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L'oeuvre la plus importante de la charité de l'intérieur. Le comité central n'a pas assez privée à Monibéliard, s'intitule : Associa- de ressources pour accueillir toutes les tion evungélique pour le patronage des enfants demandes. L'année 1852 a présenté un déindigents de la circonscription de l'inspection ficit de 441 francs. Le prix de la mise en ecclésiastique de Montbéliard. Démembrée apprentissage est de 70 à 80 francs par an et du Wurtemberg, la ville de Montbéliard est par enfant. On assure que le soin le plus un prolongement du protestantisme suisse, scrupuleux préside au choix des familles qui, en traversant la Haute-Saône, va s'élar- où les enfants sont introduits. Si les appagissant dans le Haut et le Bas-Rhin. Le pa- rences ne nous trompent pas sur la réalité, la ironage évangélique s'applique au Doubs, à création de l'inspection' ecclésiastique de la Haute-Saône et une partie de Haut-Rhin. Montbéliard serait digne d'être offerte pour Il compte quelques souscripteurs catholiques. modèle aux diocèses catholiques. Les sociétaires se partagent en autant de

Haute-Saône. - Vesoul. L'accord si comité's sectionnaires qu'il y a de communes désirable entre la charité publique et la dans l'inspection ecclésiastique. L'association charité privée n'existe pas à Vesoul. Le esi dirigée par un comité central composé maire envisage la conférence de Saint-Vinde 17 membres, dont 10 laiques et 7 ecclé- cent de Paul établie dans la ville, comme siastiques, élus par l'assemblée générale faisant au bureau une fâcheuse concurrence. des sociétaires. Le député de l'inspection au Il ignore que les associations de charité sont consistoire général de l'Eglise de la confes

ou des sentinelles avancées ou d'utiles sior d'Augsbourg est président-né et bono- auxiliaires des bureaux de bienfaisance. raire de l'assemblée générale des sociétaires, Ainsi à Vesoul les Dames de charité attachées du comite central et du comité exécutif. Le au bureau de bienfaisance ne servent guère romité central se réunit tous les trois mois qu'aux quêtes à domicile; la conférence de au moins et le comité exécutif au moins une Saint-Vincent de Paul, au contraire, en visifois par mois.

tant les pauvres, juge de près leurs vérita.. Le comité central décide les questions compte de précieux renseignements au bu

bles besoins et pourrait fournir sur leur d'admission et approuve les conditions et le mode de placement. Une assemblée générale marchaient de concert. La conférence a

reau de bienfaisance, si les deux @uvres des sociélaires à lieu tous les ans pour entendre le rapport du comité central. L'assem- bureau, le bureau l'accuse de donner bors

l'intention de compléter les secours du blée se réunit alteruativement à Audincourt, Montbéliard et Héricourt. Chaque comité sec

de propos, el de donner trop. Examen

fait du grief, nous avons eu la preuve tionnaire est chargé de surveiller l'auvre du patronage dans sa circonscription. C'est à

que le maximum des secours en nature

donnés par la conférence ne dépasse pas notre avis le rouage le plus essentiel de l'iustitution. La société continue ses soins aux

1 kil. et dedii de pain par seinaine et patronnés adultes et entretient avec eux,

par famille, ce qui n'égale pas la conieme après le terme de leur apprentissage,

sommation d'une famille, en pain, pour des rapports d'une bienveillance active.

