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PUBLIC LIBE DURELA

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Le célèbre auteur de l'Histoire philosophique avait posé la plume en 1783. Depuis lors de grands changemens s'étaient opérés dans le régime des colonies ainsi que dans le commerce qu'elles font avec leurs métropoles. Il fallait faire connaître ces changemens pour épargner au lecteur des méprises sur la situation du commerce des deux Indes pendant cette période. C'est la tâche que nous nous sommes imposée.

Nous avons dû recueillir les nouveaux documens, les connaissances positives que les voyageurs, les publicistes, les économistes et les actes des divers gouvernemens nous ont offerts, Aucun historien n'avait encore rassemblé dans un corps d'ouvrage les faits et les données propres à offrir le tableau complet des révolutions qui, depuis trente-sept ans, ont changé la face des colonies; nous signalons les causes qui les ont tour à tour fait passer d'une domination à une autre, qui ont agrandi leur existence politique au détriment de leur existence commerciale, ou agrandi leurs relations commerciales en diminuant leur importance politique ; nous

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suivons les progrès des établissemens fondés sur des plages nouvellement découvertes; nous observons la progression toujours croissante de l'industrie qui a étendu ses mille bras sur toutes les parties du globe, et fait jaillir du sein des terres incultes les sources de la vie et de la civilisation.

Notre opinion sur quelques points pourra différer de celle de certains esprits pour qui toute idée nouvelle est suspecte, et doit être proscrite sans examen, par cela seul qu'elle est nouvelle.

Appuyé de quelque expérience au milieu de la guerre des partis et des opinions qui a tristement signalé la dernière moitié du dix-huitième siècle, nous avons cru pouvoir nous exprimer franchement sur les libertés que réclame le commerce, mais

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la faiblesse et l'irrésolution craignent d'affranchir de ses entraves.

Nous n'avons pas cru que la volonté changeante des hommes pût utilement pour les peuples remplacer la stabilité des institutions fondées sur la raison ; et si la liberté du travail nous a paru l'âme de l'industrie et la première richesse des nations, nous avons pensé aussi, avec les monarques les plus éclairés de nos jours, qu'elle

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doit être également la source la plus pure de la civilisation et la base la plus solide des empires.

Nous désirons avoir fait un livre digne de son objet , et avoir contribué ainsi aux progrès des connaissances utiles et à l'établissement des vrais principes de l'ordre social ; c'est du moins le motif qui nous a déterminé à écrire cet ouvrage. Puissions-nous avoir réussi !

PEUCHET.

AVERTISSEMENT DES ÉDITEURS.

Nous avions d'abord annoncé que nous donnerions en un seul volume le tableau de tous les changemens qui ont eu lieu dans les colonies depuis que l'abbé Raynal a cessé d'écrire; mais l'auteur, en élaborant les nombreux et intéressans matériaux qu'il avait rassemblés sur cet objet, a reconnu l'impossibilité de les renfermer dans un seul volume, à moins de ne donner que des notions tout-à-fait superficielles et insuffisantes sur les colonies. Il s'est donc attaché à donner au supplément de l'Histoire philosophique tous les développemens qu'il a jugés propres à mieux faire connaître l'histoire des colonies, à tempérer la sécheresse des calculs ou des détails statistiques auxquels il a dû se livrer, et à établir de justes proportions entre le nouvel ouvrage et l'Histoire philosophique.

Le travail de M. Peuchet étant ainsi mis en harmonie avec son modèle, dont il est la suite et le complément, a produit deux volumes, qui forment les tomes xi et xii, de l'Histoire philosophique. Nous nous plaisons à croire que le public nous saura quelque gré de cette augmentation, qui tourne tout entière à l'avantage de l'ouvrage. Les personnes qui, jusqu'à ce jour, ont souscrit à cette nouvelle édition, ne paieront pas ce douzième volume. Le seul désir de présenter un ouvrage complet nous a décidé à faire ce sacrifice.

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