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le Gouvernement français pour prendre part, concurremment avec les commissaires britanniques, aux prochaines négociations concernant le Niger, j'ai l'honneur de vous informer que je viens de recevoir du Principal Secrétaire d'État des Allaires étrangères de Sa Majesté des instructions télégraphiques m’invitant à notifier au Gouvernement de la République que M. Howard et sir Augustus Hemming, les deux commissaires choisis par le Gouvernement de Sa Majesté, seront prêts à se réunir, avec les commissaires français, samedi prochain, si cette date était jugée convenable.

M. Howard agira en vertu de sa commission déjà existante, sur la nature de laquelle j'ai eu l'honneur de donner des informations au prédécesseur de Votre Excellence, le 28 février dernier, commission qui lui donne pouvoir de discuter toutes questions relatives aux territoires situés dans le voisinage du Niger.

Sir Augustus Hemming recevra une commission semblable et les deux commissaires britanniques seront ainsi mis en mesure de discuter toutes les questions pendantes, relatives à l’une et à l'autre rive du Niger. Le Gouvernement de Sa Majesté espère que les commissions délivrées aux commissaires français auront la même étendue.

N° 6.

M. BERTHELOT, Ministre des Affaires étrangères,

au Marquis de DUFFERIN ET Ava, Ambassadeur d'Angleterre à Paris.

Paris, le 7 février 1896. Par une lettre en date du 5 de ce mois, Votre Excellence a bien voulu m’informer que les commissaires britanniques désignés pour suivre les négociations relatives au Niger seraient prêts à se réunir aux commissaires français le samedi 8 février.

Votre Excellence m'annonce en même temps que les représentants de son Gouvernement ont reçu des pouvoirs suffisants pour discuter toutes les questions qui concernent l'une et l'autre rive du fleuve, et elle m'exprime le désir que

les commissaires français soient munis de pouvoirs identiques.

Ces dispositions devant avoir pour effet d'étendre, dans une certaine mesure, l'objet des pourparlers prévus par l'article 5 de la déclaration du 15 janvier 1896, j'ai dû saisir de votre communication le Ministre des Colonies, en le priant de me faire connaitre d'urgence son sentiment à ce sujet.

J'espère être incessamment en mesure de faire part à Votre Excellence de la décision qui aura été arrêtée après entente avec mon Département et celui des Colonies.

Rien ne me parait d'ailleurs s'opposer à ce qu’un premier échange de vues ait lieu, dès samedi, comme vous me l'aviez proposé, entre les commissaires, dans les conditions qu'ils jugeront convenables. Les deux délégués du Gouvernement français se tiendront, si Votre Excellence n'y voit pas d'objection, à la disposition de leurs collègues anglais au Ministère des Affaires étrangères à 2 heures de l'après-midi.

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Le Marquis de DUFFERIN ET Ava, Ambassadeur d'Angleterre à Paris,

à M. BERTHELOT, Ministre des Affaires étrangères.

Paris, February 29 1896.

With reference to my note of the 1s instant I have the honour to inform Your Excellency that, in consequence of Sir A. Hemming being obliged to leave without further delay to take up his post as governor of British Guiana, it is necessary that he should be replaced by another official in his present capacity as one of the British Commissioners under the agreements of the 5st of August 1890 and the 15th ultimo, and that colonel Everett, who is at present assisting the commissioners in Paris, bas been selected for the post.

Colonel Everett will receive a commission in all respects similar to those held by the

present British Commissioners and it will be forwarded as soon as possible.

DUFFERIN AND AVA.

TRADUCTION.

Paris, le 29 février 1896.

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En me référant à ma note du 1 er courant, j'ai l'honneur d'informer Votre Excellence que, par

suite de l'obligation où se trouve sir A. Hemming de rejoindre sans retard son poste de Gouverneur de la Guyane britannique, il est nécessaire qu'il soit remplacé, par un autre agent, dans ses fonctions actuelles de l'un des commissaires Britanniques nommés en vertu des arrangements du 5 août 1890 et du 15 du mois dernier, et que le colonel Everett, qui est en ce moment à Paris pour y assister les commissaires, a été choisi pour ce poste.