un seul jour. La conférence évalue à 600

personnes le nombre des pauvres de la ville. Le patronage évangélique dans ses 5 an- Elle secourt dans le courant d'une annéu nées d'existence a adopté 238 enfants. Il avait, 120 familles, mais non habituellement. La au 1" aodt 1853, 136 patronzés placés. Le nooyenne des familles qu'elle assiste dans rhilfre des pensions à payer s'est élevé dans un même temps n'excède pas 60; or l'assisl'année 1833, à 9,601 francs. Les patronnés de tance de bureau embrasse 150 familles. La la commune de Monbéliard ne dépassent pas conférence ne nous parait donc pas mériter le 17. La liste des donateurs remplit 46 pages reproche de créer le pauvre, ni de le gater. sur deus colonnes, qui donnent environ Elle se compose de 24 membres actifs, 15 3,200 souscripteurs. Il est probable qu'il est honoraires et un menabre aspirant; sa recette pea de chefs de famille protestante de l'ins- s'est élevée, en 1833, à 1,732 francs. Dans pection ecclésiastique de Montbéliard qui ne celle somme le produit d'une loterie est enfigurent parmi les souscripteurs. Ceux-ci sout tcé pour 490 fr. Le gouverment de l'empeclassés par commune. Chaque comité sec- reur n'a pas vu la conlérence du même cil Lionnaire fait la collecte dans sa circonscrip- que le maire, car l'impératrice a fait don à tioa. Quelquefois au lieu du classement la loterie d'une pendule. Le préfet, de son par commune, la liste procède par dénom- côté, lui a attribué 150 frances sur les fonds brement des ouvriers souscripteurs d'une dont la distribution lui était confiée. La somême manufacture ou fabrique. Les ou- riété donne, outre du paio, de la viande, vriers de MM. Peugeot et Cie ont donné à la des objets de literie et des vêtements. EH e souscription 934 fr. 75 centimes. On recourt a dépensé aussi en 1853, pour 105 fr. de liaussi au dénombrement par paroisse, can- vres de classe. Une autre excellente assiston ou village. Mulhouse ne produit pas au lance a consisté à encourager le travail du delà de 58 Trancs. Quelques souscripteurs pauvre par un supplément de salaire, par étrangers à la localité terminent la liste. exemple, 10 c. par mètre de pierre. 150 nièIls appartiennent à Beauvais (Oise), à la tres de pierres cassées ontcouté à la conférence Cole-d'Or, au Bas-Rhin, au Jura, à Paris et 37 fr. 80c. en sus du salaire payé par la ville. à la Suisse. On trouve dans cette division La conférence a composé ce qu'on nomme finale 253 fr. 50 c., provenant du ministère une sainte famille-Yoy.plus haut-dochommes qu'elle réunit pour entendre le dimanche l'exercice 1853 : 1" quartier, 1,350 fr. 50c.; une messe spéciale. N'est-ce pas ainsi qu'on – 2 quartier, 966 fr. 35 c. ; restaurera les meurs des classes ouvrières? 679 fr. 25 c.;

679 fr. 25 c. ; -- \ quartier, 869 fr. 15 c.; La conférence avait le dessein de cons- - 5 quartier, 752 fr. 30 c.;

- 6' quartier, truire un fourneau à ses frais pour donner 228 fr: 60 c.; -7 quartier, 1,905 fr. 60 c. ou vendre des potages à pris réduit à la – 8' quartier, 27 fr. 40 C. classe laborieuse pendant l'hiver. Le maire Les commissaires du quartier sont sura refusé à la conférence de lui prêter le tout chargés de la quête. Les dames visitent fourneau du bureau de bienfaisance, dont les pauvres au moins une fois la semaine, elle voulait faire usage à titre d'essai. Elle et les reçoivent chez elles quand ils ont des en a fait construire un à ses risques et périls. réclamations à leur adresser. La ville a yoté Le maire est un homme escellent, très-dé- 20,000 fr. l'hiver dernier pour assister la voué à la ville et aux pauvres, nous avons classe souffrante; 12,000 fr. ont été emeu l'occasion de nous en convaincre; tout sim- ployés. Une conférence de Saint-Vincent de plement il se trompe.

Paol, composée de 17 membres actifs, a em La charité privée a créé à Vesoul trois ployé, depuis trois ans qu'elle existe, sociétés de vêtements; deux, formées de 5,617 fr. 10 e. Elle distribue du pain, des dames, se réunissant un jour par semaine, soupes, de la viande, du bois, des sabots, et la troisième de jeunes demoiselles qui non sur des bons, mais au moyen de plavêtissent les jeunes personnes de leur sexe, ques numérotées. Chaque pauvre a son nuLes dames procurent des vêtements à la méro. Le secours ainsi est personnel et non conférence et lui désignent les familles dont au porteur, comme le bon. Les distributions elles connaissent les besoins. Cette bonne de soupe ont lieu trois fois la semaine. La entente devrait régner partout. Nomettons conférence visite 100 familles. Elle consacre pas de signaler l'existence d'un orphelinat 286 fr. 50 c. au patronage des écoliers. Elle privé, où, sans bruit et presque exclusive- n'agit pas isolément de l'association de pament à ses frais, Mlle Victorine Aubry élève tronage; un de ses membres, inspecteur des 14 orphelines.

