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Saint-Marc à Venise. Comme cette dernière, la , est aujourd'hui la première de l'Allemagne. Fille chapelle de la Toussaint est couverte de peintu-de l'ancienne école de Dusseldorf, qui lui a enres sur fond d'or. M. de Klenze est aussi chargé voyé ses plus illustres disciples (Pierre Cornede la construction du Panthéon bavarois (baye- lius, Guillaume Kaulbach, les deux Hess, Zimrische Ruhmes-Halle), qui s'élèvera aux portes mermann, etc.), elle se distingue par la correction de la ville, et qu'il ne faut pas confondre avec du dessin, par la pureté idéale de la composile Walhalla (Panthéon germanique), érigé, sur tion, plutôt que par la beauté du coloris, qui les plans du même architecte, aux environs de participe, en quelque sorte, de la froideur et de Ratisbonne. Devant le portique de la Ruhmes- l'uniformité de teintes particulières aux pays de Halle (salle de gloire) se dressera la colossale plaines. La préoccupation trop exclusive du stalue allégorique de la Bavière, coulée en

dessin constitue évidemment le plus grand débronze d'après le modèle de Schwanthaler. Elle faut de l'école de Munich. Elle en a encore d'auaura 55 pieds de haut, non compris le piédestal. tres que nous croyons pouvoir rapporter à

La Ludwigs-Strasse (rue Louis), la plus belle l'imitation systématique des maîtres italiens rue de Munich, est presque en entier l'æuvre de antérieurs au temps de Raphaël et de Michell'architecte Gærtner. Par les édifices qui la dé- Ange. De là le reproche d'archaïsme que les corent, les trois suivants méritent une mention critiques français adressent, non sans raison, particulière. L'église de Saint-Louis, construite aux peintres de Munich. dans le style byzantin, est surmontée de deux On peut consulter sur Munich les ouvrages tours carrées dont l'écartement frappe désagréa- suivants en allemand : Histoire authentique blement la vue. Les fresques dont elle est revêtue de Munich depuis son origine jusqu'à la mort à l'intérieur sont dues au pinceau de Cornelius, de l'empereur Louis IV, ouvrage posthume de et le tableau du Jugement dernier, au-dessus du Michel de Bergmann, Munich, 1783; Histoire et maître-autel, passe pour le meilleur ouvrage de description de Munich, par Westenrieder, cet artiste. Les deux autres sont le bâtiment de 1783; Munich, manuel pour les étrangers et la bibliothèque, qui rappelle le beau palais Ricles indigènes, par le docteur Ernest Færster, cardi de Florence, et l'université, tous deux ibid., 1840. En français, Histoire de l'art moconstruits en briques.

derne en Allemagne, par le comte de RadCitons encore l'église de Saint-Boniface, due à czynski, Paris, t. I-III, 1836-1841; l'Art en l'architecte Zieblend, et bâtie sur le modèle des Allemagne, par H. Fortoul, Paris, 1841, 2 vol. anciennes basiliques : 64 colonnes monolithes de in-8°.

DE PFEFFEL. marbre blanc la divisent en 5 nefs. Derrière cette MUNICIPAL (RÉGIME). C'est l'ordre suivant basilique, et faisant face à la Glyptothèque, s'é- lequel certains fonctionnaires administrent les lève, sous la direction du même architecte, un

affaires d'une commune, surveillent les intétemple d'ordre corinthien, destiné aux exposi- rêts communs de ses habitants. tions des produits de l'art et de l'industrie. La Les Romains nommaient municipes (municinouvelle église paroissiale du faubourg transri- pia) des cités qui, dans l'origine, s'étaient voverain est le seul , parmi les édifices de con- lontairement adjointes à la république, et dont struction récente, qui soit bâti dans le style go- les habitants étaient devenus citoyens romains, thique. Elle doit sa principale parure à l'élégante tout en conservant leurs propres lois et le droit flèche qui surmonte sa tour et aux beaux vitraux de choisir leurs magistrats. Le municipe diffépeints dont le roi lui a fait don.

rait de la colonie, qui se composait de citoyens Trois places de Munich ont été décorées de pauyres auxquels on abandonnait des terres enmonuments en bronze. La statue curule, érigée levées à l'ennemi. Dans la suite, les colonies fupar la bourgeoisie à la mémoire du roi Maximi- rent quelquefois peuplées par des vétérans d'une lien-Joseph, est l'ouvrage de Rauch; Thorwald-légion, qui recevaient des terres en récompense sen a fait le modèle de la statue équestre de de leurs services. Ces Romains, transplantés sur l'électeur Maximilien [er; Klenze a fourni les un sol étranger, conservaient tous les droits dont dessins de l'obélisque que le roi a consacré aux ils avaient joui dans la métropole, et étaient 30,000 soldats bavarois morts dans la campagne gouvernés, suivant la loi romaine, par des made Russie.

gistrats que choisissait le sénat de Rome. Dans cette revue des principaux ouvrages Les nuances qui distinguaient d'abord les d'architecture entrepris depuis 17 ans, nous droits des colonies de ceux des municipes dispaavons eu occasion de parler des peintures, dont rurent sous l'unité des lois qui réglèrent le sort ils tirent un si grand éclat. L'école de Munich | des cités de l'empire romain dans les Gaules. Les