. Le colonel Everett recevra une commission de tous points semblable à celle des commissaires britanniques actuels, et dont l'envoi sera fait aussitôt que possible.

a

N° 8.

M. Berthelot, Ministre des Affaires étrangères,

au Baron de Courcel, Ambassadeur de la République française, à
Londres.

Paris, le 7 mars 1896.
Les Commissaires francais et anglais, désignés par leurs Gouvernements respectifs
pour discuter les questions relatives à la délimitation des sphères d'influence des

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1

deux

pays dans la région du Niger, ont tenu leur première conférence le 8 février dernier.

Dans celte réunion et dans celle qui l'a suivie le 14 du même mois, les Délégués, après avoir échangé, à titre officieux, leurs vues sur l'objet et l'étendue de leur mandat, ont décidé, tout en réservant les questions de principe qui pouvaient se poser, notamment en ce qui concerne la ligne Say-Barroua et l'interprétation de la déclaration de 1890, de procéder tout d'abord à la vérification des traités sur lesquels s'appuient les revendications territoriales de chaque Puissance, dans la région à l'ouest du Niger. C'est sur ces bases

que la Commission a poursuivi, depuis lors, ses travaux.

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BERTHELOT.

N° 9.

M. HANOTAUX, Ministre des Affaires étrangères,

au Baron de Courcer, Ambassadeur de la République française,

à Londres.

Paris, le 12 décenıbre 1896.

En raison des nouvelles parvenues à mon Département relativement à certains projets d'expédition prétés à la Compagnie royale du Niger, je crois utile de préciser avec vous le point où en sont restés les travaux de la Commission mixte qui s'est réunie à Paris, au commencement de cette année, en exécution de l'article V de la déclaration du 15 janvier dernier. Comme vous avez pu le voir par la lettre de mon prédécesseur du 7 mars dernier,

, les commissaires, après un échange de vues préliminaires d'ordre général sur l'objet ainsi que sur l'étendue de leur mandat, avaient décidé de procéder, toutes réserves faites sur les autres difficultés pendantes, à l'examen des traités snr lesquels s'appuyaient les prétentions respectives des deux Puissances dans les régions situées à l'ouest du Viger. A la suite de ce travail de vérification qui ne remplit pas moins de 12 séances, les délégués anglais proposérent, dans la réunion du 27 avril, de prendre comme ligne de démarcation du côté du Niger, mais sous la condition expresse que les vues formulées

par

leur Gouvernement sur la question de la ligne Say-Barroua ne seraient pas discutées, le tracé suivant :

Partant du point d'intersection du méridien qui forme la frontière entre le Dahomey et la colonie de Lagos (o° 26' 41" E. de Paris, 2° 46' 55" E. de Greenwich) avec le

ge degré de latitude Nord, la ligne de démarcation se confondrait avec ce parallèle jusqu'à 1° E. de Paris (3° 20' 15" E. de Greenwich) pour suivre ensuite ce méridien dans la direction du Nord jusqu'à sa rencontre avec une ligne tirée directement de Say à Barroua.

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Ce tracé eût impliqué de notre part, sans compensations, des concessions importantes tant à l'Est qu'à l'Ouest du fleuve. Il eût aussi coupé toute communication de l'hinterland de notre colonie du Dahomey avec la mer par le cours inférieur du fleuve, en nous rejetant bien au-dessus des rapides de Boussa. Nos délégués firent en conséquence remarquer qu'une entente semblait ne pouvoir être obtenue que si, des deux côtés, on tenait compte non seulement des efforts et des résultats constatés par des traités avec les chefs indigènes, mais aussi des considérations supérieures qui militaient en faveur d'un partage d'influence équitable entre les deux pays.

Il convenait donc, pour répondre à ces vues, de prendre, comme limite des sphères respectives d'influence dans la boucle du Niger, le 8e parallèle depuis la frontière orientale du Dahomey jusqu'au Niger et, de là jusqu'à Say, la rive droite du fleuve.