forêts du lieu, assiste aux séances de l'asGray. - Les secours à domicile sont sociation. La conférence tenait son asserassez étendus à Gray pour que la mendicité blée générale, le 30 avril dernier, dans la pat y être sérieusement interdite, s'il exis- chapelle des Seurs de la charité, centre iait un dépôt de mendicité dans la Haule d'attraction de tous les secours à domicile Saône. Le chiffre de la classe souffrante est de la ville. évalué à 900 personnes sur une population de Il existe anssi à Gray une société de pa6,000 habitants. Nous avons dii au mot Bu- tronage pour la salle d'usile. Les souscrıREAUX DE BIENFAISANCE que ses ressources s'é- tions pour la fondation de la salle d'asile sé lèvent à 6,472 fr.; nous avons ajouté que les tant élevées à 50,000 fr. , et cette somnie swurs dites du bouillon, distributrices des se- n'ayant pas été tout entière employée, les cours du bureau, ajoutént à sa recette le pro. fonds restant servent à procurer des vêteduit de leurs collecies particulières. Il existe ments aux enfants pauvres qui se font reà côté du bureau de bienfaisance et en boune marquer par leur docilité; c'est à la fois un harmonie avec lui, une association de Dames moyen de soulagement et d'encouragement du patronage pour l'extinction de la mendi- On se proposait aussi de contribuer à la cile. Quoique les dames donnent leur nom nourriture des enfants les plus dénués : à l'association, elles se sont adjoint des mais les ressources ne l'ont pas permis. commissaires. L'association a une commis- La classe ouvrière compte un nombre res sion exécutive et se réunit en assemblée lativement considérable de mariniers et de générale. La ville est partagée en huit quar- portefaix. Il serait extrêmement désirable tiers de secours. A chaque quartier 'sont que cetie classe s'organisat en société ut attachés un commissaire et un adjoint, une secours mutuels. Elle est dans cette voie et dame et une adjointe. Les mêmes seurs de l'aurait besoin que d'y être dirigée, tai la charité qui ont le nom de Dames du déjà les marins et les portefais vieux ou in bouillon, et sont le centre des secours du bu- firmes reçoivent de leurs coufrères valide reau de bienfaisance, distribuent ceux du la moitié du salaire qu'ils gagnaient en trapatronage. Elles ont créé uu ouvroir dans vaillant. Le préfet de Vesoul ou le sous lequel les jeunes filles font leur apprentis- préfet de Gray, et à leur défaut le ministre sage ct où les dames viennent chaque se- de l'intérieur, pourraient adresser des no maine confectionner des vêtements pour les dèles de statuts aux ouvriers dont nou: pauvres, surtout pour les apprentis.

parlons. (A peine avions-nous émis ce veu Les souscriptions de la société de patro- que la section des secours mutuels y avai nage ont produit en 1853 6,760 fr., chiffre fait droit.) Presque toutes les communes de qui constate une décadence, car la recette l'arrondissemeni sont riches , rien ne serai! atteignait d'abord de 9 à 10,000 fr. La ville plus facile que d'y organiser des secours porte à la recette une soinme annuelle de inais les souscriptions ne seront abondantes, 1,000 fr., qui s'est élevée par exception, elles ne seront durables qu'autant que l'arl'hiver dernier, à 4,000 fr.

restation des mendiants sera certaine, e L'inégalité du noinbre des pauvres dans elle est au prix de la création d'un dépot die chaque quartier doit produire la même iné- mendicité. Baliié dalis la dépense. Voici le résultat de Jura. - Lons-le - Saulnier. Il aval

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été fondé à Lons-le-Saulnier une association ou secourues chez leurs parents; 46 enfants pour l'extinction de la mendicité. La société ont reçu un habillement complet pour leur de secours et de patronage et la Conférence de première communion ; 25 ont été habillés Saint-Vincent de Paul I'ont absorbée. Dans plus ou moins complétement. D'abondants les villes où la population est restreinte, la secours en vêtements, chaussures, paillasmultiplicité des fondations demande un ac- ses ont été procurés aux indigents de la cord complet et un partage bien entendu ville les plus nécessiteux. Les craintes que des cuvres; autrement on peut porter obs- le rapporteur concevait de l'avenir au 1" tacle à leur développement et même à leur décembre 1852 ont do s'accroître depuis. durée.

