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des grandes artères fluviales de l'Afrique équatoriale. Messieurs, je porte la santé de MM. Marche et Dupuis. (Vifs applaudissements.)

M. Frédéric Hennequin , président et délégué de la Société de topographie, a porté à son tour le toast suivant :

Messieurs, je viens, avec M. Drapeyron, au nom de la Société de topographie, m’associer aux paroles élevées qui ont été prononcées en faveur des sciences géographiques, et particulièrement de la géographie commerciale.

Permettez-moi de rendre hommage d'une manière toute spéciale à MM. Meurand et le marquis de Croizier, organisateurs du présent Congrès, à M. Germain, de l'Institut, à M. Weill, le délégué de la jeunesse française, à MM. Eugène et Richard Cortambert, qui ont appris aux Français à aimer la géographie ! (Applaudissements.)

D'autres toasts, également très applaudis, ont été portés dans cette soirée par MM. CORDEIRO, DE MOSENTHAL, APPLETON, Georges Renaud, WEILL, Aristide Marre, et par M. Gauthiot, président de la première Section de la Société de géographie commerciale de Paris, qui a remercié, dans une improvisation accueillie par des marques unanimes d'approbation, les vice-présidents et les secrétaires des Sections auprès desquels, pendant la durée du Congrès, le Commissariat général a trouvé le concours le plus soutenu et le plus efficace.

ANNEXE NO 2.

RAPPORT

SUR LA DÉCOUVERTE DE DIAMANTS, PRÈS DE LA RIVIERE ORANGE ".

ADRESSÉ PAR M. HÉRITTE,
CONSUL DE PRANCE AU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE,

À M. LE MARQUIS DE MOUSTIER,
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

Ville du Cap, le 6 mai 1867. Monsieur le Ministre, Par ma dépêche du 19 avril dernier, précédant de quelques minutes seulement le départ de la malle, j'ai annoncé sommairement à Votre Excellence que l'on venait de découvrir des diamants dans la colonie du cap de Bonne-Espérance. Je m'empresse de vous adresser des détails plus complets au sujet de cet événement.

Un individu parcourant certaines parties de la rivière Orange, vers le milieu de la frontière nord de la colonie, a remarqué quelques pierres assez brillantes, assez diaphanes et d'un aspect particulier. Il a pris ces pierres en passant, mais n'y attachant aucune importance, il les a données pour jouer aux enfants d'un fermier.

Le propriétaire de la ferme, homme d'une éducation plus relevée, vint, à quelque temps de là, et vit une de ces pierres entre les mains d'un enfant. Il la prit comme un objet assez curieux et, de retour dans sa localité, la montra à plusieurs personnes. On soupçonna alors qu'elle pouvait être une gemme fine, peut-être même un diamant, et on l'envoya au Gouvernement colonial pour y être examinée.

Le Gouvernement convoqua, à cet effet, à la secrétairerie coloniale, une réunion nombreuse composée de membres du Conseil exécutif, de membres du Parlement, de journalistes ainsi que de personnes de professions spéciales. Les avis se partagèrent sur la nature de la pierre; et, en effet, personne dans la colonie du Cap ne serait en mesure d'apprécier et de connaitre exactement les minéraux à l'état naturel.

Le Gouvernement, sachant que je m'occupais tout spécialement de cette partie de la science minéralogique, que j'avais une grande collection de gemmes précieuses et que j'avais fait des travaux sur la matière, m'avait fait prier, par le secrétaire colonial, d'être présent à la réunion.

Comme je l'ai dit à Votre Excellence, à première vue et sans même avoir touché la pierre, je n'ai eu aucun doute sur sa nature qui est bien celle du diamant et encore

(1) M. le chevalier de Mosenthal, délégué de la République d'Orange au Congrès international de Géographie commerciale, ayant, à la séance d'ouverture, rappelé les circonstances relatives à la découverte des diamants du Cap et la part que le consul de France à cette résidence y avait prise, on a pensé que la relation transmise par cet agent au moment même de la découverte, el qui confirme, d'ailleurs, les faits rappelés par M. le chevalier de Mosenthal, serait lue avec intérêt.

d'un diamant appartenant à la plus belle et à la plus rare catégorie des diamants bruls, celle qui se présente dans un état diaphane, avec plus ou moins de facettes brillantes, une forme et une cristallisation très nelles, très accusées; sa teinte est légèrement jaunâtre. Il est du poids de 20 carats.

Un article très élogieux a été publié dans le principal journal de la colonie, l’Argus, au sujet de l'avis prépondérant que des circonstances particulières m'ont mis à même de donner à l'occasion de cette découverte.

L'Administration n'ayant pas, d'ailleurs, les fonds nécessaires pour faire procéder elle-même à des recherches, les a laissées à l'initiative privée, et un assez grand nombre de personnes sont parties pour le lieu présumé des gisements diamantifères.

Quant aux autres pierres qui avaient été trouvées en même temps que celle qui a été transmise ici, elles ont été perdues par les enfants aux mains desquels on les avait laissées et l'on s'occupe de les retrouver; c'est ce qui résulte de communications officielles dont j'ai eu connaissance.

