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70; chemises, grandes, 73; chemises, peti- les chrétiennes, qui avaient l'habitude de les (moins de 15 ans), 144; robes, grandes tonner à leur poric, soit tous les dimanches, et petites, 113; draps de lit, 56 ; pantalons, soit chaque premier dimanche du mois, ont 57; blouses, grandes et petites, 85; habits remis leurs aumônes et la liste de leurs ou redingotes restaurés, 18; couvertures de pauvres à M. le curé. Voici comment les lit, 26; jupons et camisoles, ensemble 52; aumônes se distribuent. paires de bas, 73; gilets de finette, 15; ob- Tous les pauvres présents à la messe rejets divers, environ 200. Ces secours ont été çoivent, sur le fonds général des aumônes, donnés, savoir : d 140 hommes, 243 femmes, chacun 10 centimes par dimanche. Une tren271 enfants au-dessous de 15 ans.

taine reçoivent en outre, de sources partiUn registre des secours distribués est tenu culières, tous les dimanches , de 15 à 40 régulièrement, avec le nom des indigents cent. Enfin, le premier dimanche du mois, pui les ont reçus et la date de la reinise. - 97 pauvres environ reçoivent jusqu'à 1 fr. MM. les cares, las administrateurs du bu- 50 cent. M. le curé évalue à 2,000 fr, les aureau de bienfaisance, les donateurs peuvent, mônes distribuées chaque année ; il donne aussi bien que les dames associées, prendre sans compter, dit-il; jamais le fonds n'est communication de ce registre. L'association épuisé ; Dieu y pourvoit ! a pris saint Vincent de Paul pour patron ; Cetie euvre a obtenu des résultats satiselle a beaucoup contribué à l'édification et à faisants et que chacun a pu apprécier : on Pornement d'une chapeile latérale consacrée rencontre dans les rues, les dimanches, bien à ce saint dans l'église Notre-Dame. Chaque moins de mendiants qu'autrefois; les portes année, le 19 juillet, toutes les dames de des églises, à la sortie des oflices, en sont l'association sont tenues d'assister à la messe moins encombrées. Mais il y a d'autres réqui est célébrée à cet autel. It est peu sultats, tout spirituels, dont' M. le curé est ceuvres qui, avec des ressources et des plus flatté encore, à juste titre. Beaucoup allures plus modestes, fassent autant de de ces pauvres, qui n'élaient venus dès l'abien que l'ouvroir des dames de Bar. Les berd que pour les deux sous de la messe, domes de charité adjointes au bureau de ont fini par tirer le meilleur profit de cette bienfaisance en font toutes partie.

habitude de la prière commune et des insIl y a une trentaine d'années , M. l'abbé tructions toutes paternelles du digne curé. Barry, aujourd'hui curé de la paroisse No- Des habitudes plus morales, des sentiments tre-Dame, était simple vicaire à la paroisse et une pratique plus dignes de bons ChréSaint-Etienne de la ville haute. M. Rollet, tiens ont fréquemment remplacé de mauson curé, avait l'habitude de distribuer tous vaises moeurs et une désolante indifférence. les vendredis, en allant dire sa messe, une au- Commercy. – Il existe à Commerey un mone à chacun des pauvres qui se trouvaient ouvroir de dames bienfaisantes, créé sous sur son chemin. Bientôt M. le curé eut à la direction de M. le curé de la ville. Son passer entre deux rangs d'une haie qui s'é- but est, comme celui de l'ouvroir de Bar, paississait de jour en jour : les aumônes ne de travailler en commun à confectionner des. s'arrétaient pas; mais bien peu de pauvres vêtements pour les distribuer ensuite aux qui venaient ainsi de recueillir un biexfait, pauvres. Les ressources de cet ouvroir se entraient ensuite à l'église pour entendre bornent aux souscriptions volontaires des la messe. Le digne M. Rollet en exprima un dames associées, qui sont au nombre de 60 jour le regret à son vicaire, Si M. le curé environ; quelquefois le produit d'une loteveut bien me confier ses aumônes et me rie vient ajouter à ces ressources. Les cotilaisser agir, répondit M. Barry, je crois pou- sations sont fixées par le règlement à 3 fr. ; pour lui faire espérer que ses regrets cesse- mais la plupart des associées donnent davanroni. - Faites done, et que Dieu vous favo- tage, 5, 10 et même 20 fr. Les recettes s'érise ! Le veodredi' suivant, M. le vicaire lèvent d'ordinaire de 4 à 500 fr. ; rarement, accompagnait son curé à l'église.- Mes amis, et quand la loterie est très-productive, elles dit-il aus pauvres rangés sur leur passage, alleignent 1,000 fr. Les dames associées M. le curé a eu la bonté de me confier le s'estiment alors fort heureuses, car elles soin de distribuer ses aumônes; allons tous peuvent ajouter quelques aliments aux seentendre la messe, ensuite je vous ferai la cours habituels; ce qui augmente corisidedistribution. A la messe, M. Barry ajoula rablement leur influence morale sur les fabentot les prières du matin, puis une courte milles indigentes, qu'elles se font un devoir allocution; mais en même temps, car Dieu d'aller visiter et consoler elles-mêmes. C'est avait béni l'uvre, les aumônes s'aecrois-' en 1844 que l'ouvroir des dames de Comsaient, ainsi que le nombre des personnes inercy a pris naissance; il est venu fort à qai prenaieni l'heureux vicaire pour dis- propos suppléer le bureau de bienfaisance,