Après une discussion de ce tracé ainsi que des propositions anglaises, nous nous sommes déclarés prêts, dans la séance du 22 mai, à accepter à titre transactionnel une ligne qui, partant du point où la frontière orientale du Dahomey coïncide avec le 89 parallèle, se dirigerait en ligne droite vers l'intersection du 4° degré de longitude Est de Greenwich (1° 40 est de Paris) et du go parallèle et suivrait ce parallèle dans la direction de l'Est jusqu'au Niger pour s'identifier ensuite jusqu'à Say avec la rive droite du fleuve. Nous reconnaissions ainsi à la Grande-Bretagne tous les territoires situés à l'Est du Niger et au sud de la ligne tirée directement de Say-Barroua.

Les Commissaires britanniques ayant déclaré ne pouvoir adhérer à cette proposition, les conférences se sont interrompues et n'ont pas été reprises depuis lors.

à

G. HANOTAUX.

N° 10.

M. HANOTAUX, Ministre des Affaires étrangères,

à M. André LEBON, Ministre des Colonies.

Paris, le 20 septembre 1897.

L'Ambassadeur d'Angleterre à Paris vient de m'exprimer, au nom de son Gouvernement, le désir de rouvrir les négociations relatives à la délimitation des possessions françaises et anglaises de la région du Bas-Niger.

J'ai proposé à sir Edmund Monson de fixer au 25 de ce mois la reprise des conférences qui, comme vous le savez, sont interrompues depuis le mois de juin 1896.

Je vous serais très obligé, en conséquence, de vouloir bien désigner le fonctionnaire à qui vous désireriez confier la mission de représenter le Ministère des colonies aux négociations dont il s'agit.

G. HANOTAUX.

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N° 11.

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M. HẠNotaux, Ministre des Affaires étrangères,

au Baron de Courcel, Ambassadeur de la République française, à

Londres.

Paris, le 4 novembre 1897.

A la suite de différents échanges de vues, qui ont eu lieu pendant le courant du mois dernier, entre l'Ambassadeur d’Angleterre et moi, il a été décidé

a

que

les travaux de la Commission du Niger, interrompus depuis le mois de mai 1896, seraient repris sans retard. En conséquence, les Délégués qui sont : pour la France, MM. René Lecomte, Premier Secrétaire d'Ambassade, Sous-Directeur adjoint à mon Département, et Binger, Directeur au Ministère des Colonies; et pour l'Angleterre, MM. Martin Gosselin, Ministre d'Angleterre à Paris, et Everett, Colonel, Assistant adjudant-général au Ministère de la Guerre britannique, se sont réunis, pour la première fois, au Ministère des Affaires étrangères, le 24 octobre. Au cours de cette séance, il a été constaté par les Commissaires que,

suivant l'entente intervenue entre sir Edmund Monson et moi, les pourparlers qui allaient s'engager entre eux ne devaient avoir qu'un caractère purement officieux; suivant la procédure déjà adoptée en 1896, il n'en serait donc pas rédigé de protocole.

Ces deux points étant réglés, la Commission a décidé, en raison des modifications qui, depuis l'interruption des conférences, avaient pu se produire dans les régions en litige, de procéder à un nouvel examen d'ensemble de la situation et des titres invoqués par chacun des deux Gouvernements à l'appui de ses revendications.

G. HANOTAUX.

N° 12.

Sir Edmund Monson, Ambassadeur d'Angleterre, à Paris,

à M. HANOTAUX, Ministre des Affaires étrangères.

Paris, December 10. 1897.

At the meeting of the Niger commissioners on the 26th ultimo, the Representatives of the French Government communicated to their British colleagues an outline of what they understood to be Your Excellency's views on certain points coming within the scope of the negotiations, which points I propose to state further on; and

I on the 27th ultimo M. Lecomte called at the Embassy and confirmed the statement made on the previous day, subject to certain assurances which Your Excellency desired to receive.

h.

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