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Cette opération condense dans l'argile de la terre gazonnée les gaz provenant de la combustion, transforme ainsi en substances immédiatement assimilables

par la végétation les matières organiques garnissant le sol, neutralise l'acide tannique si abondant surtout dans la terre de bruyère, et détruit les mauvaises herbes ainsi que les insectes nuisibles, par exemple les altises si acharnés contre les colzas et les navets. On voit que l'écobuage ainsi pratiqué est ordinairement inexécutable dans les défrichements de forêts, attendu qu'il ne convient généralement de défricher que des massifs assez serrés pour avoir enrichi d'engrais leur sol, et sous lesquels par conséquent n'ont pu croître les gazons nécessaires aux mottes solides et combustibles des fours à écobuer. Ce ne sera que lorsque par exception on défrichera un taillis tout jeune, ne formant pas massif et tapissé de gazon, que l'on pourra recourir à ce procédé d'écobuage.

Mais si cette méthode d'écobuage est ordinairement impraticable lors des défrichements de bois, ne faudrait-il pas, pour l'étendre à toutes les opérations de ce genre, la modifier suivant la pratique usitée dans les taillis sartés? Dans ces taillis, le plus souvent gazonnés, parce qu'ils sont peu serrés et peuplés de chêne dont le couvert est léger, on répand sur le parterre des coupes exploitées les branches trop .menues pour donner du bois de corde, et l'on y met le feu. La flamme réduit en cendre les branches, le gazon,

les feuilles et leur tannin, dissipe presque tous leurs éléments azotés, mais rend le terrain libre et plus actif pour une culture temporaire, qui n'a pas besoin de ménager la fertilité du sol et qui ne doit viser qu'à l'économie dans l'exécution. Au contraire, dans les taillis défrichables, le terrain n'est pas ordinairement couvert de gazon, mais seulement de feuilles mortes qui ne peuvent gêner la culture à condition qu'un chaulage neutralise leur acide tannique, et qui, si elles étaient brûlées, seraient perdues presque sans profit.

En résumé, pour le défrichement des bois, nous ne sommes point partisan de l'écobuage ordinaire et encore moins de celui pratiqué dans les taillis sartés.

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TROISIÈME PARTIE

Direction agricole des terres qui proviennent d'un

défrichement

CHAPITRE PREMIER

BATIMENTS RURAUX

er

Opportunité de leur construction.

Nous avons vu que si la population agricole est trop éloignée d'un bois pour cultiver avantageusement les terres qu’on obtiendrait en le défrichant, ce bois présente une circonstance défavorable au défrichement, parce qu'alors il exigerait la construction de bâtiments ruraux coûtant cher et n'étant que d'un bien

chétif rapport. Néanmoins, quand cette construction sera loin d'absorber tous les profits du défrichement et sera indispensable pour la culture des nouvelles terres, on ne devra pas hésiter à faire cette dépense. Seulement, si l'on ne défriche que successivement, comme nous l'avons conseillé, il conviendra de ne pas construire au début du défrichement, mais au bout de quelques années, lorsque l'étendue des terres ne pourra plus être avantageusement cultivée par la population voisine à cause de son éloignement, et sera suffisante pour occuper déjà un petit fermier. En outre, si le défrichement ne doit se terminer qu'à une époque assez reculée, nous engageons à ne construire d'abord que le bâtiment d'habitation et la portion des bâtiments d'exploitation à utiliser immédiatement, afin de ne pas perdre l'intérêt de l'argent destiné à cet emploi; d'autant plus qu'on ne réalisera le capital nécessaire à la construction, que par la vente de la superficie, laquelle s'effectuera successivement comme le défrichement.

Nous allons indiquer les conditions les plus importantes auxquelles les bâtiments ruraux doivent satisfaire pour donner les meilleurs résultats.

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