ensateur de leurs charités : une quaran- qui, en raison de la modicité de ses ressourlaine de pauvres de la paroisse prenaient ces, était loin de pouvoir soulager avec art à ces distributions. Devenu curé de quelque eslicacité la population indigente de Notre-Dame, M. Barry continua son ouvre ;

la ville, it la compléta. Avec l'autorisation de Mgr Etain. Une association libre formée à l'évêque, la messe du vendredi, transférée Etain d'abord pour soulager les pauvres el an dimanche, devint messe paroissiale..Plus en diminuer le nombre, voyant ses efforts de 200 pauvres des trois paroisses de la couronnés de succès, ne tarda pas à comizle y assistent. Un grand nombre de famil- prendre que, pour donner de la durée à ces succès, il fallait, à tout prix, empêcher de chose près, comme celui de Bar-le-Duc. d'autres pauvres de surgir à la place de ceux Il y a cette différence, que l'ouvroir de Bar qu'elle faisait disparaitre; en d'autres ter- est une œuvre tout à fait indépendante du ines, qu'il fallait travailler avec la même bureau de bienfaisance, du moins jusqu'à constance à donner aux enfants une saine ces derniers temps: celui de Saint-Mihiel instruction et une bonne éducation, à leur est une annexe du bureau. De ces rapports, inspirer l'amour de l'ordre et du travail. resserrés encore par un règlement dont le L'association s'est mise à l'œuvre ; un ou- docteur Erard a présenté le projet, il résulte vroir, depuis plusieurs années organisé pour une meilleure el plus économique répartiles jeunes filles par les soins du bureau de tion des secours, 'un plus réel et plus ellibienfaisance, fut réglementé de nouveau ; la cace soulagement pour les malheureur. Enprésence des jeunes apprenties y fut en- viron 60 personnes font partie de l'ouvroir couragée ; l'exactitude de l'envoi des enfants à titre d'associées, sous la direction des 12 des deux sexès aux écoles et à la salle d'a. dames de charité adjointes au bureau de sile fut exigée des parents pour avoir droit bienfaisance. Les secours se composent aux secours; une sorte de patronage fut

d'une cotisation de 5 fr., payée par chaque exercé sur les jeunes garçons sortis des dame associée , et des dons et aumônes écoles et placés en apprentissage. Tant de qu'elles recueillent de la charité privée. Le soins, d'efforts, de sacrifices, tant de cou- bureau de bienfaisance a admis comne règle rage à remplir une tâche, noble et digne générale de n'accorder ses secours aur tasans doute, mais souvent ingrate aussi, labo- milles indigentes qu'après un séjour de 5 rieuse toujours et incessante, devaient ob- années. L'ouvroir secourt non-seulement feuir de consolants résultats. La mendicité les pauvres inscrits sur les listes du bureau, a disparu ; la santé des indigents s'est amé. mais encore tous les indigents que les daliorée; les habitudes d'ordre, de propreté, mes jugent en avoir besoin. de Iravail sont en progrès ; près de 300 en- Voici la nature des secours accordés celle jants des deux sexes fréquentent, à titre année (1850): Secours en argent pour aider à gratuit, les écoles, l'ouvroir, la salle d'a- payer les loyers, 547 fr; secours en argent aus sile; un très-petit nombre s'absentent sans malades, 162 fr. ; secours en aliments, comme excuse légitime. En résumé, les familles supplément aux bons du bureau, 182 fr. nécessiteuses, depuis le chef jusqu'au der- 50 c.; secours de combustibles, 29 fr.; $cnier des cnfants, sentent qu'une main bien- cours de sucre, pour sirops, etc., 67 fr. faisante et prolectrice est constamment len- 75 c. Total de la dépense en numéraire , due pour les soutenir, les encourager, les 985 fr. 23 c. Secours en objets de linge et relever au besoin.

