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septembre 1793, s'était embarqué avec plusieurs bataillons anglais, à bord de l'Europe, commodore Ford, et de cinq frégates; le 19 du même mois , il s'était emparé de Jérémie, et bientôt après de la dépendance de la Grande Ance. Les blancs, les mulâtres et les nègres de ce quartier étaient alors si fatigués de l'anarchie républicaine , qu'ils se soumirent avec joie à un gouvernement qui offrait de prendre sous sa protection leurs propriétés, leurs personnes et leurs vies. Le môle St.-Nicolas, le Cap Tiburon , Jean Rabel, St.-Marc, l'Arcahaye et Léogane, tombèrent au pouvoir des Anglais, dans les trois premiers mois de l'année 1794.

Malgré les sujets de plaintes sans nombre que les colons de Saint-Domingue avaient contre les commissaires civils, et les reproches trop bien fondés qu'ils pouvaient faire aux membres de la Convention, d'avoir abandonné cette île à son malheureux sort, les Anglais ont avoué qu'ils n'ont jamais eu 2000 propriétaires blancs attachés à leurs drapeaux. Non , sans doute , parce que malgré les persécutions, ils étaient toujours Français de coeur et d'intention.

Le 30 mai de la même année, les Anglais se présentèrent devant le Port au Prince, avec quatre vaisseaux, trois frégates et cinq corvettes. Montbrun qui était si intrépide lorsqu'il s'agissait d'attaquer les blancs désarmés, leurs femmes et leurs enfans, contrefit le malade et prit des bains de lait pour ne pas être obligé dc- marcher contre les votre peau.

Anglais. Santhonax publia de grandes proclamations pour encourager les nègres à s'opposer à leur descente. Il les assembla dans la place du gouvernement avec les habitans de la ville; à la fin de sa harangue, il s'adressa aux nègres et leur dit : «Qui, » mes frères, je rougis d'être blanc, vous connais» sez mon cæur, j'ose me flatter qu'il est aussi » noir que Je ne balancerai

pas

s'il le » faut, à me retirer dans les montagnes, pour y » vivre avec vous, d'herbes et de racines. »

Malgré sa proclamation, malgré ses protestations, quelques jours après Montbrun se sauva à Acquin, où Rigaud le fit mettre en prison, et embarquer pour France, afin d'avoir le commandement en chef de la partie du sud, et Santhonax abandonna lâchement le Port au Prince pour se sauver à Jacmel.

Qu’est devenue cette grande quantité d'or qui provenait des diverses contributions, réquisitions et des caisses d'octrois d'orient et d'occident, dont il exigea d'autorité le paiement et le versement? Qu'il me soit permis de dire que

des

personnes de son escorte m'ont assuré que ce trésor l'avait suivi à Jacmel, sur trente-sept mulets. Cela est-il, ou cela n'est-il pas ? je l'ignore, je laisse à décider la question aux personnes qui sont mieux informées que moi, sur cette importante affaire.

La corvette le serein débarrassa la colonie de ce brandon de discorde; il arriva en France où il eut le bonheur d'échapper à la guillotine, châtiment trop doux pour un monstre semblable. Après

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toutes ses proscriptions iniques, qu'on ne peut comparer qu'à celles de Marius et de Scylla, le ciel, toujours impénétrable dans ses moyens, permet qu'il vive aujourd'hui dans l'affluence, tandis que

des milliers de colons qui s'étaient généreusement expatriés pour contribuer à la prospérité de leur patrie , végètent sous le même climat, et beaucoup d'entre eux mourraient de faim, si la sollicitude paternelle du gouvernement ne leur avait pas tendu une main secourable.

. Aussitôt

que les Anglais furent en possessioni du Port au Prince, du Mirbalais et des Grands-Bois, ils prirent à leur solde dix régimens noirs et mulâtres, commandés

par

des officiers blancs ; et à l'aide de quelques renforts d'Europe, ils maintinrent leurs positions pendant quatre ans. Lors de la prise du Port au Prince, les Anglais ont trouvé dans la rade un nombre considérable de bâtimens au commerce de France, chargés des plus riches producticns de la colonie et qu'ils ont estimés à 12,000,000 livres de notre monnaie. C'està Polverel d'abord et ensuite à Santhonax que le commerce est redevable de la perte de ces bâtimens, que les commissaires retenaient pour les faire contribuer de toute manière.

Le colonel Whitelocke, qui commandait alors en chef toutes les forces anglaises à St.-Domingue, ayant envoyé offrir 5,000 pounds ( 120,00 liv.) au général Lavaux pour lui livrer la ville du Port de Paix. Le général français après avoir lu tranquillement la lettre du colonel, somma l'officier anglais de lui déclarer sur son honneur, s'il avait connaissance du contenu de son message; l'officier protesta de son ignorance : cela suffit, reprit le général, autrement je vous eusse fait pendre, pour m'apporter une proposition de cette nature. Il écrivit, sur-le-champ, au colonel Whitelocke : « Monsieur, vous vous êtes efforcé de me déshonorer aux yeux de mes soldats, en me supposant assez vil, assez vénal et assez lâche

pour

trahir ma conscience, et la place qui m'a été confiée ; après un affront semblable , vous ne pouvez pas me refuser une satisfaction personnelle, je vous la demande au nom de l'honneur. Avant d'en venir à une action générale , je vous offre de nous battre en duel, à pied ou à cheval, avec les armes qu'il vous plaira, jusqu'à ce que l'un de nous deux reste sur le carreau; quoiqu'Anglais , et ennemi de mon pays, vous n'avez pas le droit de m'insulter

personnellement, et comme particulier , je demande une réparation pour l'injure que j'ai reçue de vous.)) Le colonel Whitelocke ne jugea pas à propos

d'accepter le défi.

Le gouvernement de France, malgré la confiance qu'il avait montrée à Toussaint-Louverture, ne voulut point, avec raison, laisser toute l'administration civile et militaire entre les mains d'un ambitieux qui avait servi les royalistes ,. la république, les Espagnols, et qui permettait aux Anglais de completter leurs régimens noirs dans le coeur

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( 21 ) de son armée. Le Directoire envoya le général Hédouville mettre un terme aux souffrances de cette malheureuse colonie, et tâcher d'en assurer la possession à la mère patrie.

Le général Hédouville arriva au Cap Français , au moment où le général Maitland proposait à Toussaint d'évacuer Saint-Marc, le Port au Prince, Jérémie et les autres places que les Anglais avaient en leur possession. L'arrivée d'un commissaire français, décida le général Maitland à s'adresser à lui. D'un autre côté Toussaint, apprenant qu'on avait envoyé la proposition au général Hédouville, signa, sans la participation du commissaire, la capitulation que le général Maitland lui présentait. Les termes honorables que les Anglais obtinrent, donnèrent occasion au nègre Mentor, qui était alors en France, et à plusieurs journalistes de Paris, de proclamer Toussaint, traître !

Ce général noir, à qui tout portait ombrage, fit assassiner, dans la ravine sèche, proche de St.Marc, le jeune Abraham de Lance, aide-de-camp, M. Dozzy, chef de bataillon , et un autre oflicier de l'état major du général Hédouville, qui s'en retournaient du sud au nord, après avoir engage Rigaud et les mulâtres des Cayes, à maintenir la bonn. Immédiatement après , il força le commissaire constitutionnel de la mère patrie, à se rembarquer pour l'Europe.

Après une conduite aussi arbitraire, Toussaint,

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pas

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