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épouvante, qu'ils tournèrent leurs armes les uns contre les autres, et qu'ils s'entre-tuèrent. Ceux qui prirent la suite furent poursuivis; leurs princes tombèrent entre les mains de Gédéon et ils perdirent dans cette défaite cent vingt mille hommes armés. 1

Les Israélites voulurent donner le titre de prince à Gédéon qui le refusa ; mais il employa les pendans d'oreilles pris aux ennemis, et qui pesaient dix-sept cents sicles d'or, et les vêtemens d'écarlate du roi de Madian à se faire un éphod précieux, trophée d'orgueil, qui devint un objet d'idolâtrie pour les Hébreux, et causa par la suite la ruine de Gédéon et de sa famille. La victoire sur les Madianites fut suivie d'une

quarante années. Gédéon mourut, laissant soixante et dix enfans de ses différentes femmes et un fils d'une concubine, nommé Abimelech. Les enfans de Gédéon se livrèrent au culte de Baal, et s'allièrent avec les idolâtres. Abimelech, dévoré d'ambition , représenta aux habitans de Sichem et aux parens de sa mère qu'ils seraient plus Iranquilles et mieux gouvernés par un prince que par soixante: et dix chefs. Les Sichémites se rangèrent de son parti. Il marcha contre ses soixante et dix frères, les immola tous, à l'exception de Jonathan le plus jeune , qui se sauva. Il fut ensuite reconnu solennellement comme roi par le peuple de Sichem , et proclamé près d'un grand chêne qui

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paix de

Règne d'A. Liucleuh.

de ce roi,

décorait cette ville. Il régna sur Israël pendant trois ans.

Excitée par Jonathan, une partie des Hébreux et même des Sichémites voulut venger la famille de Gédéon. La guerre dura long-temps; Abimélech eut d'abord l'avantage. Il s'empara de plusieurs, Mort villes ; mais, ayant enfin attaqué une tour de la ville de Tébez, une femme qui était sur la muraille fit tomber sur lui un morceau d'une meule de moulin qui lui fracassa la tête. Ce prince, craignant que l'on ne sût qu'il avait été tué par une femme, se fit achever par son écuyer *.

Tola son oncle, frère de Gédéon, lui succéda comme juge, et gouverna tranquillement Israël pendant vingt-trois ans. Après lui Jaïr de Galaad remplit vingt-deux ans sa place, et laissa trente fils, princes de trente villes.

Les Israélites retombèrent encore dans l'idolâ- Esclavage trie; et le Seigneur, irrité, les condamna à la ser-lites. vitude sous la domination des Philistins et des Ammonites. Cet esclavage dura dix-huit ans. Enfin le peuple , affligé et repentant , implora la clémence de Dieu qui se laissa toucher par sa misère.

Les princes de Galaad ayant déclaré qu'ils se Victoire de soumettraient au commandement de l'homme qui k. Amaocombattrait le premier les Ammonites ou les Philistins , il se trouva que Jephté, fils naturel de Ga

des Israé

nites.

* An du monde 2768. --Avant Jésus-Christ 1236.

laad, qui avait été chassé par sa famille, s'était mis à la têle d'une bande d'hommes armés qui cxerçaient partout leurs brigandages. Les Hébreux le presserent de combattre Ammon. Il y consentit pourvu qu'on se soumît à lui ; et les Israélites le reconnurent pour leur prince. Jephté tenta vaine-ment de négocier avec les Ammonites, marcha contre eux, et promit au Seigneur de lui offrir en holocauste la première personne qui sortirait de sa maison et qui viendrait au-devant de lui lorsqu'il retournerait victorieux du pays des enfans d'Ammon. Il combattit les ennemis, les défit complétement, en lua un grand nombre , prit et saccagea vingt de leurs villes, et revint dans ses foyers.