d'habillement : chemises, grandes et petites Montmédy: - Depuis que la mendicité 66; blouses, 62; robes, 36; jupons, 19; taest interdite à Montmédy, on voit beaucoup misoles, 16; layettes , 12. 11 y a au moins de personnes s'empresser de porter secours 400 pauvres qui prennent part aux bienfaits aux malheureux. "En décembre 1849, une de celie association. quête à domicile a été faite par les soins de Verdun. - Au siège de l'évêché, il paraldeux habitants des plus notables. Celle quête tra naturel que la charité ait toujours été a produit d'heureux résultats. Les dames, florissante. Les établissements publics voulant aussi procurer des secours aux pau- sont plus richement dotés , et, eu égard à la vres, se sont réunies à l'hôtel de ville à population de la ville, ils sullisent aux bel'effet de nommer une présidente, une vice- soins de l'assistance. C'a donc élé à prévenir présidente et une trésorière pour distribuer la misère qu'ont dû se diriger les efforts de Jes aumônes aux pauvres les plus nécessi- la charité privée et des wuvres libres de teux. Elles se sont imposé en outre l'obli- bienfaisance. Ces dernières sont au nombre galion d'aller, tous les jeudis, travailler à de trois : la société maternelle, l'association l'hôtel de ville : les fruits de ce travail de- pour la mise en apprentissage des jeunes vront servir à acheter des vêtements aux filles pauvres, le refuge des orphelines, malheureux.

La société maternelle de Verdun a été Saint-Mihiel. - A ja suite d'une loterie fondée, en 1835, par Mmes Captrez et Catirée au profit des pauvres le 3 mars 1862, toire : le gouvernement l'a autorisée en les dames de Saint-Mihiel ayant pu juger 1848. Elle distribue aux femmes en couche combien les wuvres de bienfaisance deve- jugées dignes d'élre secourues : une layette naient plus profitables et plus faciles au complète, avec une petite couverture piquée, moyen de la centralisation des secours et en hiver, et quelquefois le berceau; une des renseignements que chacun peut appor- bonne chemise pour la mère; 500 grammes ier à la masse, afin que ces secours soient de sucre ; des fascines, \ en été, 6 en hiver. placés le mieux possible, ont conçu le pro- La société a secouru, en 1849, près de 90 jet d'une association formée entre elles, sous femmes. Ses ressources sont cependant trèsle titre d'ouvroir de bienfaisance, pour la restreintes. Elle compte 90 souscripteurs confection des vêtements et autres objets qui payent une cotisation volontaire, depuis destinés à la classe indigente. Ce projet a 3 jusqu'à 10 francs. A dater ile 1818, elle reété approuvé par M. le préfet de la Meuse coil un secours de l'Etat. Les souscripteur le 6 septembre 1843, et l'ouvroir a été déti- ont produit, en 1849, 450 fr. ; le gouverne nitivement installé le 2 décembre. L'ouvroir meni a alloué 350 fr. ; total des recelles, des James 'de Saint-Mihici frittionnc; à feu 800 fr. C'est donc grâce à une bonne gestion

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economique, et parce que les dames asso- rien changer à son organisation première. ciées confectionnent elles-mêmes les layel. Celle sanction sans réserve était bien due à tes, que la société maternelle de Verdun une cuvre qui produit tant de bien et à si peut admettre tant d'heureuses mères à ses peu de frais. Ainsi qu'on a pu le remarquer, secours. L'association pour la mise en ap- ce sont les dames qui donnent partout dans prentissage des jeunes tilles pauvres a été la Meuse, l'exemple du dévouement, qui enfondée en 1843 par Mmes Hatry et Deshor. treprennent, à peu près exclusivement, la vies.

