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Enfin, vers la gauche, le général Lamarlière, avec les troupes du camp de la Magdelaine, avait simulé une attaque contre les camps de Maulde et de Saint-Amand, et il était rentré dans ses lignes. Malgré le peu de succès de toutes ces tentatives, l'armée française garda sa position, et le général Cobourg resta dans son quartier de Quiévrain.

Le 5 mai, des troupes détachées du camp de Cassel s'emparèrent de Popringhes, et poussèrent jusqu'à Rousbrugge, après avoir pris un drapeau et fait un assez grand nombre de pri

sonniers.

Dans les journées des 2, 3, 4, 5, 6 et 7, les armées restèrent en présence, et il n'y eut entre elles que des escarmouches d'avant-postes. Les généraux français se décidèrent à tenter un nouvel effort pour dégager Condé. On arrêta de diriger sur la rive gauche la principale attaque, qui avait échoué sur la rive droite. Cette attaque devait être un mouvement de front de la ligne de Maubeuge à Saint-Amand; elle fut fixée au 8 mai.

Le 7, à la pointe du jour, une colonne attaqua Saultain; vers midi, une autre, sortie de Valenciennes, chargea le centre des Autrichiens vers Étren; mais, après quelques avantages, elle fut obligée de céder à une nombreuse cavalerie.

Le 8, l'attaque commença à la droite, en avant de Maubeuge. Les Français retournèrent cinq fois à la charge, perdirent plus de trois cents hommes, et furent contraints de se retirer sous le canon de la place. A Borai, l'engagement n'eut lieu qu'entre les troupes légères.

Un détachement composé d'infanterie et de cavalerie attaqua, dès le matin, Jalain, entre le Quesnoi et Valenciennes ; vers midi, les Français s'étant portés en force sur le grand Wargnies, proche de Jalain, ils en délogèrent les ennemis qu'ils repoussèrent à leur tour, à l'aide de la cavalerie du général Otto. Vers le soir, une autre colonne, qui s'était portée en avant de Bresseau, fut contrainte de se retirer après une assez vive canonnade. Ces attaques diverses avaient eu pour objet de contenir le corps d'armée du prince de Cobourg.

Le général Clairfait occupait les bois, la ligne partant de l'abbaye de Vicogne, et aboutissant par Frasne à Doumet. Les Prussiens défendaient la partie de la chaussée de Vicogne à SaintAmand; toute cette ligne était garnie de retranchemens, de batteries et d'abattis, que les généraux Lamarche et Hédouville furent chargés d'attaquer, en même temps que le général Lamarlière, avec les troupes sorties de Douai et du camp de la Magdelaine, attaquerait entre Vicogne et Saint-Amand, et ferait inquiéter la droite des coalisés, vers Maulde, par un corps porté à Mouchin, entre Orchies et Tournai.

La division aux ordres da général Desponches, formant la droite des troupes commandées par le général Lamarlière, après avoir chassé l'ennemi de ses différens postes dans le bois de SaintAmand, s'était établie sur la plate-forme de l'abaye de Vicogne, et s'y était fortifiée après un combat qui dura depuis sept heures du matin jusqu'à huit heures du soir. Le général prussien Knobelsdorf ayant alors rénforcé les Autrichiens à Vicogne et Raimes, le général Lamarlière envoya lui-même sept bataillons au général Despouches, qui venait de repousser à coups de canon une attaque commandée par le duc d'Yorck, dont le corps d'armée avait joint les Allemands. Au moment où la droite du général Lamarlière attaquait Vicogne, il attaquait lui-même Saint-Amand, il repoussait l'ennemi et envoyait les tirailleurs jusqu'à Maulde, occupé par les Anglais. En même temps le général Chaumont, chargé d'entretenir la communication d'Orchies à Lille par Landas et Belleporte, s'emparait de Rumegies et s'y maintenait. Ainsi cette gauche occupait la ligne de Belleporte à Vicogne.

Cependant le général Hédouville éprouvait les plus grandes difficultés dans son attaque sur Raimes, et le général Desponches faisait de vains efforts pour joindre sa droite à la gauche de ce général. Afin de remplir l'intervalle entre ces deux divisions, le général Dampierre y envoya quelques bataillons et des chasseurs qui gagnèrent d'abord un peu de terrain, puis firent un mouvement rétrograde; mais, renforcés par deux autres ba

taillons, ils remarchèrent à l'ennemi, et emportèrent trois portes défendues par les Hongrois. Huit bataillons et deux cents chasseurs se disposaient alors à attaquer une grosse redoute qui couvrait Raimes, lorsque le général Dampierre, qui avait renouvelé plusieurs fois ses attaques pour forcer les abattis, ayant été blessé mortellement à la dernière par un boulet de canon qui lui emporta la cuisse, on fut obligé de le transporter à Valenciennes, où il mourut le lendemain.

Alors le général Lamarche, qui prit le commandement de l'armée, jugeant inutile de prolonger le combat, ordonna la retraite. Trois bataillons de volontaires qui étaient engagés en ce moment dans le village de Raimes, en traversant une plaine découverte sous le feu de l'ennemi, s'étant débandés, il suffit au général Illers de leur crier : Soldats, à vos rangs! ils se reformèrent sur-le-champ et continuèrent leur retraite au pas de route. En même temps trois bataillons, malgré le feu de plusieurs batteries formidables qui venaient d'être démasquées dans des bois, se retiraient lentement et en bon ordre toute cette partie de l'armée marcha sur Valenciennes.