Les résultats de la récolte de 1853, exagérés La Société de secours et de patronage était en mauvaise part, ont produit partout une dans sa kannée en 1853, si nous en jugeons véritable panique. par un rapport à l'assemblée générale de La Conférence de Saint-Vincent de Paul l'oeuvre dii fer décembre 1852. Elle a un ne réunit pas plus de 8 à 9 membres. Ses conseil général composé de 15 membres. Le ressources sont cependant d'à peu près tribunal, le conseil général et le conseil mu- 2,000 fr. picipal y sont représentés. Le préfet du Les Dumes patronnesses ajoutent 7 ou 800 fr. Jura et le vicaire général du diocèse en sont aux 600 fr. qu'elles reçoivent de la société les présidents bonoraires. Les pauvres se- de secours. Elles font dans la ville des colcourus sont divisés en 6 sections. La 1• lectes de vêtements. L'habillement du pauvre compte 5 inspecteurs, la 2, la 3*, la 4 et la 'est la seconde spécialité de leur fondation, 5' en comptent 6, et la 6' 5, comme la 1". dont la surveillance des jeunes filles en apOn trouve un ecclésiastique et un médecin prentissage est la première. dans chayne section. Les autres membres Des dames dites du bouillon emploient en sont : magistrat, avocat, banquier, notaire, secours 1,600 fr. La seur de la charité charavoué, négociant, etc. Le nombre des sous- gée des distributions grossit les 1,600 fr., cripteurs est d'environ 900. Les souscrip- soit de ses propres ressources, soit par ses tions s'élèvent jusqu'à 300 fr. et descendent quêtes particulières, à tel point que la rejusqu'à 25 cent., en passant par tous les cette de l'ouvre n'est pas évaluée au-deschitfres intermédiaires. Un très-grand nom- sous de 5,000 fr. bre dépassent 20 fr. Nous en comptons 80 de En résumé, on estime à 19 ou 20,000 fr. 10 fr. La recetle s'est élevée en 1852 à les secours à domicile répandus dans la 6.003 fr.: 83 c. sur une population de 8,500 ville. Il paraitrait d'après une phrase du raphabitapis. La société assiste 300 familles. porteur cité plus haut, que le chiffre des Le rapport aflirme : que nulle misère absolue inendiants peut s'élever à une trentaine ne peut erister sans certitude d'élre secou- d'individus. Ceux-ci sont mis au ban des Tue et adoucie. Le rapporteur déclare que secours, parce que leur mendicité n'inspire la société ne se propose pas précisément pas de pitié ; c'est une raison pour qu'on la l'extinction de la mendicité, mais l'illégi- leur interdise. Ils n'inspirent pas de pitié, similé de la mendicité est la conséquence parce qu'ils pourraient trouver un remède à inême de son aflirmation. Il promet le con

leur misère dans le travail ou dans la chacours de l'euvre à toule entreprise ayant rité; c'est-à-dire que du jour où la mendicité l'interdition de la mendicité pour but sera inlerdile et punie, la leur cessera. exprès. Le nombre des familles assistées L'asile de Bellevaux offre de recevoir les annuellement ou temporairenient est de 300 mendiants du Jura à raison de 85 c. pour en hiver, et en été de 200. Les secours en les adultes, et de 60 c. pour les e:ifants ; le pain ont été de 19,127 kilogr., divisés en moyen d'interdire la nendicité est donc 12,850 bons (au prix de 22 cent. le kilogr.); trouvé. Si les ressources actuelles ne suffi812 fr. ont été dépensés en bois, et 687 fr. sent pas pour l'éteindre à Lons-le-Sau20 c. en médicaments. Les médecins visi- nier, les habitants sont disposés à actent les malades gratuitement. Les pauvres

croitre leurs largesses. « Si on nous délivre, honteux ont reçu 161 fr. Voilà pour les se- disent-ils, des mendiants, nous donnerons cours à domicile, et voici ce que nous ap- le double de ce que nous accordons aux prend le rapport sur le patronage. Six jeunes bons pauvres. » L'interdiction de la mendigarçons ont été patronnés; deux sont près cité est d'autant plus urgente dans le Jura, de binir leur apprentissage. On les assiste que ce département est placé entre le Doubs par les bons de pain. 12 bons de pain par et Saône-et-Loire, où elle est aujourd'hui quinzaine sont alloués aux deux écoles pu- proscrite. Au surplus, la société de patrobliques pour être distribués aux élèves'in- nage et le clergé de Lons-le-Saunier considigents que le manque d'aliments empêchait dèrent la mendicité dans leur ville comme de les fréquenter. La peine de la suppres- un fléau ; ils craignent qu'elle ne dévore la sion du secours est encourue par les pa- substance de la charité dont s'alimententies rents qui n'envoient pas leurs enfants à vrais pauvres, si on la laisse plus longtemps l'école ou au catéchisme. Le patronage entre subsister. dans la dépense pour environ 400 fr. Ce- Un vénérable prêtre, nommé Bailly, avait lui des jeunes filles s'exerce par l'inter- fondé un établissement, connu sous le nom médiaire des dames patronnesses, formant