mission glorieuse et pénible de soulager les Elle a pour objet de compléter, à l'égard misères des jeunes filles pauvres, l'éducation profes- Ces détails, extraits des Annales de la sionnelle et morale qui n'a pu être qu'ébau- charité, sont dus à M. Florentin , receveur chée à l'école, et de les soustraire aux dan- des établissements de bienfaisance à Bargers de toute nature auxquels les exposent le-Duc. 'oisiveté, la misère et la fatale incurie des Somme Il existe à Amiens une Con-: parents. Les jeunes apprenties sont choisies férence de Saint-Vincent de Paul, une Société de préférence parmi celles que leur parents des malades à domicile, une société maternégligent et envoient mendier, et dans les nelle. Une autre société, dite des demoi-, familles les plus nombreuses et les plus selles amies de l'enfance, confectionne des pauvres. Elles sont placées, en ville, chez vêtements pour les enfants des salles d'asile. : des maîtresses-ouvrières d'une réputation Les sæurs de Saint-Vincent de Paul, en irréprochable et capables d'en faire de bonnes même temps qu'elles desservent le bureau, ouvrières. Les seules professions qu'on leur de bienfaisance d'Amiens, vnt fondé dans donne sont celles de repasseuses, ouvrières cette ville un ouvroir où les jeunes filles en linge et lailleuses de robes. L'apprentis- travaillent la semaine et se rassemblent pour sage dure 2 ou 3 ans : il est alloué, par aller assister au service religieux, sous la chaque élève, soit pour frais d'apprentissage, conduite des seurs. Lorsqu'elles ont besoin soit pour son entretien , une somme de 60 fr. de vêtements, elles les confectionnent ellesL'ouvre à pour président le curé de la mêmes avec l'étoffe qu'on leur fournit, et on cathédrale; elle comprend un nombre va- va jusqu'à leur en payer la façon. La conriable de souscripteurs. Douze dames patro- currence de la charité publique et de la chanesses, choisies dans les différentes parois-rité privée produit de doubles emplois, qu'il ses, surveillent les jeunes apprenties, soit serait bien important de prévenir. Certains chez leurs maitresses, soit dans leurs fa- indigents reçoivent à la fois du bureau de, milles. Elles viennent encore en aide aux bienfaisance, des paroisses, du temple proplus méritantes , après l'apprentissage, en lestant et des sociéiés privées. La fainéantise, faisant leur possible pour leur trouver de valide en tout ou partie, parvient quelquel'occupation. L'une des dames patronnesses fois ainsi à ne manquer de rien, à recevoir remplit les fonctions de secrétaire et de tré- même avec excès sans travail, aucun, La sorière. Il n'y a d'ordinaire que trois réu- charité privée, dans le département de la nions générales par année; elles ont pour Somme , se fait surtout, l'auxiliaire des bucbjet de déterminer le nombre de jeunes reaux de bienfaisance, avec lesquels les hostilles à placer en raison des ressources réali- pices concourent pour l'assistance à domisées, d'arrêter le choix des apprenties et des cile, maitresses, de rendre des comples. La Calvados. A Caen, une Association moyence des ressources est de 1,200 à 1,300 des dames de bienfaisance, dont les ressources fr., produit d'une collecte annuelle et d'un ne sont pas bien connues, donne des secours. secours de l'Etat. Il y a, année commune, à domicile concurremment avec le bureau 26 jeunes filles placées en apprentissage. de bienfaisance. Il y existe une conférence

A la suite du choléra de 1849, la supé- de Saint-Vincent de Paul. La charité des parieure des sours du bureau de bienfaisance roisses se meut dans une sphère à part, et on de Verdun a recueilli, dans les pièces inoc- ignore absolument de quelles sommes eupées de la maison qu'elles habitent, avec elle dispose. L'association des dames de l'autorisation de la commission administra- Saint-Vincent, se rattache à un projet génétive, tout ce qu'elle a pu de jeunes orphelines. ral d'extinction de la mendicité dans la ville Pour éviter les difficultés, elle a pris l'en- et sa banlieue, conçu par M. le maire de trelien à sa charge, el a payé au bureau de · Caen, et ce magistrat municipal (M. Berbienfaisance leur pension annuelle sur le trand, doyen de la faculté des lettres), aspire. pied de 90 fr. par élève: en comprenant à relier les secours de diverses origines, dans ce cbiffre le produit du travail, évalué à concentrer toutes les forces charitables de à 15 franes. Quelques personnes généreuses la cité pour arriver à l'extinction de la menont voulu contribuer par leurs dons à une dicité par l'apaisement des besoins moraux aussi bonae cuvre, et ont pris l'engagement et malériels les plus impérieur. Il cherche de payer à la supérieure, à un taux plus ou à fonder pour les jeunes garçons qu'on moins élevé la pension de quelques orphe- trouve mendiant dans les rues, ce que réalines ; à l'aide de ces pensions, un plus lise déjà pour les jeunes filles l'associagrand nombre d'indigentes ont pu être re- tion des dames de Saint-Vincent, gesllies. Le pensionnat contient aujour- Cette dernière association, toute laïque, d'hui 50 orphelines: le gouvernement lui a ne compte encore que cinq ans d'existence, doné récemment l'existence légale , sans et réunit déja 160 membres. Elle a fondé

