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(4) ils offraient leurs sacrifices et faisaient leurs dévotions autour d'une colonne, d'une pierre, ou de quelque grand arbre, particulièrement d'un chêne, pour lequel ils avaient une vénération singulière. J'indiquerai ailleurs l'origine de cette superstition.

La connaissance du vrai Dieu s'altéra insensiblement chez les Gaulois. Ils se firent des dieux subalternes. Ils imaginèrent, comme les autres peuples , une suite de dieux, qui tous étaient assujettis à l'Être éternel et indépendant qui leur avait donné l'existence. Ils se persuadèrent que le Dieu suprême avait confié à ces divinités subalternes le soin et la conduite des différentes parties de l'univers; mais ils croyaient toujours que ces dieux inférieurs étaient de la même nature que leur auteur, spirituels, invisibles, et dégagés de toute matière : c'est pourquoi ils ne donnaient ni noms ni surnoms à ces divinités; ils les appelaient simplement les Dieux.

Cependant, le premier pas que l'ignorance des Gaulois leur avait fait faire vers le polythéisme, ne tarda

pas à les plonger entièrement dans l'idolâtrie. Les Phéniciens et les Egyptiens introduisirent dans la Grèce le culte de Jupiter et de leurs autres faux dieux. Une colonie de Grecs vint fonder Marseille, six cents ans avant Jésus-Christ, et y apporta le culte des nouvelles divinités : de là il s'étendit dans toutes les Gaules. Les Gaulois, vaincus et subjugués par les Romains, s'accoutumèrent aussi à la religion de leurs vainqueurs. Alors ils égalèrent tous les peuples de la terre en superstitions; leur religion ne fut plus qu'un

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cet autel. Après la dispersion des enfans de Noé dans toutes les régions, les chefs de famille conservèrent également leur autorité sur le culte religieux et l'administration des choses civiles. Abraham, père des croyans, se disposa à immoler son fils Isaac pour obéir à Dieu; mais le Seigneur, qui ne voulait pas ce sacrifice, lui défendit de mettre la main sur l'enfant. Abraham prit un bélier et l'offrit en holocauste, au lieu de son fils.

Dans la suite, les hommes établirent quelques-uns pris d'entre eux pour les appliquer spécialement au culte de l'Etre-Suprême ou des Divinités qu'ils s'étaient faites, et pour ordonner tout ce qui concernaitle rit religieux. Cette institution varia selon le génie des différentes nations(1). Parmi les Celtes, les hom

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l'avait avoué, que ce prince, étant encore simple officier, conçut les premières espérances de sa fortune sur les discours que lui tint une femme druide, du pays de Tongres (1). Il est au moins vraisemblable que les prêtresses celtes tenaient le premier rang parmi les femmes qui étaient chargées dans les Gaules du soin d'administrer la justice (2). Dans la suite elles furent dépouillées de leur autorité, qui passa aux prêtres

(1) Cum Diocletianus apud Tungros in Galliâ quâdam in carponâ moruretur, in minoribus adhuc locis militans, et cum muliere quâdam druide rationem convictus sui quotidiani faceret, et illa diceret : Diocletiane, nimium avarus es; jocosè, non serid, Diocletianus respondisse fertur : Tunc ero largus, cùm imperator fuero. Post quod verbum Druias dixisse fertur : Diocletiane, jocari noli; nam imperator eris, cum Aprum occideris. Semper exindè Diocletianus in animo habuit imperi cupiditatem, idque Maximiano conscio atque avo meo, cujus hoc dictum à Druide ipse retulerat. ( Vopisc., in Numer., p. 252. )

(2) Plutarque et Polyen s'accordent à dire que les Celtes prenaient le conseil des femmes dans leurs délibérations sur la paix, sur la guerre, et sur leurs autres affaires les plus importantes. On pourrait attribuer cette estime à l'inclination que les Gaulois ont toujours fait paraître pour les femmes, si cette déférence singulière n'eût prévalu que dans leur propre pays. Mais quand on voit que dans le traité fait entre Annibal et les Gaulois, il est stipulé expressément que si les Carthaginois se plaignent de ceux-ci, ils porteront leurs plaintes devant les femmes gauloises, lesquelles en seront les juges, on ne peut s'empêcher de reconnaître que l'équité de ces femmes était regardée comme incontestable, et connue même des étrangers.

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