Depuis que la nouvelle de cette découverte inattendue s'est propagée, de nombreuses quantités de pierres ont été transmises de la rivière Orange à la secrétairerie coloniale pour y être examinées. Le Gouvernement m'a encore appelé à les apprécier, mais j'ai reconnu qu'elles étaient toutes des fragments de quartz ou de petits cailloux ronds quartzeux et vitreux dont plusieurs cependant sont, pour le connaisseur, d'une nalure attestant la présence du diamant. Le Gouvernement a fait publier un avis touchant le résultat de cette constatation faite par mes soins.

Les choses en sont là aujourd'hui, et il est vraisemblable qu'avant peu de temps la colonie du Cap sera en possession d'une nouvelle et très importante source de richesse. Ce sera vraiment providentiel pour elle, car elle est actuellement dans une situation des plus difficiles et l'avenir ne s'annonçait guère sous un aspect plus favorable.

Selon moi, le relèvement de la colonie lui viendra, comme il est advenu pour l'Australie, essentiellement de ses richesses naturelles métalliques ou minérales, que recèlent, à n'en pas douter, les principales chaines de montagnes de l'Afrique du Sud. Ces montagnes renferment de l'or, du cuivre, du ser, du plornb argentisère, de l'émeri, da mercure. On a trouvé et on continue encore à découvrir de ces mélaux dans diverses circonscriptions et aujourd'hui la présence du diamant commence à s'y manifester.

Ce qui manque malheureusement à la colonie du Cap, une fois qu'on est sorti des zones les plus habitées et à mesure qu'on s'avance dans le Nord, ce sont les voies et les facilités de communication. C'est littéralement à travers champs, c'est-à-dire à travers d'immenses plaines buissonneuses et sablonneuses que l'on doit cheminer à l'aide de lourds chariots tirés par douze ou seize bæufs. Ces voyages sont fort longs, très fatigants et très dispendieux. Il en résulte que de grandes étendues de territoire appartenant même à la colonie, dans le voisinage de la rivière Orange, principalement entre la partie moyenne de celte rivière et la côte de l'Ouest, sont très peu connues. Elles ne sont fréquentées que par des tribus indigènes vivant à l'état sauvage. La rivière Orange a été cependant signalée par certains voyageurs qui l'ont visitée comme très riche en pierres d'une grande beauté et qui pourraient constituer une branche importante d'exportation, mais ces gisements restent inexploités. Que de richesses en ce genre renferment évidemment les autres parties reculées et encore si peu connues de l'Afrique australe et que l'avenir mettra nécessairement en lumière, au grand profit de ces contrées et du commerce international ! Veuillez agréer, etc.

HÉRITTE.

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TABLE DES MATIÈRES.

Pages.

ARRÊTÉ DU MixistRE DE L'AGRICULTURE ET DU COMMERCE AUTORISANT LE Congrès.....

1

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63

Séance D'INAUGURATION, LE LUNDI 23 SEPTEMBRE 1878.....

SOMMAIBE. Discours de M. Teisserenc de Bort, ministre de l'agriculture et du commerce, président d'honneur. Discours de M. Meurand, président du Congrès. – Exposé de l'organisation du Congrès par M. le marquis de Croizier, commissaire général du Congrès. Discours et communications de membres délégués des Gouvernements élrangers et des Sociétés savantes françaises et étrangères : MM. F. de Lesseps, président du Comité français de l'Association internationale africaine; da Silva Mendès-Léal, ministre de Portugal; Torrès Caïcedo, ministre de la République de Salvador; E. de Ville, délégué de la Belgique; D' G. Nachtigal, de la Société de géographie de Berlin; Brunialti, de la Société géographique italienne de Rome; V. Appleton, de la Société de géographie de New-York; Boissevain, de la Société de géographie d'Amsterdam; Ferdinand Denis, de l'Institut historique, géographique et ethnographique du Brésil; Bouthillier de Beaumont, de la Société de géographie de Genève; de Mosenthal, consul général de la République d'Orange; le comte Telfener, de la Société géographique italienne de Rome; le comte Meyners d'Estrey, de l'Institut royal des Indes néerlandaises; Cordeiro, de la Société géographique de Lisbonne; le D' Delgeur, délégué de la Société de géographie d'Anvers; Léon Feer, de la Société académique indo-chinoise de Paris; A. Marre, de l'Académie de Catane; Germain, de la Société languedocienne de géographie de Montpellier; Schrader père, de la Société de géographie de Bordeaux; Leroyer, de l'Association polytechnique; Drapeyron, de la Société de topographie; Weill, de l'Union française de la jeunesse ; Edmond Douay, de la Société des gens de lettres; le viceamiral baron de la Roncière Le Noury, président de la Société de géographie de France.

N° 28.

18

Pages.

95

SÉANCE DU MARDI 24 SEPTEMBRE 1878....
SOMMAIRE.

Ouverture de la séance : discours de MM. E. Corlambert, vice-président du Congrès, et da Silva Mendès-Léal, ministre plénipotentiaire de Portugal.