trois ouvroirs, et patronne 500 enfants. Ce- sez forte partie dans le régime alimentaire. lui des ouvroirs que nous avons visité re- La culture est un exercice pour les jeunes çoit 20 pensionnaires et 10 externes. Les filles. On les emploie à de gros ouvrages : élèves y sont entassés, chose triste à dire, ce sont elles qui font la lessive. Il est condans une maison et un quartier sans air. sommé par jour 50 livres de pain. La viande Le poids de l'ouvre porte tont entier sur un de boucherie coûle de 25 à 30 centimes le petit nombre de daines fondatrices, et les derni-kilogramme. On tue dans la maison ressources sont loin de répondre aux be- drux porcs et trois vaches, qui entrent dans soins. Son but est de soustraire les jeunes la consommation. On dépense pour 500 fr. filles au désordre, d la paresse, an vagabon- du bois, et du cidre pour une somme égale. dage, ainsi qu'aux mauvais exemples de la La maison vit au jour le jour. On voit tout famille. Les patronnées appartiennent aux de suite que ce n'est qu'une ébauche, mais classes les plus dénuées de la ville; on celle ébauche mérite d'être encouragée par trouve parmi elles de petites mendiantes, l'Etat et les autres pouvoirs publics. (20:de malheureuses enfants repoussées des qu'il reste beaucoup à faire, personne ne écoles, d'autres qui ne peuvena se procurer fera jamais pour la maison aulant que sa d'ouvrage, d'autres dont les pères et mères fondalrice. manquent de pain pour les nourrir. On ad- Les orphelines apprennent à lire, à écrire, met dos orphelines qui, élevées dans des à travailler, et travaillent parfaitement. Elles maisons religieuses, en sortent sans appui suivent le catéchisme de la paroisse. Leur et sans expérience. L'ouvre va plus loin : uniforme est demi-deuil les jours ordinaires, elle recueille les servantes sans emploi, et bleu le dimanche; elles sont coiffées de dont le libertinage chercherait à exploiter le calottes bleues. On en fait des femmes de déndment.

chanbre et des cuisinières; 150 ont éle L'association donne l'enseignement pro- placées jusqu'ici, vers l'age de 17 à 18 ans, fessionnel aux unes dans ses trois ouvroirs, Leur santé est excellente. en place d'autres dans des maisons d’édica- La maison pourrait être utilisée pour la tion, d'autres en apprentissage, d'autres départenient tout entier. Le présideul til dans des maisons particulières, où elles comité d'extinction de la mendicité d'Avranpeuvent gagner leur vie, mais où l'associa- ches et le sous-préfet de la ville devaient, iion ne les abandonne pas.