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citoyens qui ne possédaient pas l'étendue de ter- exécuter les travaux publics qui sont à la charge rain fixée par la loi, n'étaient pas admis à l'exer- de la communauté; d'administrer les établissecice des droits municipaux. La curie (voy.) se ments qui appartiennent à la commune, qui sont composait des fils de décurions ou de sénateurs, entretenus de ses deniers, ou qui sont particuet de tous ceux que les suffrages de la curie ylièrement destinés à l'usage des citoyens dont appelaient. Pour être élu membre de ce corps, elle est composée; de faire jouir les habitants il fallait être propriétaire de 25 journaux (ju- des avantages d'une bonne police, notamment gera) de terre, être âgé de 25 ans, et avoir ob- de la propreté, de la salubrité, de la sûreté et de tenu la majorité absolue des suffrages. La curie la tranquillité, dans les lieux et édifices publics entière nommait les magistrats municipaux, (loi du 14 déc. 1789). D'après cette loi, le maire dont les plus considérables étaient : 1° les duum et les officiers municipaux étaient élus par les virs (vor.), dont le pouvoir était analogue à citoyens actifs. La constitution de l'an ni incelui qu'avaient les consuls à Rome; 2° les prin- troduisit de grands changements dans l'organicipaux (principales), qui formaient le conseilsation municipale, et ne conserva du régime exécutif de la curie, et étaient chargés de la établi en 1789 que le principe de l'élection. En répartition et de la recette l'impôt foncier; 3° le créant des administrations municipales par cancurateur de la cité, qui administrait et affer- ton, elle réduisit le nombre des municipalités, mait les domaines de la curie; 40 enfin, le dé- sans étendre leurs attributions. La loi du 28 plufenseur de la cité, dont l'autorité rappelait celle viôse an yılı supprima les administrations coldes tribus de Rome. Il était choisi, hors de la lectives et les élections populaires, et confia au curie, par l'universalité des habitants, qu'il de- chef de l'État ou aux préfets, suivant le chiffre vait défendre contre l'injustice des taxes, et de la population, le choix des maires, des admême contre les entreprises des magistrats. joints et des conseillers municipaux. Les assem

« Les municipes romains, dit M. Augustin blées cantonales concoururent encore, mais Thierry, ont conservé, comme un dépôt, la pra- par voie de présentation seulement, à la nomitique de l'administration civile; ils l'ont trans- nation des conseillers municipaux des grandes mise, en la propageant, aux communes du villes; enfin, le décret du 17 janvier 1806 fit dismoyen âge, et c'est à l'imitation des communes paraître les dernières traces de la forme élecque le gouvernement des rois de France s'est tive. Cet état de choses dura jusqu'à la promulmis à procéder, dans sa sphère, d'après les re- gation de la loi du 21 mars 1831, qui a rétabli le gles administratives, chose qu'il n'a faite que système électif et a satisfait ce besoin de vie pobien tard, et d'une façon bien incomplète. litique que les institutions nouvelles ont répandu ( Récit des temps mérovingiens. Considéra- dans toutes les classes de la société française. tions sur l'Histoire de France.) Depuis la se- Le corps municipal de chaque commune est conde moitié du xie siècle, époque où l'on vit aujourd'hui composé du maire, des adjoints et pour la première fois des villes constituées en des conseillers municipaux. Chaque commune a communes, une suite de changements et de ré- un conseil municipal, de 10 à 36 membres, suiformes s'étaient opérés dans l'organisation devant la population. Les conseillers municipaux chaque ville importante, lorsque la prérogative sont élus pour six ans par l'assemblée des élecde choisir les magistrats, qui avait déjà subiteurs communaux; ils sont renouvelés par moidiverses restrictions, fut abolie par les édits de tié tous les trois ans, et sont toujours rééligiLouis XV, qui convertirent les charges munici- bles. Le roi, ou le préfet en son nom, choisit pales en offices royaux. Toutefois, on peut consi- parmi les membres du conseil municipal un dérer les communautés d'habitants comme ayant maire pour chaque commune, et un ou plusieurs toujours joui, au moins de fait, du droit d'élire adjoints : il n'y en a qu'un pour les communes les officiers municipaux.

de 2,500 habitants et au-dessous; deux pour L'un des premiers soins de l'Assemblée con- celles de 2,500 à 10,000, et dans les communes stituante fut de créer ce qu'on appela des muni- d'une population supérieure, un adjoint de plus cipalités, et de les organiser d'après un système par chaque excédant de 20,000 habitants. uniforme, en déclarant que les fonctions pro- Les conseils municipaux se réunissent quatre pres au pouvoir municipal étaient : de régir les fois par an, au commencement des mois de fébiens et revenus communs des villes, bourgs, vrier, mai, août et novembre. Les préfels et les paroisses et communautés; de régler et d'acquit- sous-préfets peuvent prescrire la réunion exter celles des dépenses locales qui doivent être traordinaire des conseils, ou l'autoriser sur la payées des deniers communs; de diriger et faire demande du maire, toutes les fois que les inté