de l'Ermitage, sur un coteau qui domine la une cuvre à part à laquelle la société al- ville. De beaux et vastes bâiiments receInue 600 fr.; 1! jeunes filles ont été placées vaient 100 enfants auxquels élait donné

l'enseignement professionnel, dans plusieurs les habits noirs, les 20 autres portent la sortes d'inlustries. Dès avant la révolution blouse de l'ouvrier. Le président de la con de 1848, ceux qu'on appelle à Lons-le-San- férence, M. Monnier, est parvenu à fonde nier les voltairiens déclamèrent contre cette 4 conférences dans les communes rurales maison où l'éducation des enfants du peuple ce qui est d'un grand prix coinme antécéétait, mal à propos d leur avis, mise entre dent. A côté de la conférence et des dame les mains du clergé. La classe industrielle auxiliaires, fonctionne la société de dame se livrant à l'impulsion que lui communi- dite Table du bouillon, ayant pour obje quaient les libéraux de la bourgeoisie, entra les malades, C'est une ancienne fondation dans la voie du dénigrement contre une fon- dépouillée par la première révolution. Elle dation qui lui enlevait, disait-elle, ses ap- possède, outre sa recette de 700 fr., un prentis. Les révolutionnaires de 1848, profi- renle se 300 fr. perçue par le bureau de tant de ces dispositions, n'allaient avoir rien bienfaisance, mais qui lui est versée ande plus presse que d'assouvir sur la maison nuellement. Tous les éléments de l'extinc de l'Ermitage leur appétit de destruction; tion de la mendicité existent à Poligny. mais ses babitants se hatèrent de l'évacuer. n'y a qu'à les agréger : on y parviendrait imNous tenons ces détails du secretaire géné- médiatement, nous a t-on dit, en créant un ral de la préfecture actuelle. La ruine de commission administrative spéciale pour le l'établissen:ent est d'autant plus regrettable, bureau de bienfaisance, et en y faisant enqu'on était sur le point de traiter avec son trer les deux membres de la conférence directeur pour y créer accessoirement un dont nous avons parié. Aujourd'hui c'est atelier de charité pour les ouvriers sans ou- une même commission qui gère le bureau vrage et les mendiants valides, en vue de de bienfaisance et l'hospice, contrairement, l'extinction de la mendicité. Les prétendus au surplus, aux usages suivis presque par libéraux de Lons-le-Saunier poursuivaient tout. de leur haine, comme élant trop clérical, un Arbois.-Lapopulation d'Arbois elant toute établissement d'enseignement professionnel vinicole, il suffit d'une mauvaise année pour fondé dans l'intérêt des enfants du peuple, y produire la misère. Les cultivateurs, la plu et par un bizarre retour des choses d'ici- part colons partiaires, sont souvent obligés bas, c'est un noviciat de Jésuites qui le rem- de vendre à vil prix leur part de récolte, et se place aujourd'hui.

trouvent bientôt après sans ressources. Aver Poligny. – Il vient à Poligny beaucoup 18 ares de terre on peut suffire aux besoins je mendiants des communes voisines. Le de sa famille, dans les bonnes années, le vitt nombre des pauvres secourus ou à secourir d'Arbois étant un vin de prix. La moyenne est d'environ 800, sur une population d'un du loyer d'un vigneron" est de 36 fr. On peu moins de 6,000 habitants; on compte comprend comment, dans cette humble condaas la ville 25 mendiants.

