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Et matutino sudans crispinus amore
Quantùm vix redolent dro funera.

SATYR. IV. Perse fait le portrait d'un gourmand

que

le mauvais régime a conduit au tombeau. En décrivant l'appareil des funérailles, ce Poëte dit qu'on exposa le corps

bien embaumé fur un lit de parade, & qu'on le mit ensuite à la porte étendu tout de son long dans un cercueil.

Compofitus le&o, crafisque lutatus amomix
In portam rigidos calces extendit,

Il s'est trouvé des personnes qui ont foigneusement recommandé qu'on ne les embaumât point , & qu'on les enterrât dans la plus grande fimplicité *. It est d'ailleurs cerrain qu'on n'embaumoit que ceux dont la familte ou la succession pouvoir fournir à

* Æmilius Lepidus princeps Senatis decodens præcepit filiis ut fine linieis,

fine purpurâ tibicine funus fibi facerent. Sextus Pompeius.

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cette dépense ; & toujours dans la vớe de les conserver jusqu'à ce que tout fût prêt pour les funérailles. Un sçavant Jurisconsulte qui a écrit au commencement du dernier siécle sur les coutumes des anciens au sujet des sépultures, dit qu'il ne comprend pas comment ils pouvoient préserver les corps de corruption pendant huit jours ; car les anciens , ajoute-t'il, ne

les

corps morts, puis que des personnes ont donné des signes de vie sur le bucher , lorsqu'on alloit les brûler *. Ce que j'ai dit sur la quantité de parfums & de matiéres balsamiques que les anciens, employoient , répond à la difficulté

disse quoient pas

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* Quâ verò arte dos quibus medicamentis potuerint pollinctores fine sectione corporis, integrum illud den incorruptum ad dies octo in funeffá doma affervare , mihi non fatis compertum. Nec enim solebant veteres corpora mortuorum diffecare ; cùm aliqui elati, jamque rogo impojiti, revixiffe dicantur. Gutherus, Lib. I. Cap. XV.

de Gutherus. Quant aux faits dont il parle , je ne doute point qu'ils ne soient dans l'éxacte vérité. Il en résulte que la coutume d'embaumer fouffroic quelques exceptions. Elle pouvoit n'avoir pas lieu à l'égard des pauvres. Ceux qui par indigence, ou par quelqu'autre raison, n'y ont point été soumis, ont été moins exposés aux risques qui ont excité le zèle de M. Bruhier. Il a pressenti la force de l'objection qu'on pouvoit lui faire, d'après des faits de cette nature, contre ce qu'il a allégué des coutumes des Romains. Voici, Monsieur , comment il résout la difficulté. » On ne dépofoir, » dit-il, les corps đans les tombeaux

qu'après avoir été bien certain par » leur mauvaise odeur, de leur cor

ruprion & de leur mort. Il est vrai, » ajoute immédiatement M.Bruhier, » que les éxemples des Romains. po brûlés. vivans malgré toutes les

;

précautions que prenoient ces peu

ples, est une objection à laquelle » je ne sçai pas de réponse * ». Un tel aveu , Monsieur, vous paroît-il éxiger de ma part aucune réflexion : J'ai prouvé jusqu'ici que les coutumes des différens peuples ou ne disoient rien en faveur du systême de M. Bruhier , ou démontroient le contraire de ce qu'il avoit eu dessein d'établir. Je finirai cette Lettre par l'examen des conséquences que cet Auteur a tirées des lamentations & des conclamations. Les pleurs ne sont pas

seulement des signes de douleur & de tristesse; on pleure de joye ; on verse des larmes de tendresse. Dans nos Piéces de Théâtre la reconnoissance d'un pere & de ses enfans, l'entrevûe d'une épouse & d'un mari, &c. touche, émeut , attendrit , & fait couler des

* Premier Vol. seconde Edit. pag. 47Sa

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larmes. Tout ce qui affecte l'ame senfiblement est capable d'en faire répandrė. Mais il n'est question ici que

des pleurs causés par le chagrin qu'excite la mort des personnes ausquelles on est fincérement attaché. Moyse & Aaron furent pleurés l'espace de trente jours par le peuple d'Israël. L'Egypte pleura Jacob soixante-dix jours. Abraham pleura tendrement sur le corps

de la femme Sara. Ces faits sont conçus en termes trop vagues, ils ne décident point la question. L'Evangile nous en présente un qui n'est susceptible d'aucune équivoque. JESUS-Christ étant arrivédans la maison du Chef de Synagogue,dontilressuscica la fille,y vitunc troupe confuse de gens qui pleuroient & qui jetroient de grands cris, fignes de la douleur & de l'affliction dont ils étoient pénétrés. Ces gens ne pensoient point du tout à rappeller cette fille à la vie : ils étoient bien persuadés qu'elle

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