Travaux des Sections. Cinquième Section : QUESTIONS GÉNÉRALES. Procèsverbal de la séance du 24 septembre 1878 : M. Beauvisage, rapporteur. Discussion de deux veux relatifs à l'INSTALLATION DE MUSÉES et aux RAPPORTS À ÉTABLIR POUR CET OBJET ENTRE LES Sociétés DE GÉOGRAPHIE COMMERCIALE : MM. le Di Brunialti, Cortambert, de Goy, Bouthillier de Beaumont, Gros, Poehintesta, le comte Telfener, Hertz, Merritt, Pimpeterre; renvoi de la question aux deuxième et cinquième Sections réunies. — Quatrième Section : Enseignement. Procès-verbal de la séance du 24 septembre 1878: M. E. Weill, rapporteur. Discussion de deux veux tendant à la CRÉATION D'UNE CHAIRE DE GÉOGRAPHIE COMMERCIALE AU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS et à l'EncouraGEMENT DES VOYAGES D'ÉTUDE : MM. de Goy, Weill; adoption du premier de ces deux veux. Deuxième Section : PRODUITS NATURELS ET MANUPACTURÉS. Procès-verbal de la séance du 24 septembre 1878 : M. F. Deloncle. Première Section : EXPLORATIONS ET VOIES COMMERCIALES. Compte rendu sommaire de la séance du 24 septembre 1878: M. Gauthiot, vice-président permanent de la première Section. PROJET DE PÊCHERIES ARCTIQUES, par M. G. Bousquet. Discours de M. Merritt, délégué de la Société de géographie de Lyon : observations de M. Cortambert. - Proposition de MM. le professeur Pequito et Luciano Cordeiro, délégués de la Société de géograpbie de Lisbonne: observations de M. Merritt et renvoi à la quatrième Section. — Lecture de la correspondance adressée au Congrès et fixation de l'ordre du jour des réunions du 25 septembre 1878 : M. le marquis de Croizier.

115

· SÉANCE DU MERCREDI 25 SEPTEMBRE 1878.... SOMMAIRE.

Ouverture de la séance : allocutions de MM. da Silva Mendes-Léal,
délégué du Portugal, et Cesare Correnti, délégué de l'Ilalie. Travaux des
Sections. Première Section : EXPLORATIONS ET VOIES COMMERCIALES. Procès-verbaux
des séances des 24 et 25 septembre 1878 : M. Serph, rapporteur; observations de
M. le général Türr. Adoption d'un veu demandant la Réunion du Comité INTER-
NATIONAL POUR L'EXAMEN DES ÉTUDES FAITES AU SUJET DU CANAL INTEROCÉANIQUE DE L’ISTAME
AMÉRICAIN; M. de Ville. Deuxième et cinquième Sections réunies : PRODUITS NATU-
RELS ET MANUFACTURÉS ET QUESTIONS GÉNÉRALES. Procès-verbal de la séance du 35 sep-
tembre 1878 : M. Beauvisage, rapporteur. Discussion el adoption d'un væu sur l’AIDE
À DONNER PAR LES GOUVERNEMENTS POUR LA DIFFUSION DU QUESTIONNAIRE ADOPTÉ PAR LE
Congrès : MM. le Président, de Ville, Brunialti, da Silva Mendès-Léal, Merritt, de
Goy. Adoption de deux veux relatifs à l'InstaLLATION DE Musées et aux RAPPORTS À
ÉTABLIR DANS CE BUT ENTRE LES Sociétés DE GÉOGRAPHIE COMMERCIALE. Troisième Sec-
tion : ÉMIGRATION ET COLONisation. Procès-verbal de la séance du 25 septembre 1878 :
M. H. Capitaine, rapporteur. Discussion d'un veu relatif aux ConditionS DE COLONI-
sation et des propositions de MM. Brunialli et Merritt, en vue de la CRÉATION DE
COMITÉS DE PROTECTION POUR LES ÉMIGRANTS et de la SURVEILLANCE À EXERCER SUR LES
AGENCES D'ÉMIGRATION : MM. H. Capitaine, Brunialti, Hertz, da Silva Mendės-Léal,
Merritt, Coudereau, de Goy, John Le Long; renvoi à la troisième Section.
Quatrième Section : Enseignement. Procès-verbal de la séance du 25 septembre 1878:
M. E. Weill, rapporteur. Renvoi, à la quatrième Section, d'une proposition de
M. de Goy, sur les Voyages D'ÉTUDE, et d'un veu concernant l'ENSEIGNEMENT DE LA

Lecture de l'ordre du jour des réunions du 26 septembre 1878 :
M. le marquis de Croizier.

TOPOGRAPHIE.

137

SÉANCE DU JEUDI 26 SEPTEMBRE 1878....
SOMMAIRE.

Ouverture de la séance : allocution de M. de Ville, délégué de la
Belgique. Ouvrages et travaux offerts au Congrès. Proposition de réunir å
Bruxelles un DEUXIÈME CONGRÈS DE GÉOGRAPHIE COMMERCIALE : discours de MM. Barbosa

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