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été de dégager de l'ensemble des questions sociales, qui s'imposent à son attention, celles qui se rapportent à la santé publique.

Au moment même où cet élan humanitaire inspirait la Société tout entière, la science médicale subissait une véritable révolution. Grâce à l'ouvre de Pasteur on pouvait proclamer qu'il est des maladies évitables; leurs agents sont connus dans leurs mours et dans leurs conditions de vie et de mort.

Les voix les plus autorisées l'avaient déclaré, des guérisons surprenantes avaient prouvé l'efficacité des nouvelles méthodes, leur puissance vis-à-vis des maladies qui précisément jettent l'épouvante dans les familles : la rage et la diphtérie.

Les modes de propagation de quelques épidémies étaient mis en lumière : la tuberculose, la fièvre typhoïde, le choléra, etc. Les populations ont demandé aux médecins de les protéger contre elles, d'agir et de tenir les promesses qu'ils avaient faites au nom de la science.

Les pouvoirs publics, émus par le danger que la dépopulation fait courir à notre nation, ont à leur tour demandé conseil aux médecins. Puisqu'on ne peut forcer les Français à procréer, au moins que l'on empêche de mourir ceux qui sont nés.

La société ne demande donc plus seulement au médecin de guérir le malade qui se fie à ses soins, mais d'indiquer au gouvernement, aux municipalités, aux diverses collectivités et à l'individu luimême les moyens d'être à l'abri des maladies reconnues évitables.

Le rôle du médecin dans la société n'est plus seulement curatif; il est surtout prophylactique.

L'expérience a montré la puissance de son action sur ce nouveau terrain. Les sociétés de secours mutuels se sont constituées pour se protéger collectivement contre la maladie. Alors que la mortalité était pour toute la France de 1891 à 1895 de 23,7 pour 1000 habitants et de 22 pour la période 1896-1900, la mortalité dans les mutualités a été de 16 pour 1000. .

Je sais que ces transformations, que les médecins appelaient de leurs voux, à l'accomplissement desquelles ils ont concouru avec une énergie méritoire, ont eu pour le corps médical de cruelles répercussions.

J'ai pensé que nous ne trouverions les moyens d'en atténuer les effets que si nous avions une connaissance exacte du régime auquel est actuellement soumise notre profession.

J'ai donc cette année exposé aux élèves de la Faculté le sens des lois récentes qui intéressent le médecin.

Il ne faut pas chercher dans ce petit livre un commentaire de ces lois, j'ai seulement voulu indiquer leurs tendances et leurs conséquences.

Que M. le docteur Reille, qui a bien voulu cette année encore rédiger mes leçons, reçoive mes remerciements pour le concours dévoué qu'il m'a donné.

10 septembre 1902.

P. BROUARDEL.

LA

PROFESSION MÉDICALE

AU COMMENCEMENT DU XX SIÈCLE

Depuis quelques années, médecins et clients font entendre des plaintes plus ou moins justifiées au sujet des conditions dans lesquelles la médecine s'exerce actuellement. Il est certain que la profession médicale subit une évolution qui a créé une véritable crise. Quelles en sont les causes ?

Les médecins établis se plaignent du nombre sans cesse croissant des jeunes docteurs qui viennent leur faire concurrence et aussi des meurs nouvelles que certains d'entre eux apportent dans l'exercice de la profession.

Les jeunes disent qu'ils ne trouvent pas toujours chez les anciens toute l'affabilité et l'amitié confraternelles qu'ils espéraient rencontrer.

Enfin, on accuse les Facultés de médecine de

en

ne pas suffisamment avertir, au cours des études, les jeunes gens qui se préparent à embrasser notre carrière, des écueils et des déboires qu'ils pourront y rencontrer.

Certains ont pensé, et ils ont eu raison, apporter un remède à cet état de malaise fixant les règles de la déontologie médicale ; aussi un peu partout on expose et on discute les droits et les devoirs des médecins entre eux ou vis-à-vis de leurs clients. Certes l'étude de la déontologie a été pendant longtemps trop négligée; il est bon que le jeune médecin, lancé du jour au lendemain dans le tourbillon de la lutte, soit mis en garde contre les défaillances ou les compromissions,qui, si elles lui procurent quelque avantage temporaire, finissent toujours par jeter le discrédit sur lui-même et sur sa profession. Cependant la déontologie médicale n'embrasse qu'un côté de la question et la véritable cause de la crise extrêmement grave dont souffre notre profession me semble avoir quelque peu échappé aux observateurs.

La crise médicale tient à bien des causes :
Les progrès de la science, les découvertes de

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