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comme le juge naturel des causes de la discipline et même de la foi; il obligeait les évêques à signer, sous peine de bannissement, des formules de sa façon 1; et cela au nom de l'obéissance commandée par l'Apôtre envers les autorités constituées *.

Ces prétentions du pouvoir civil renversaient par la base toute l'économie de l'union des deux pouvoirs. La suprématie de l'Etat sur l'Eglise s'affirmait hautement et la liberté religieuse proclamée par le Christ était étouffée sous la pression du césarisme. Hélas! ce bouleversement des idées s'était opéré par la flatterie de quelques évêques ariens, qui, rejetés de l'Eglise par la juste sévérité des pontifes romains, avaient sacrifié les droits de Dieu, et, enfants rebelles, s'étaient vengés de leur condamnation en forgeant à l'Eglise des chaînes qui, malheureusement, ne devaient être brisées qu'après plusieurs siècles de luttes et de souffrances.

Sans nier jamais le bienfait de l'alliance entre le sacerdoce et l'empire, inaugurée par Constantin, les représentants autorisés de la cause catholique ne cessèrent de rappeler aux Césars que cet accord n'avait qu'un but: la liberté de l'Eglise, et non pas son asservissement au pouvoir civil « Vos soucis et vos veilles, écrivait le grand Hilaire de Poitiers à Constance, au nom de tous ses collègues3, tendant à procurer à tous vos sujets la liberté

Lucif. Calarit. De non pariendo in Deum delinquintibat loc. cit. col. 950 S. Athan, Hist. Arian no 33. At quod ego volo, id pro canone, inquit, habeatur ; me ita loquentem Syri episcopi tolerant. Aut igitur obtemperate, aut extorres futuri estis.

2 Lucif. Calarit. loc. cit. col. 1002. De non parcendo in Deum, etc.: Contra nostras justissimas allegationes videns te veritate superatum, dicere es ausus; Sacræ scripturæ præcipiunt regibus et omnibus degentibus in sublimitate debere te esse subditun et audis talis et talis mihi ingerere Lucifer

3 Mansi Concil, III, 241. Patrol lat X, 558 « Excubatis etiam et vigilatis, ut omnes quibus imperatis dulcissima libertate potiantur... Certe vox exclamantium a tua mansuetudine exaudiri debet. Catholicus sum, nolo esse hæreticus; et melius mihi, in hoc sæculo mori quam alicujus privati potentia dominante. Castam veritatis virginitatem corrumpere.

qui leur est la plus chère. Votre mansuétude ne peut donc manquer de prêter une oreille favorable à la voix de tant de suppliants qui vous crient: Je suis catholique, je ne veux pas être hérétique; et mieux vaut pour moi mourir que de corrompre la chaste virginité DE LA VÉRITÉ, en l'assujettissant à la domination d'un homme quelconque. »

Lorsque saint Hilaire écrivait ces lignes d'une extrême modération, il espérait encore ramener Constance dans la voie de la justice et de la vérité. Mais lorsque, après quatre ans d'exil, il eut vu de près, en Orient, les déplorables effets des usurpations sacrilèges de ce prince sur la liberté de l'Eglise, il sentit qu'il était temps de faire entendre un langage plus énergique.

Il adressa alors au tyran cette fameuse protestation, qui a si souvent servi de modèle aux défenseurs des droits sacrés de l'Eglise :

« Il est temps de parler, s'écriait-il', car le temps de se taire est passé! Qu'on attende le Christ, puisque l'Antechrist triomphe; que les pasteurs jettent le cri d'alarme, puisque les mercenaires ont fui. Allons au devant du martyre par la liberté de notre langage, car l'ange de Satan s'est transfiguré en ange de lumière... Se laire désormais, serait signe de timidité et non preuve de modestie, car il n'est pas moins dangereux de se taire toujours que de parler toujours. Tous les frères, comme tous ceux qui me connaissent, savent quelle fut la modération de ma conduite dans le passé... Que ne m'a-t-il été donné de confesser votre nom, ô mon

Equumque debet videri sanctitati tuæ gloriosissime Auguste, ut qui timent Dominum Deum,.. habeant potestatem ut eos sequantur episcopos et præpositos, qui et inviolata conservant foedera charitatis et cupiant perpetuam et sinceram habere pacem. Nec fieri potest, nec ratio. patitur, ut repugnantia congruant dissimilia conglutinentur, vera et falsa misceantur, lux et tenebræ confundantur dies quoque et nox hàbeant aliquam conjunctionem. »

