Page images
PDF
EPUB
[ocr errors][ocr errors]

qu'il a donné le moindre ligne de vie, on ost fûr de le soustraire à la mort, en continuant à l'échauffer par de hors & par dedans. Ces moyens peu vent être insuffisans. Le rétablisse ment des mouvemens de la respiration ne fait pas rejerrer par

la bouche toute la liqueur qu'on inspire en se royant;; les parois de l'a poitrine n'agissent point assez fortement sur la surface des poumons. J'ai réussi beaucoup de fois à rappeller d'une mort apparence à la vie, des chiens & des chars que j'avais noyés, ils contin nyoient d'avoir la respiracion gênée pendant plusieurs heures; elle deves noit moins difficile par dégrés. J'en ai ouvert à des tems différens après le rétablissement de l'action de la pois trive , & j'ai remarqué que les poumons étoient plus ou moins embarrassés, selon que ce tems avoir été plus ou moins long. Au bout de deux heu

[ocr errors]

.

res, les bronches contenoient encore environ la moitié du fluide qui avoit été inspiré. Ces expériences indiquent l'administration des potions expectosantes émérisées, l'ufage de l'oximel scillitique, &c, après qu'on aura mis le malade en assez bon état pour avaler ces remédes.

L'ouverture des corps de quelques Noyés fembloient m'avoir fait voir que l'eau qu'ils avoienc inspirée pouvoit s'épancher dans la cavité de la poitrine, en sortant des pores du pormon par transudation.

Il y avoit environ un demi-feptier d'eau épanchée dans chacune des deux cavités de la poitrine de l'homme dont j'ai parlé pag. 287. il avoit recouyré l'usage de la respiration, & malgré l'épanchement, les poumons étoient plus gonflés qu'ils ne le devoient être naturellement.

J'ai trouvé deux verres de férosités

12

épanchées dans la poitrine de la femme, qui au moyen d'une respiration insensible a vécu sepe-heures après avoir été retirée du puits où elle avoit été submergée pendant une demie heure. Ses poumons étoient excellivement dilatés..

Le 2 Février 1745. je fis l'ouvertuse du cadavre d'une fille âgée de 23 ans, qui pour éviter une correction qu'elle ne croyoit pas convenir à son âge , s'étoit jettée dans le inême puits où s'est noyée la femme dont je viens de parler. Elle avoit restée plusieurs heures sous la surface de l'eau, &

Y étoit véritablement morte. Ses poumons étoient très-gonflés, & il n'y avoit pas une seule goutte d'eau dans la cavité de la poitrine. Cette obseryation comparée aux deux précédens tes, semble prouver que dans ceux d'entre les Noyés qui survivent à leur accident, il se fait un épanchement dans la poitrine. Ce point étoit assez important pour mériter qu'on le vérifiât: car si cer épanchement avoir lieu; i feroit la cause de la difficulté de relpirer qu’on remarque lorsque la respiration se rétablit; & l'opération de l'empyeme pourroit devenir un fecours consécutif utile à ceux qu'on auroit rappelles à la vie. Pour éclaircir cette difficulté, il falloit noyer des animaux; les rappeller à la vie, & les ouvrir ensuite tour vivans. C'est ce que j'ai fait, & je n'ai jamais trouvé dans ce cas qu'il y eut épanchement entre les poumons & la plevre. Il est

celui que j'ai observé se fait de la même maniére que l'épanchement du péricarde, où l'on ne troutve aucune liqueur à l'ouverture des animaux vivans ou de ceux qui viennene de mourir. De la plevre & de la membrane extérieure du poumon, il exude continuellement dans l'état na

probable que

[ocr errors][ocr errors]

mrel, une humeur qui rend glissantes les surfaces de ces membranes ; c'est fans doute cette matiére qui produit l'épanchement que l'on trouve, & qui ne se fait qu'à la mort.

Nota. M. Bruhier avoit mis la These de M. Winslow sur les signes de la mort à la tête du premier volume de fon Ouvrage sur l'incertitude de ces lignes. Dans la seconde édition de ce premier Volume, il a supprimé cette Thèse. Comme je l’indique, & que j'y renvoyé plusieurs fois, j'ai cru devoir. la mettre ici,afin » de ne pas priver le

public de la facisfaction que procu» re une lecture où l'on trouve réuni » le double mérite d'un stile égale» ment précis & concis ; » c'étoit le motif qui avoit porté M. Bruhier à la placer dans la langue originale, au commencement de son Ouvrage, qui alors ne devoit être qu'une simple traduction de cette Thèse.

« PreviousContinue »