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rêts de la commune l'exigent. Le roi peut pro-, toutes qu’un intérêt purement local, sont exénoncer la dissolution des conseils municipaux. cutoires si elles ne sont pas annulées par le préLeurs délibérations sont nulles lorsqu'elles por- fet dans les trente jours qui suivent la date du tent sur des objets étrangers à leurs attributions, récépissé de la délibération, ou suspendues penou lorsqu'elles sont prises hors de leur réunion dant un autre délai de trente jours. A l'égard légale. La loi du 20 avril 1834 a donné une or- des matières sur lesquelles les conseils délibèganisation particulière au corps municipal de rent, et dont l'importance justifie le concours la ville de Paris. Il se compose du préfet de la d'une garantie supérieure, les délibérations ne Seine, du préfet de police, des maires, des ad- peuvent être exécutées qu'avec l'approbation du joints et des conseillers élus par cette ville. Il y préfet ou du roi, suivant les cas. a pour chacun des douze arrondissements de Pa

Outre ces attributions, les conseils municiris un maire et deux adjoints, qui sont choisispaux donnent leur avis sur divers objets , par par le roi sur une liste de douze candidats for exemple sur les projets d'alignement de grande mée par les électeurs de l'arrondissement. Ils voirie dans l'intérieur des communes; sur les sont nommés pour trois ans, et toujours révo- circonscriptions relatives au culte, les budgets cables (art. 11 et 12). Il y a chaque année une et les comptes des administrations de charité et session ordinaire; mais le conseil municipal ne de bienfaisance, etc. Sur toutes ces affaires, qui peut s'assembler que sur la convocation du pré- n'intéressent qu'indirectement la commune, et fet de la Seine.

dont la décision appartient à l'administration, Les conseils municipaux règlent, par leurs les conseils municipaux sont simplement condélibérations, le mode d'administration des biens sultés. Enfin, les conseils municipaux réclacommunaux; les conditions des baux à ferme ment, s'il y a lieu, contre le contingent assigné ou à loyer dont la durée n'excède pas 18 ans à la commune dans l'établissement de l'impôt pour les biens ruraux, et 9 ans pour les autres de répartition, et ils peuvent exprimer leur cou biens; le mode de jouissance et la répartition sur tous les objets d'intérêt local. des pâturages et fruits communaux; les affoua- Les séances des conseils municipaux ne sont ges. Ils délibèrent sur le budget de la commune, pas publiques. Leurs débats ne peuvent être et en général sur toutes les recettes et dépenses, publiés officiellement qu'avec l'approbation de soit ordinaires, soit extraordinaires; sur les l'autorité supérieure. tarifs et règlements de perception de tous les Les fonctions des maires, des adjoints et des revenus communaux; sur les acquisitions et autres membres du conseil municipal, sont esaliénations des propriétés communales, leur af- sentiellement gratuites. Aux termes de la loi fectation aux différents services publics, et sur nouvelle, qui détermine avec précision les attritout ce qui intéresse leur conservation et leur butions du maire, ce fonctionnaire est chargé, amélioration; sur la délimitation et le partage sous la surveillance de l'autorité supérieure, des biens indivis entre deux ou plusieurs com- 1° de la publication et de l'exécution des lois et munes ou sections de commune; sur les condi- règlements; 20 des fonctions spéciales qui lui tions des baux à ferme ou à loyer dont la durée sont attribuées par les lois; 3° de l'exécution excède 18 ans pour les biens ruraux,

et 9 ans des mesures de sûreté générale; 40 de la police pour les autres biens, ainsi que celles des baux municipale, de la police rurale et de la voirie des biens pris à loyer par la commune, quelle municipale, et de pourvoir à l'exécution des actes qu'en soit la durée; sur les projets de construc- de l'autorité supérieure qui y sont relatifs; 5° de tions, de grosses réparations et de démolitions, la conservation et de l'administration des proet sur tous les travaux à entreprendre; sur l'ou- priétés de la commune, et de faire en conséquence verture des rues et places publiques, et les pro- tous actes conservatoires de ses droils; 6o de la jets d'alignement de voirie municipale; sur le gestion des revenus, de la surveillance des étaparcours et la vaine pâture; sur l'acceptation blissements communaux et de la comptabilité des dons et legs faits à la commune ou aux éta- communale; 7o de la proposition du budget et blissements communaux; sur les actions judi- de l'ordonnancement des dépenses; 8o de la diciaires et transactions, et sur tous les autres rection des travaux communaux; 9o de souscrire objets sur lesquels les lois et règlements appel- les marchés, de passer les baux des biens et les lent les conseils municipaux à délibérer (loi du adjudications des travaux communaux, dans les 18 juillet 1837, art. 17 et 19).

formes établies par les lois et règlements; 10° de Les délibérations des conseils relatives aux souscrire dans les mêmes formes les actes de matières qu'ils sont appelés à régler, et qui n'ont | vente, échange, partage, acceptation de dons ou

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