ennemis disent. S'il avait été de bonne foi, il fùt tombé sur Roland et sur les chefs de la faction dont les crimes sont généralement connus. Je demande que les Jacobins fassent un rapport dans lequel ils ne déguisent rien, et ne ménagent absolument personne. ›

Robespierre. Si la commune de Paris, en particulier, à qui est confié spécialement le soin de défendre les intérêts de cette grande cité, n'en appelle point à l'univers entier de la persécution dirigée contre la liberté par les plus vils conspirateurs; si la commune de Paris ne s'unit au peuple, ne forme pas avec lui une étroite alliance, elle viole le premier de ses devoirs; elle ne mérite plus la réputation de popularité dont elle a été investie jusqu'à ce jour. Dans ces derniers momens de crise, la municipalité devrait résister à l'oppression et réclamer les droits de la justice contre la persécution des patriotes.

• Lorsqu'il est évident que la patrie est menacée du plus pressant danger, le devoir des représentans du peuple est de mourir pour la liberté ou de la faire triompher.

› Je suis incapable de prescrire au peuple les moyens de se

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