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PITRE.

E

121 Acad. Roy. de Musique. 153 Charade, Enig. Logog. 126 Théatre de la Nation. Le Despotisme dévoilé.

160

1:291

A Paris, de l'Imprimerie die MOUTARY),

que des Mathurinis, Hôrel de Cluni.

ret 2-29-32

25250

Se MERCURE

DE

FRANCE. 2677

8886

PIÈCES FUGITIVES

EN VERS ET EN PROSE.

LE PÈRE ET LES TROIS FILS.

>

CHARGÉ de biens & d'ans, Un père , avant sa mort,

voulut faire partage, Entre ses trois enfans, De ses biens, qui devoient être leur héritage.

C'étoit le fruit de ses travaux ;
Il avoit bien le droit de faire entr'eux les lots.
- Je réserve pourtant, dit ce vertueux père,

» Un diamant de prix;
» Je le destine pour salairę

» A celui d'entre vous mes fils,
» Qui, par quelqu'action & noble & généreuse,

i Se fera le plus distingué. » Vous avez tous les trois une ame vertueuse ; * Vos moyens sont égaux c. Chaque fils intrigué,

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Pour obtenir le prix, bientôt se met en route s

D'être vainqueur aucun ne doute,
Au bout de quelque temps on les voit de retour

A la maison paternelle,
Au bon papa joyeux chacun donnc bon jour
Et lui
porte

sa nouvelle.

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» Dans mon voyage, dit l'aîné, » Sans sûreté, ni garantie aucune

» Un étranger en dépôt m'a donné » Son porte-feuille : & moi , inaître de la fortunę, » Si-tôt qu'il est venu me le redemander,

J'ai renda le dépôt que j'aurois pu garder, p En quoi cette action seroit-elle louable ? » Reprit le père : est-on très-estimable,

p> Mon fils, pour n'être point fripon
» Etre honnête homme est d'obligation;

» Faire ce
32 Méțite éloge, & non salaire.

qu'on doit faire

?

» Vu jour, dit le second, je vis un jeune enfant,

Qui, folâtrant sur le rivage, » Se laiffa cheoir dans un étang.

» Au risque de faire naufrage, » Je m'empreitai de lui porter secours. .

so Le pauvre enfant eût péri dans l'abîme ! p» Je le tirai de l'onde, & je sauvai les jours, » Cette action est bonne ; & je l'estime,

» Dic le vieillard avez bonté; # Mais, mon enfant, foulager ses semblables,

» Et recourir les misérables,

» Ce n'est qu'un trait d'humanité cc. Le plus jeune, à son tour, conte ainsi son histoire. » Au bord d'un précipice , un jour mon ennemi » S'étoit profondément, par hasard, endormi. » J'aurois pu , remportant sur lui pleine victoire, « Dans l'abîme, d'un coup, à l'instant le plonger ;

» Tout doucement, avec prudence, » Je l'éveillai : le tirer du danger

» Ce fut mon unique vengcaoce.

» O mon fils, s'écria vieillard attendri, » C'est pour toi le joyau. Quelle vertu suprême

» De faire à son ennemi même » Le bien que l'on feroit à son meilleur ami ce !

( Par M. le Mereyer, Sec. du Roi. )

V E R S

Pour mettre au bas du Portrait de Mlle.

A..... G...i. SA modeste vertu, sa douce humanité, Ses graces sur nos cæurs lui donnent tout empire : Pour elle en vain l'Amant & géirit & foupire 3 Le pauvre seul la touche , & leui est écouté.

(Par M. D... Av. en Parl.)

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monde on appelle dil trait, des faillies, des mots imprévus & piquans, peu de fuite dans les idées. Caulant tant qu'on vouloit pourvu qu'il ne fallût pas raisonner, voltigeant d'objets en objets, sans se reposer sur aucun, il auroit cru s'appesantir s'il eût réfléchi deux minutes à ce qu'il avoir dit, à ce qu'il alloit dire; mais plus son entretien étoit léger, plus il étoit brillant.

Les jeunes gens, les jeunes femmes ne se lalloient point de l'entendre. Comme il favoit un peu de tout , il avoir l'air de tout savoir ; & l'on se demandoit comment il pouvoit à son âge en avoir tant appris.

Mais ni ina fæur, ni les' têjes mûres qui compofoient la société intime, n'admiroient cette suffisance : ils n'y voyoient qu'une superficie de faux savoir sur un grand fond de vanité. Pour moi, j'étois plus indulgente ; & sans me soucier que son esprit fút plus solide, je le trouvois fort amusant, Je ne lui défrois qu'un peu moins d'assurance & un peu plus de inodestie ; & Caliste , ma nièce, comme vous l'allez voir , éroit assez de mon avis.

Un jour que devant elle j'excufois Villarcé du reproche de fatuité : Voilà, me dit ma seur, une belle cause à défendre ! La présomption d'un jeune étourdi qui ne doute de rien, qui décide de tout , & qui ne daigne pas mêine entendre l'homme inftruit, l'homme sage qui lui donneroit des leçons. Ne me parlez pas d'une tête

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