1 Hilar., Liber contra Constantíum, 1, 4, 5, 7.

Dieu, dans les temps de Dèce et de Néron!... Mais aujourd'hui, c'est contre un persécuteur hypocrite, contre un ennemi caressant, contre Constance l'Antechrist que nous avons à lutter. Il ne proscrit pas pour la mort, il enrichit pour la vie. Il ne plonge pas dans les cachots qui procurent la vraie liberté; il prodigue dans son palais les honneurs qui rendent esclaves... Oui, Constance, je te le dis hautement, car j'aurais tenu le même langage à Néron, à Dèce, à Maximien: Tu combats contre Dieu, tu sèvis contre l'Eglise, tu détruis la religion, tu es un tyran, je ne dis pas au point de vue. humain, mais au point de vue divin, et tu as cela de commun avec les empereurs que je viens de nommer... Tu livres les prêtres du Seigneur à une surveillance soupçonneuse, tu fais servir ton armée à répandre la terreur dans l'Eglise... et tu ne laisses même pas à tes victimes la gloire de pouvoir présenter au Souverain Juge les cicatrices de leurs corps labourés par les lanières des boureaux... Tu invites les prêtres à tes festins, et tu en sors, comme Judas, pour trahir le Christ. » De son côté l'énergique évêque de Cagliari, en Sardaigne, ami de saint Athanase, écrivait : 2

« Si parce que tu es empereur, le faisant l'un de nous (évêques) tu prétends nous contraindre d'abandonner Dieu, est-ce qu'il faudra t'obéir? » Et ailleurs :

3

<<< Tu as osé tenter, tu veux commander en maître au

1 Saint Athanase (Hist. Arian. ad monachos, 63, 67, 77), et Lucifer de Cagl. (Pro Athanasio, moriendem esse pro Filio Det, passim et col. 1940, loc. cit.) se servent de la même expression.

Lucifer: De nonparcendo P. L. XIII 1003 Caeterum si sic quia imperator sis, fingens te unum e nobis, cogas nos Deum derelinquere, numquid adquiescendum tibi erit ? »>

3 Id. ibid., Prot sancto Athanasio 1 col. 864 « Ausus fuisti tentare, dominari velle Dei populo, subjugare velle Ecclesiam Dei regno tuo, divinam majestatem illius tantum metuentem tuo futili regno; et hoc quidem fecisti,quia nesciens sic scriptum esse de vobis tyrannis: Propter indisciplinatæ animæ erraverunt: dum enim persuasum habent iniqui posse dominari nationi sanctorum (Sap. XVII, 1.)

peuple de Dieu, tu veux soumettre l'Eglise de Dieu à ton empire, la majesté divine à ta puissance éphémère, oubliant qu'il est écrit des tyrans comme toi : Les esprits sans frein se sont jetés dans le gouffre de l'erreur s'imaginant, ces impies qu'ils pourraient imposer leur joug à la nation des saints (Pap. xvii, 1). »

Après la mort de Constance, il y eut un moment de soulagement, de joie même, dans les consciences catholiques. L'astucieux Julien se posa d'abord comme le partisan et le protecteur déclaré de la liberté de conscience. Mais comme les sectaires modernes, sous le nom de libertés, il cachait la plus perfide des tyrannies. Il rappela, il est vrai1, de l'exil les vaillants confesseurs de la foi catholique; mais ce fut pour les mettre bientôt aux prises avec les évêques intrus et hérétiques, qu'il maintint sur leurs sièges et qu'il couvrit de sa protection. Jeter la division dans le camp des chrétiens afin de paralyser le zèle des catholiques; contrecarrer de toute manière l'action civilisatrice de l'Eglise, en enchaînant sa liberté et en détruisant ses institutions salutaires, tel fut le programme de sa politique religieuse. Les moyens qu'il employa, avec une persistance opportuniste, digne de nos agitateurs modernes, sont si curieux et si semblables à ceux dont nous sommes victimes que je ne puis résister au plaisir de les faire connaître.

A la place des institutions catholiques en vertu de son décret du 29 juillet et autres, il tenta d'en créer d'analogues, au service de sa haine contre la religion chrétienne. Il nous a fait connaître ses plans de réforme sociale et religieuse, dans une lettre à son ami Arsacius, archiflamine de la Galatie; Sozomène, qui nous en a conservé le texte, en a fait en même temps un résumé que je me contenterai de traduire aussi fidèlement que

'Tellemont, Hist. eccl. VII, 327-829- Theodoret, Hist. eccl. III, 4-S. Gregor. Naz., Orat. I contra Julianum 101-102.

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L'IMPOT DU REVENU ET LES LOIS SOCIALES

En attendant lo vote du budget, lequel paraît devoir : Canty avec moins de célérité qu'on avait supposé d'abord it tout dans la discussion de ce buiget prendre ce qu punt de a prvissent instruire les catholiques et servir p **** # mot tole usité aujourd'hui à leurs red

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