En approchant de Maspha, sa ville natale, il p'i par la rencontra sa fille unique, qui venait au-devant de

lui en dansant au son du tambour. A sa vue Jephte déchira ses vêtemens et lui apprit en pleurant le vou qu'il avait fait*. Sa fille, résignée, lui répondit qu'il devait le remplir, et que sa mort était un léger sacrifice pour une aussi grande victoire. Elle le pria seulement de lui permettre d'aller deux mois sur la montagne pleurer sa virginité avec ses compagnes. Au bout de ce temps, elle revint trouver son père qui accomplit son væu. Depuis ce fatal événement, toutes les filles d'Israël s'assemblèrent une fois l'année pour pleurer pendant quatre jours la fille de Jephté de Galaad.

Son sacri

fice accommort de sa Gile,

* An du monde 2817. -- Avant Jésus-Christ 1187.

Bientôt après la tribu d’Ephraïm s'étant révoltée contre Jephté, il la subjugua. Elle perdit dans cette défaite quarante-deux mille hommes qui essayèrent en vain par la fuite d'échapper au carnage. Les habitans de Galaad qui les rencontraient leur ordonnaient de dire schibboleth(épis); et comme les enfans d'Ephraïm prononçaient sibboleth , ce défaut de prononciation les faisait reconnailre et

massacrer.

dle Jephté.

de Samson.

Jephté gouverna six ans, et mourut dans la ville Mort de Galaad. Après lui Israël eut successivenient pour juges Absan, pendant sept ans ; Ahialon, pendant dix ans; et Abdon qui gouverna pendant huit années. Israël éprouva de nouveaux malheurs, et les Philistins le réduisirent quarante ans en servitude.

Il existait dans la tribu de Dan un homme Naissance nommé Manué, dont la femme était stérile. Un ange lui apparut deux fois, et lui défendit de rien manger d'impur ni de s'enivrer , parce qu'elle devaitaccoucher d'un fils qui serait Nazaréen, et consacré à Dieu depuis son enfance jusqu'à sa mort. C'est ainsi que la naissance de Samson fut annoncée.

Cet enfant, protégé par le ciel, crût rapidement et devint d'une force prodigieuse. Une femme plii- son énigne listine lui inspira de l'amour, et il surmonta la répugnance de ses parens contre ce mariage. Etant allé chercher cette femme, il rencontra un jeune

* An du monde 2848. - Avant-Jésus-Christ u156.

lion, le déchira el le tua. En revenant chez lui il
trouva un essaim d'abeilles dans la gueule du lion
mort. Arrivé dans sa patrie, il promit à trente
jeunes gens qui assistaient à ses noces de leur don-
ner trente robes et trente tuniques, s'ils devinaient
l'énigme suivante : « La nourriture est sortie de
» celui qui mangeait, et la douceur est sortie du
» fort. » Il exigea d'eux, en revanche, de lui
donner trente robes et trente tuniques, s'ils ne
pouvaient la deviner. La femme de Samson, tour-
mentée par la curiosité, obtint de son mari, par
ses larmes et par ses importunités, le mot de l'é-
nigme. Elle fut indiscrète, et les jeunes gens re-
vinrent le même jour dire à Samson : « Qu'y a-t-
» il de plus doux que le miel, et de plus fort que
» le lion? » Samson, irrité de la trahison de sa
femme, courut à Ascalon, y tua trente hommes,
dont il prit les vêtemens pour les donner à ceux
qui avaient expliqué son énigme. Son épouse infi-'
dèle le quitta et épousa un de ces jeunes gens.

Cette injure irrita Samson contre les Philistins. vengeance Il prit trois cents renards qu'il lia l'un à l'autre par Philistius. la queue, y:attacha des flambeaux; et, les

ayant allumés, il chassa les renards qui coururent au travers des blés des Philistins, les brûlérent et les détruisirent. Les Philistins, apprenant que le courroux de Samson avait été excité par la perfidie de sa femme, jetèrent dans les flammes cette épouse parjure avec Thamnath son père. Samson ne fut

Sa

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