lors de mon passage (1852), s'affilier à la A Vire, une société de dames dite de société de Saint Vincent de Paul, afin de Saint-Vincent de Paul dispose d'environ contribuer à établir, par leur présence, une 5,000 francs. Elle compte 40 membres. La harmonie désirable, surtout dans les petites société vient de s'y établir (1851). Des seurs villes, entre les secours à domicile et les de la Miséricorde forment une autre société conférences de Saint-Vincent de Paul ont la destination est de visiter les ma- Il existe à Valognes un asile d'orphelines, lades. Les ressources de la charité privée fondé en 1840. C'est lo bureau de bienfasont si multipliées qu'on en porte le chiffre sance qui a fourni le local, lequel est trèsà 25,000 francs, et on n'évalue pas celui de beau. Les jeunes filles sont logées et nourla charité religieuse d une sonme moindre. ries à raison de 10 francs par mois. L'étaAinsi 50,000 francs sont employés au sou- blissement a reçu du ministère une subvenJagement des classes souffrantes, pour une tion de 500 francs, il y a deux ans. Il repopulation qui n'excède guère 7,000 ames. clamait un secours de la même sonume pour Avec ces 50,000 francs, on pourrait non- l'année 1852. Le chiffre des enfants est die seulement assister tous les pauvres, mais 34, comme à Avranches. Dix personnes amortir le paupérisme. Pour cela, il faudrait payent la modique pension de 120 fr. pour établir entre les secours un lien commun. les 34 jeunes filles. Celles-ci reçoivent l'éMais à commencer par ceux du bureau de ducation primaire et professionnelle. On les bienfaisance, ils sont distribués sans ordre reçoit vers 6 à 7 ans, quelquefois plus jeuet très-inégalement. On devrait faire usage nes, ilès l'âge de 3 ans même. On les place plus d'an livret remis à chaque pausre, et sur tard comme femmes de chambre. Le maire de lequel on inscrirait les secours qui lui se- Valognes insistait avec nous pour qu'on en raient délivrés par la charité publique, reli- fit surtout des cuisinières. Il sort de l'ou gieuse ou privée.

vroir de bons travaux dont on fait cas dan Nous avons parlé du Bon-Saureur de Saint- la ville. Les jeunes filles peuvent gagner Lo au mnot ALIÉNÉS.

jusqu'à 1 fr. et même 1 fr. 25 e. par jour. Le Sacré-Ceur de Marie, d'Avranches, ne Cest pour la maison une ressource, à litreçoit pas seulement les jeunes orphelines quelle se joignent environ 1200 francs prode la ville, il en admet plusieurs de l'arron- duit d'une loterie; sans cela, l'asile d'orphedissement. La population est de 34 enfants ; lines ne pourrait faire face à sa dépense. la maison pourrait en contenir de 60 à 80. Il vient de se fonder à Valognes une 80Il y a de l'inconvénient à ce que des enfants ciété nouvelle pour la visite et le soulagede tout âge vivent en commun; on pourrait ment des pauvres à domicile. Elle est comJes classer, si leur nombre était plus granit. posée de 30 à 40 dames. Une collecte proLa fondatrice à dù employer des sommes duit 4,000 fr. Chaque dame reçoit par inois considérables à construire la maison, qui esi 12 ou 14 fr. qu'elle distribue aux pauvres à peine achevée. Un jardin de 4 à 5 hectares de sa circonscription. en dépend; son produit entre pour une as- Le maire de Cherbourg affirme, dans un mémoire officiel que nous avons eu entre 300 enfants sont instruiles gratuitement. Il les mains, que sur 28,000 âmes dont se est consacré à l'enseignement des jeunes compose la population, un tiers à peine est filles deux heures le matin e! une heure à l'abri du besoin ; les deus autres tiers se l'après-midi; une heure est donnée à la composent de familles d'ouvriers allirées de couture. L'enseignement a lieu pendant le tous les points de la France, notainment de travail. Que l'on juge des services qu'un la Bretagne, par les travaux du port et par pareil établissement rend à la ville ! ceux de la digue, et n'ayant, dans leurs Une autre maison de charité dite de Jésusvieux jours, d'autre perspective que l'assis- Marie a été créée il y a vingt-deux ans. Elle tance publique ou privée. Les familles émi- a pour base un pensionnat qui procure grantes ont tellement multiplié depuis 60 aux religieuses de quoi élever 36 orphelines ans, que la population s'est élevée de 9,000 (internes). Un atelier de couture, de 18 20 à 28,000! Loin que ce soit en devenant plus indigentes externes, est annexé à la maison. riche, coinme Saint-Etienne, comme Mu- Les religieuses de Jésus-Marie projettent la Thouse, que Cherbourg a grandi en habi- fondation d'un ouvroir destiné aux jeunes tants, c'est en devenant de plus en plus filles des quartiers éloignés du centre. Ce pauvre. La classe aisée est très-charitable; sera surtout une maison de préservation. tuais son aisance ne serait que le nécessaire Lafondation actuelle est un très-bel établisseailleurs (7 ou 8,000 fr. sont le maximum do ment.-Une association de jeunes demoiselles revenu). A deur heures de distance de Cher- vient de se former pour élever des jeunes filbourg, à Valognes, on trouve des revenus de les. Ses ressources consistent dans une quête; 100 1 200,000 fr., et lelle famille donne aux un ouvroir a été créé par ce moyen. Une Conpauvres, dit-on, jusqu'à 25,000 fr. On voit férence de Saint-Vincent de Paul s'est établie à quel point les conditions économiques aussi dans ces dernières années. Elle est compeuvent différer entre deux villes d'un posée de jeunes hommes, au nombre de 20, wénie département et qui se touchent, com- n'ayant tous d'autre richesse que leur trame Valognes et Cherbourg. Une massé rela- vail. Cherbourg ne fournit pas d'hommes de tivement énorme d'babitants vit dénuée de loisir comme les villes riches, Un des emtout dans celle dernière ville, et l'intempé- ployés de l'arsenal est le président de la sorance vient s'ajouter aux causes de la mi- ciéié. A force de dévouement, la conférence . rére. L'ivrognerie n'est pas seulement l'ac- rend aux classes pauvres de très-grands seicessoire des divertissements du peuple, elle vices. On est étonné, nous disait le maire, en est l'unique élément. On mange pour de tout le bien qu'elle sait faire avec le peu boire. Il a été imaginé une sorte de pâtisse- d'argent dont elle dispose. Entre autres serie détestable, qui crée la faculté indéfinie cours rendus aux classes nécessiteuses, les d'absorber des boissons alcooliques. Les sociétaires instruisent et moralisent, dans femmes le disputent aux hommes; elles des classes du soir, les cnfants auxquels font usage surtout d'une manvaise eau-de- leurs travaux ne permettent pas d'aller aux vie chaude dans laquelle elles jellent du écoles. L'enfance, comme on le voit, ne café, et qui produit une ivresse instantanée manque pas sensiblement de secours, mais et profonde. C'est dans une conversation avec il n'en est pas de même des adultes. Que le inaire que nous nous sommes procuré ces sont 20,000 francs employés par le bureau de détails, qui par conséquent n'ont rien de bienfaisance, tous frais déduits, pour 15 hasardé.