dition de culture, le dénQment est toujour La Conférence de Saint-Vincent de Paul y proche. L'indigent non-seulement est colon, est l'ame des secours. Elle a à sa tête un mais souvent même il est propriétaire. Le homme éminent, dont la réputation de cha- bureau de bienfaisance d'Arbois cherche les rité est répandue dans tout le Jura (M. Mon- pauvres honteux, et dit aux mendiants : nier), et un autre membre, M. Amion (pro- « Vivez de votre métier, nous n'avons rien fesseur de musique au collège de la ville), pour vous. » La mendicité ne doit pas elre dont le zèle est admirable. La Conférence a Traitée ainsi, elle doit être décomposée dans pour auxiliaires 150 dames appartenant à ses éléments, soulagée si elle en a besoin, toules les classes de la population. Elle est réprimée si elle est volontaire. composée de 30 membres actifs et 20 mem- Des Dames de la charité ajoutent aus res. bres honoraires. Elle visite 100 familles, et sources du bureau de bienfaisance (dont la l'atronne 50 enfants placés chez les frères. recette est de 4,684 fr.). Elles donnent surLes enfants qui se conduisent bien reçoi- tout des vêtements. Leur recelle se forme vent par triniestre une récompense qui sert au moyen d'une cotisation, d'une quete e à les vêtir. La Conférence vient de trouver d'une loterie. Une euvre dite des Orphelins tout récemment dans le concours de la charité de l'ermitage, élève de 50 à 60 enfants. Le de quoi acheter une des maisons de l'hos- chiffre des pauvres est d'environ 120 fouilpice du Saint-Esprit, moyennant 12,000 fr. Jes. Le receveur de l'hospice et du bureau Elle y a déjà placé des sæurs qui y reçoi- de bienfaisance, homme de bien et d'expévent des jeunes filles pauvres. On y distri- rience, pense que les aumônes données aur buera pendant l'hiver des soupes économi- mendiants, réunies en souscription, sufliques, et même la maison servira de chauf- raient pour éteindre la mendicité. foir. On espère par ce dernier moyen étu- Salins. - A Salins, les souscriptions pour dier mieux les meurs et les vrais besoins l'extinction de la mendicité sont portées au des pauvres. Les visites à domicile de la budget du bareau de bienfaisance; elles s'élè conférence ont déjà à un très-haut degré vent à 3,400 fr. Les queles faites aux église procuré cette notion. Un des membres que paroissiales, portées au même budget, sont nous avons nommé (M. Amion), cornait les 100 familles visitées presque aussi bien que Société pour l'extinction de la mendicité dis

de 800 fr. Jusqu'en 1847, il avait existe une la sienne propre. Il est à noter que des 30 tincte du bureau. Les souscriptions s'étaient inembres actifs de la conférence, 10 seule- élevéey jusqu'à 14,000 fr. Le nombre de nient appartiennent à ceux qu'on appelle souscripicurs est porté aujourd'huï cncore

à 200. La collecte a lieu par un membre du clergé. Les recelles parties du chiffre de bureau de bienfaisance, le curé de la pa- 2,973 fr. 85 c. (1849-1850), se sont élevées roisse et une dame de charité ; c'est tout ce successivement à celui de 4,348 fr. 15 c. Les qui reste de l'ancienne association. L'abais- dépenses n'ont été, en 1852, que de 3,036 fr. sement du chiffre des souscriptions tient à 90 c. La plus élevée a consisté en 3,657 kil. l'eristence de la mendicite. « Quand on de pain, coQlant 978 fr. 30 c.; 289 fr. ont été nous délivrera des mendiants, disent les consacrés aux loyers des pauvres. La confésouscripteurs, nous éléverons le chiffre de rence à secouru 120 familles, payé l'apprenDos souscriptions. » L'assistance tourne tissage de 12 enfants, patronné 41 écoliers dans un cercle vicieus, car de leur côté, les chez les frères, et 14 jeunes ouvriers dans nendiants répondent : « Donnez-nous de les ateliers. Dôle renferme les éléments quoi satisfaire à nos besoins, et nous cesse- d'un dépôt de mendicité. roas de mendier. »

