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savoit qu'il devoit officier le dimanche suivant, faire une ordination et prononcer un discours. L'église cathédrale étoit remplie d'une foule avide de l'entendre. Il a parlé et a touché tous les cours. Il a fait sentir les avantages de la paix qui vient de nous être rendue. Il a dit quelque chose des troubles de cette église et de ses propres traverees. Il a fait

part à ses auditeurs de l'honorable mission que le souverain Pontife lui a confiée, et il a même cilé quelques paroles du bref de S. S. Son discours a réjoui tout le clergé fidèle, et a fait sans doute une vive impression sur l'esprit de ceux que la foiblesse et la peur avoient portés à des démarches, dont il faut croire qu'ils sont aujourd'hui honteux et repentans.

SEDAN. Le 22 juin on a célébré dans l'église paroissiale de celte ville un service solennel d'expiation pour Louis XVI et les personnes de sa famille. M. l'abbé Laurent, nouveau curé de Sedan, a prononcé l'éloge funèbre du vertueux Prince. Quoiqu'il ne fut arrivé que depuis peu et qu'il fut mal portant, il n'a pu résister au désir de payer un tribut d'éloges au monarque malheureux, objet d'une si noire ingratitude. Son discours, qui a été imprimé sur la demande de la municipalité, a été fort goûté ici. L'oraleur y a peint les vertus de Louis XVI pendant son règne, et sa courageuse résignation à l'époque de nos désastres. Il est entré dans des détails intéressans sur celle révolution fatale qui nous a si rudement châtiés, et nous a félicités d'une délivrance que nous ne pouvions allendre des hommes, et qui ne nous est venue, en effet, que d'en haut.

LONDRES. Nous avons eu quelque temps ici Mør. le cardi. nal Consalvi, chargé d'une mission particulière du saint Siége auprès des souverains alliés, et Mer. Mazio, prélat altaché à son ambassade. S. Em. a eu des audiences particulières de chacun de ces princes. Elle a été reçue entr'autres par le prince régent, qui, pour lui faire honnenr, a voulu que ce fut au jour et à l'heure où S. A. R. recevoit les

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félicitations des deux chambres du parlement à l'occasion de la paix. S. Em. étoit en habit de cardinal, avec la calotte et les bas rouges, et elle est restée à côté du prince pendant qu'il recevoit l'adresse des chambres. C'étoit un spectacle assez étonnant qu'un cardinal, qu’un ambasa sadeur du saint Siége, assistant à une audience publique à Londres, et entouré de tout ce que l'Angleterre comptoit de personnages les plus distingués. S. Em. a eu depuis une audience particulière du prince régent. Le mercredi, 6 juillet, Mgr. le cardinal a assisté, dans la chapelle catholique de Saint-Patrice, à une messe solennelle d'actions de grâces pour le retour du souverain Pontife à Rome. M. Poynter, évêque d'Halie et vicaire apostolique du district de Londres, officioit pontificalement. Un autre prélat, M. l'évêque de Cork en Irlande, étoit présent. Les catholiques y étoient en grand nombre. C'étoit le jour de l'octave de la saint Pierre. Un ecclésiastique anglois a prononcé un discours analogue à la circonstance, et a célébré la délivrance miraculeuse de l'Eglise et la protection puissante de celui qui, commandant aux venis et à la tempête, a fait de nouveau arriver dans le port celle barque battue par les flots, et que l'on croyoit submergée. La présence d'un cardinal, éprouvé lui-même

par tai de traverses, ajoutoit à l'éclat de la cérémonie, et étoit un témoignage éloquent de ce changement merveilleux. Les souvenirs du passé se mêloient à la joie du présent. On se rappeloit que c'étoit à pareil jour, cinq ans auparavant (le 6 juillet 1809), que

le souverain Pontife fut arraché de son palais pendant la nuit, et partit pour un long exil, et chacun opposoit naturellement cet enlèvement et cette violence avec le triomphe récent du successeur de saint Pierre, et avec sa rentrée dans sa capitale, dont nous avions reçu peu auparavant les détails consolans. Enfin cette cérémonie avoit d'autant plus d'intérêt pour les catholiques anglois, que leur nation a pris plus de part à cette restauration du chef de l'Eglise , et que leur gouvernement, secondant noblement les vues de la Providence, a plus coopéré par ses efforts à ce rétablissement heureux , auquel la politique ne doit pas moins applaudir que la religion.

NOUVELLES POLITIQUES.

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Paris. Le Roi a reçu, mardi 19 juillet, après la messe, lo corps diplomatique, qui a été conduit à l'audience de S. M. dans les formes accoutumées.

A cette audience, M. le chevalier de Schawarz, chargé d'affaires de S. M. le roi de Wurtemberg, et M. le comte Hogendorp, chargé d'affaires de Hollande, ont été préseniés à S. M. par M. de la Liye, introducteur des ambassadeurs.

Après l'audience du Roi, le corps diplomatique s'est rendu à l'audience de S. A. R. Mgr. le duc de Berry.

Avant la messe, le Roi a reçu en audience secrèle M. Gries; député du Sénat de Hambourg.

