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avoir prouvé qu'il a reçu une culture littéraire dont le latin serait la base.

C'est alors que de tous côtés affluent les témoignages des savants, des médecins de tous les pays, pour démontrer que l'esprit du médecin ne se forme que par les méthodes d'observation, propres aux études littéraires, qu'en France on donne accès dans les Facultés de médecine à des jeunes gens bien préparés pour d'autres carrières, mais mal préparés pour la carrière médicale.

Le corps médical se plaint que les médecins sont trop nombreux, et qu'ils entrent dans la carrière insuffisamment préparés; j'ajoute que la Société est intéressée, plus encore que les médecins, à ce que cette situation, dangereuse pour elle, ne se perpétue pas; la réforme nouvelle perpétuera et aggravera sur ces deux points la situation actuelle.

Parmi les quatre types de baccalauréat projetés, j'estime que deux types peuvent donner accès aux études médicales : les types A (latin et grec), B (latin et langues vivantes), ce dernier serait à mon avis le préférable. J'accepterais encore le type C (latin et sciences), bien qu'il rappelle singulièrement la branche scientifique de la bifurcation de 1851, à laquelle on a dû renoncer après expérience faite; mais je repousserais sans hésitation le type D (français et sciences, sans latin).

Qu'on ne se méprenne pas d'ailleurs sur le sens de ces observations. Il ne s'agit pas seulement de sauvegarder les intérêts d'une profession. La Société a exactement les mêmes intérêts que les médecins. Elle est en danger, si elle n'a pas un corps médical digne de toute sa confiance. Elle ne l'aura que si celui-ci n'est pas exposé à subir les compromissions que suggèrent les difficultés de la vie. Le malade n'est pas compétent pour apprécier la valeur d'un médecin, il se livre à lui; la puissance des charlatans le démontre tous les jours. Que la Société prépare donc, dans son intérêt à elle, une génération de docteurs en qui scientifiquement et moralement elle puisse avoir toute sécurité.

II. - DIMINUTION DU NOMBRE

DES MALADES

Il y a quelques années, un de mes collègues d'une Société savante, qui en même temps est membre du Conseil d'administration des pompes funèbres, me disait — à mon grand plaisir que les pratiques d'hygiène et les mesures prophylactiques prises contre les maladies épidémiques enlevaient aux pompes funèbres de Paris 12,000 cadavres par an. Ce chiffre me parut considérable et j'allai me documenter aux chiffres publiés au Journal officiel du 10 janvier 1897 concernant l'impôt sur les successions. Or cet impôt, en 1895, avait rapporté à l'Etat une somme de 194.328.000 fr. et, en 1896, n'avait plus fournique 181.987.000 fr., soit une moins value de 12.341.000 fr. due à une diminution du nombre des décès.

La vérification est facile à faire pour Paris. .

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Donc voici, officiellement constatées, 9,250 vies épargnées, comptons pour plus de facilité 10.000. Les statisticiens et, en cela ils semblent se rapprocher de la vérité, comptent qu'il y a un décès pour dix malades, on a donc compté à Paris en 1900: 100.000 malades de moins qu'en 1886.

Les malades diminuent et le nombre des médecins augmente, le malaise dont souffre notre corporation n'est donc pas étonnant et tous ceux qui font partie d'une assuciation médicale savent avec quelle rapidité s'élève le nombre des secours qui doivent être délivrés aux sociétaires et aux veuves de confrères, que la mort du chef de famille a plongées dans la plus noire misère.

En 1893, il y avait à Paris 1963 médecins; en 1900, il y en avait 2846, soit une augmentation énorme de 883 médecins, soit d'un tiers en sept ans. Pour mettre en relief les résultats pécuniers, palpables de cette pléthore médicale, nous allons faire l'hypothèse suivante :

Tous les médecins ont le même nombre de malades, qu'ilsvisitent par an une moyenne de dix fois, au prix de cinq francs la visite.

En 1886, chaque médecin aurait eu 280 malades, qui, visités dix fois à cinq francs, lui auraient rapporté 14,000 francs.

En 1900, chaque médecin aurait eu 146 malades, qui, visités dix fois à cinq francs, lui ont rapporté 7,300 francs.

Dans notre hypothèse, chaque médecin a vu la somme représentative de son travail diminuée de moitié, et cette hypothèse n'est pas loin d'être la réalité.

Les médecins parisiens se plaignent de la concurrence qui leur est faite par les hôpitaux.

Les hôpitaux sont faits et entretenus par l'As

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