Saint-Claude. — La plaie de l'ouvrier à Salins a une conférence de Saint-Vincent Saint-Claude est l'insalubrité de son logede Paul de 30 membres actifs, et 10 mem- ment. Un membre de la conférence de Saintbres honoraires. Un directeur des Frères de Vincent de Paul nous a conduit dans plusieurs Marie est son président. Ses membres sont habitations dont les mauvaises conditions des cultivateurs et des artisans. On nous a bygiéniques sont sa préoccupation incessante. nommé un meunier, un lanneur, etc. La Con- Les puisards, les amas d'eaux putrides dans férence n'assiste guère que les familles sur- les cours se retrouvent à chaque instant. chargées d'enfants. Ces familles sont au On découvre un cloaque infect jusque dans nombre de 30; c'est une sorte de patronage la cour de la mairie. Les bouchers jettent arcompagné de secours matériels. On leurs détritus au centre de la ville ; les jardoone aux enfants une miche par semaine, dins sont arrosés de matières fécales. Dans hade quelques vêtements. Un établissement la cour de l'école des Frères on nous a munfrise, dirigé par une Jame laïque, donne tré ces mêmes matières à l'air libre. Qu'on l'instruction à 40 jeunes filles. Une associa- juge, après cela, des demeures du pauvre tion en fait les frais. Les indigents se com- ouvrier. Ce sont souvent des grottes posent en général de journaliers ivrognes sombres taillées dans le roc, dont les pavu sans mceurs.

rois suintent des eaux pestilentielles. La On estime que sans addilion de ressour fréquence des fièvres typhoïdes, les enfants ces on peut subvenir, dès à présent, aux be- scrofuleux, la vieillesse précoce et la morsoins des vrais pauvres, et qu'il ne manque talite avant l'âge en sont le produit. Une à l'assistance que la sanction d'un dépôt. meilleure construction des fosses d'aisance L'interdiction de la mendicité était à l'ordre est surtout une mesure indispensable et urdo jour à Salins en 1847; il avait suffit d'en- gente. Les résultats signalés sont bien éviroyer 3 mendiants à Bellevaux, et la mendi- demment du fait de l'homme, et non du clirité avait cessé. La révolution de 1848 mat, qui est extrêmement salobre. Tout est éclata, et tout fut à recommencer. Un fonds à créer pour rendre saine l'habitation de de souscriptions destiné à l'extinction de la louvrier, et l'on ne se douterait pas à Saitta mnendicité, à Dole, s'est élevé primitivement Claude que ce sujet a donné lieu à une loi : à 12,000 fr., puis il est tombé successive- spéciale. ment à 8,000, 6,000 et 5,000 francs; alors Les secours sont nombreux dans celto cessèrent les collectes, et la mendicité dis- ville. La recette du bureau de bienfaisance parue reprit son cours.

dépasse 4,000 francs. Celle qui a pour objet Il est guestion de relier les auvres exis. spécial l'extinction de la mendicité est versée Lantes, d'unir à la cbarité publique la cha- dans les mains de la conférence de Saintrité privée, et de rouvrir les souscrisitions. Vincent de Paul, et elle atteint presque Les fondations existantes sont (outre le bu- 5,000 francs. Des Dames de la charité, au nomreau de bienfaisance, dont la recette dépasse bre de vingt, disposent de 2,400 francs, 10,000 fr.): la Conférence de Saint-Vincent qu'elles emploient lant en médicaments qu'en de Paul, le Bouillon, la Sainte-Enfance, la vin, viande ou bouillon distribués aux maProvidence des jeunes filles. Celle dernière lades. L'OEuvre de la prévoyance patronne les (euvre a pour objet le placement de jeunes jeunes filles. Son revenu est de 1,200 francs. tilles à raison de 15 fr. par mois. La Sainte- La fondation repose sur une loterie. Les Enlagce fournit des i elements aux nou- associées sont au nombre de trente, et se veau-nés. Elle secourt les enfants jusqu'au composent une recette de 7 à 800 francs. jour de leur apprentissage. Une de ses res- Les Demoiselles de la Providence, au nomsources consiste à quêter de vieus vêle- bre de soixante-douze, distribuent des vêtements. L'ouvre du Bouillon est confiée aux ments, au moyen d'un atelier dans lequel seurs de Saint-Charles. Elle est soulenue elles raccominodent les effets qui ont déjà par une association de dames payant une servi, ou les approprient aux besoins des innulisation de 20 fr. La conférence de Saint- digents. De jeunes garçons sont au nombre de Vincent de Paul réunit 280 membres, savoir: leurs souscripteurs. ù faut ciler encore la 12 membres d'honneur, 30 merobres actifs, Conférence du Saint-Sacrement, sorte de con3 membres aspirants, 10 inembres honorai- frérie ou de sociélé de secours mutuels. La res, 180 membres souscripteurs, et 45 da- Conférence de Saint-Vincent de Paul est la les bienfaitrices. Les membres d'nonneur distributrice de l'importante souscription dont l'évéque fait partie, appartiennent au pour l'extinction de la mendicité. 327 coué

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