Le 20, le Ror a entendu la messe dans la chapelle ordinaire du château. A son retour, il a daigné se montrer alı peuple, qui ne l'avoit pas vu depuis plusieurs jours, et qui à témoigné, par des acclamations unanimes, la joie qu'il ressentoit en voyant que S. M. jouissoit d'une meilleure santé. Le 21, l'affluence a été plus grande encore, et S. M. a été saluée par des acclamations vives et réitérées, auxquelles elle s'est montrée fort sensible, et dont elle a joui quelque temps avec un plaisir marqué.

La santé de MONSIEUR étant entièrement rétablie, S. A. R. reviendra à la fin de la semaine occuper l'appartement qu'elle habite aux Tuileries.

Mgr. le duc de Berry a chassé, le 20 juillet, au bois de Boulogne. A quatre heures du soir, S. A. R. est revenue de Bagatelle.

Les troupes composant la garnison de Paris, ont donné, le 20, une fête à la garde nationale parisienne. Elle a eu lieu dans les jardins de Tivoli. Plus de six mille personnes avoient

reçu des lettres d'invitation. S. A. R. le duc de Berry s'y est rendu, ainsi qu'une foule de personnages distingués. Le banquet a été très - splendide; on y a porté des toasts qui ont été applaudis arec transport, et annoncés aux habilans de Paris par le bruit du canon. Cette fête a été terminée par un beau feu d'artifice. La gaîté y a présidé, et tous les militaires qui s'y trouvoient ont fait éclater leur dévouement pour le Roi, et leur respect pour le Prince qui honoroit celle fête de sa présence.

- Les espèces frappées à l'effigie du Roi dans l'hôtel des Monnoies de Paris, depuis la restauration, n'ayant pas été jugées aussi belles qu'elles pourroient l'être, on vient d'ouvrir un concours pour la confection de nouveaux coins et matrices. Quelques personnes auroient désiré surtout qu'au lieu de cette inscription insignifiante : Pièce de 5 francs; pièce de 20 francs, on eût rétabli l'ancienne légende : Sit nomen Domini benedictum, et pour les pièces d'or : Chrs. Regn. Vinc. Imp.

La Gazette de Vienne, du 7 juillet , publie l'article sui

vant :

« D'après des nouvelles officielles reçues d'Angleterre, vu l'importance des objets dont s'occupe actuellenient le parlement, et qui mettent le premier secrétaire d'Etat des affaires étrangères, nommé pour se rendre au congrès de Vienne, dans l'impossibilité de quitter l'Angleterre avant que les séances du parlement soient entièrement terminées; en outre, S. M. l'Empereur de Russie, dont la présence dans ses Etats est nécessaire, ne pouvant prolonger encore pendant plus sieurs semaines son séjour en Allemagne pour altendre l'ouverture du congrès, les souverains et leurs cabinets réunis en Angleterre, se sont déterminés à fixer au 1er. octobre procha.. l'ouverture du congrès , qui devoit avoir lieu à Vienne dans le cours du mois d'août.

» L’union constante des Monarques alliés, à laquelle on doit attribuer la marche heureuse des événemens qui ont mis fia à la guerre, aura la même influence sur l'arrangement définitif des affaires de l'Europe. S. M. I. russe, qui a quitté Londres, le 22 juin, se rend par la Hollande et le long du Rhin à Carlsruhe, et de la par la Prusse à Saint-Pétersbourg; quittera de nouveau sa résidence après un séjour de trois semaines, et arrivera à Vienne à la fin de septembre.

» Tous les pays occupés provisoirement resteront dans la situation où ils se trouvent présentement, jusqu'aux dispositions qui seront réglées pas le congrès.

» S. M. I. a daigné ordonner que les fêtes qui devoient avoir lieu pour la réunion des monarques à Vienne, fussent remises au jer. octobre ».

On a maintenant la certitude que S. M. le roi de Bavière honorera aussi cette capitale de sa présence.

L'impératrice Marie-Louise , voyageant incognito sous Je nom de duchesse de Colorno, et se rendant aux eaux d'Aix en Savoie, est arrivée à Lausanne, le samedi 9, à quatre heures après midi, et est descendue à l'auberge du Lion-d'Or. Elle avoit un train de onze voitures, pour lesquelles il falloit soixante chevaux à chaque

relai. Le lendemain 10, la princesse est partie à neuf heures du matin, pour aller déjeuner au château d'Allaman, où elle étoit allendue. Elle est repartie à deux heures, s'est embarquée à Allaman avec sa suite, et a mis pied à terre au Marais, campagne située à une demi-lieue de Nyon ; et à peu de distance de là, elle est remontée en voiture, et est partie pour Séchairon, près de Genève, où elle se propose , dit-on, de passer quelques jours avant de se rendre aux eaux d'Aix.

Le Parlement d'Angleterre a accordé cent mille livres sterling aux parties de l'Allemagne qui ont le plus souffert des ravages de la guerre.

AVIS.

Les Abonnés de trois mois qui n'ont pas renouvelés sont priés de le faire sans délai.

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