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Le 9, dès le matin, le général Chaumont se porta sur Maulde, le général Béru en avant du camp de Marlis, où il causa quelques pertes aux ennemis, et le général Lamarlière à l'abbaye de Vicogne, où il faisait de nouvelles dispositions lorsqu'il reçut l'ordre de faire sa retraite; elle s'exécuta sur Douai, et par Orchies sur Lille. Le même jour les Anglais et les Hollandais reprirent leurs positions de Tournay.

Après tant d'efforts réitérés sans succès, les Français durent se borner à maintenir leur ligne de defense pour mettre Valenciennes à couvert d'un siége, et se tenir en mesure de secourir Condé. Mais le 23 ils furent attaqués sur tous les points, depuis Orchies jusqu'à Maubeuge. Le 24, après un combat trèsopiniâtre, le camp d'Anzin près de Valenciennes, qui était déjà tourné, fut perdu, et en même temps l'abbaye d'Hasnon forcée par un corps de troupes prussiennes; dès-lors Valenciennes se trouva investi, et les ennemis, maîtres des hauteurs d'Anzin,

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jetèrent des bombes dans la citadelle. Le 26, le faubourg de Marlier, à Valenciennes, fut enlevé par les Autrichiens, et incendié. Le 27, le général Custine qui avait quitté l'armée du Rhin, prit le commandement de celle du Nord dans un moment bien critique, puisque de Dunkerque à Givet toute la frontière était menacée ; partout les ennemis étaient en forces supérieures, et dans ces circonstances, l'état des choses dans l'intérieur de la France obligeait encore à retirer des troupes des armées, pour les porter où l'on apercevait des dangers encore plus pressans. La direction du pouvoir girondin avait réduit la France à cette extrémité, et au moment même où la situation paraissait désespérée, il la compliquait, dans son intérêt personnel, par des intrigues et des désordres auxquels mit fin l'insurrection du 31 mai.

Armée du Rhin. L'armée française du Rhin occupait toujours sa position derrière la Lauter.

A l'époque du 15 mai, le général Wurmser, à la tête de trente mille hommes, avait établi son quartier-général à Spire. Son armée occupait tout le pays qui borde la Queich de Landau à Germersheim. Elle occupait aussi Zeiskam, l'abbaye de Haimback, avec un petit camp à Weingarten, et des avant-postes à Hert, Rilsheim et Herxheim, villages peu éloignés de Landau. Les Autrichiens avaient aussi sur la droite du Rhin deux petits camps de trois à quatre mille hommes chacun, l'un à Carlsruche, l'autre à Solingen, un peu au-dessus du fort Louis.

La gauche de l'armée prussienne commençait à Bornheim, en avant de Landau, et s'étendait le long des montagnes jusqu'à Neustadt, où était le quartier général; elle occupait aussi le revers des Vosges par Kaiseriautem, Landsthal, et le duché des Deux-Ponts, que les Français venaient d'évacuer en se portant entre Deux-Ponts et Bitche. Les Prussiens occupaient encore par leurs avant-postes la vallée de la Queich, de Siebellingen, au-dessus de Landau à Weidenthal. Le corps des émigrés aux ordres du prince de Condé, remplissait l'intervalle entre les troupes prussiennes et autrichiennes.

Le général Custine venait alors d'être nommé au commandement en chef de l'armée du Nord. Avant de quitter celle du Rhin, il voulut signaler son départ par une action générale sur toute la ligne, depuis le Rhin jusqu'au camp de Hornbach, occupé par l'armée de la Moselle forte d'environ quatorze mille hommes.

Dans la soirée du 16 mai, le général Houchard, avec la majeure partie de ses forces, commença son mouvement en se portant vers la gauche. Le 17, les troupes légères repoussèrent l'avant-garde des Prussiens, qui se retirèrent des hauteurs en arrière de Limbach sur Mittet-Bischbach, d'où ils furent encore repoussés; les Français s'emparèrent ensuite des hauteurs qui dominent les villages d'Ober-Bischbach et d'Altstadt, qui se trouvaient appuyés par des retranchemens, et ils marchèrent sur Hombourg, dont ils s'emparèrent pour la seconde fois. Dèslors tous les Prussiens se retirèrent sur Landstha!.

Pendant l'expédition du général Houchard, le général Pulli, avec le reste de l'armée de la Moselle, devait faire une fausse attaque sur Pirmasens, afin de tenir les Prussiens en échec ou de les débusquer de cette position, et de marcher sur Weidenthal. On ne sait pour quelle raison le général Pulli resta dans l'inaction, et n'exécuta pas les ordres qu'il avait reçus.

A l'armée du Rhin, le général Custine avait fait ses dispositions pour enlever un corps de sept à huit mille Autrichiens, qui s'étendait de Herxheim à Rhinzabern; il avait placé en conséquence les généraux Hatri et Viennot sur les hauteurs de Barbelroth et de Minfelden, avec six bataillons; au moment où la droite et le centre attaqueraient droit devant eux, le général Chamborthac avec la garnison du fort Louis devait observer l'ennemi sur la droite du Rhin, et se mettre en mesure de soutenir la retraite de la droite, en cas d'échec. Le général Ferrière devait sortir de son camp de Canterbourg pour attaquer de front le poste de Rhinzabern.

Le 17, l'avant-garde commandée par le général Landremont se forma en avant d'Impflingen, ayant sa gauche vers Landau; il marcha en avant se dirigeant sur Knittelsheim. A son approche,

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