ou 1,800 babitants nécessiteux? Il n'est pas La plus ancienne fondation privée de de ville ou une société de charité maternelle Cherbourg est la manufacture de dentelles, fdt plus nécessaire. dirigée par les dames de la Providence. Elle · FRANCE DU MIDI. Rhône. Lyon. a été créée par actions en 1803. Les action- Nous trouvons quelque part que Lyon naires ont retiré trois fois leur mise. La compte 18 sociétés de charité privée, disposociété fondatrice n'en est pas moins désin- sant de 130,000 fr. Nous eitons ce renseiLéressée; car, lorsqu'elle renonçait à rece- gnement pour ce qu'il vaut. Il est au-desvoir les intérêts de son capital, elle était sous de la réalité; car nous allons donner la loin d'espérer le succès obtenu. Un traité a monographie de 25 couvres diverses en nous elé passé avec une maison de commerce de laissant guider dans nos investigations par Caen, en vertu duquel les parties contrac- un respectable prêtre, M. l'abbé Bey, auunles se sont interdit l'une de travailler leur d'une brochure inlitulée La ville des pour une autre maison que celle de Caen, our ones. Et tout de suite nous le laissons el celle-ci de s'approvisionner ailleurs que parler. « La véritable splendeur, la solide Jans la manufacture de Cherbourg. Les ou- gloire de Lyon, dit-il, c'est son aspect mosrières devinrent bientôt si habiles, qu'une ral et religieux, c'est son invincible attacherobe de dentelles sortie de leurs mains put ment au catholicisme, qui l'a fait nommer Etre offerte en présent à l'impératrice Marie- par un des plus grands Papes qui aient hoLouise. La manufacture a longtemps fabri- noré la chaire de saint Pierre, la Rome de qué des blondes qui se vendaient en Espa- France; c'est son antique foi qu'elle reçut, she; 280 personnes de tout age sont em- il y a bientot dix-huit siècles, du vénérable ployées, 80 en ville, les autres dans la mai- Pothin, le premier de cette longue suite de son. Les salaires partent de 5 c. pour mon- pontifes qui ont illustré son Eglise par leur ler à 1 fr. L'enseignement primaire marche éminente sainteté, leur talent, leur zèle de front avec l'éducation professionnelle; apostolique. Une ardente charité a distingué

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