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A LA MÉMOIRE

DU

GRAND PATRIOTE ET ORATEUR ROUMAIN

ALEXANDRE LAHOVARY

ANCIEN MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

DU ROYAUME DE ROUMANIE.

EN SOUVENIR DE L'ÉTROITE AFFECTION

QUI NOUS UNISSAIT,

JE DÉDIE PIEUSEMENT CET ÉCRIT.

G. B.

AVERTISSEMENT

« Dès qu'il y eut des Turcs en Europe, il y eut une question d'Orient... dit M. Albert Sorel, dans l’Avant-propos de son ouvrage intitulé : La Question d'Orient au XVIII° siècle; les origines de la triple alliance (1); - et on a même écrit un livre sur la question d'Orient au vile siècle, c'est-à-dire près de cinq cents ans avant les premières incursions des Turcs en Europe (?).

En offrant aujourd'hui au public cet « Essai d'une notice bibliographique sur la question d'Orient », nous n'avons point entendu remonter si haut, ni entreprendre l'énumération de tous les ouvrages auxquels ont donné lieu, même depuis le dernier siècle, les principaux épisodes de cette importante question. Il serait difficile, croyons-nous, d'aborder une aussi vaste matière sans risquer de s'y égarer. Quoi de plus complexe, en effet, que ce grave problème politique, dans les données duquel entrent tant d'éléments divers : « revendications des races européennes asser

(1) Paris, Plon, 1878, in-80. Deuxième édition, revue et complétée par l'auteur; ibid., id. 1889, in-18 jésus (avec ce sous-titre : Le partage de la Pologne et le traité de Kainardji).

(2) Héraclius, ou la question d'Orient au Vile siècle. Etude historique, par Adolphe d'Avril. Paris, Duprat, 1862, in-8°.

vies par les Turcs; — rivalité des grandes puissances limitrophes de la Turquie; rivalité des Anglais et des Russes en Asie; défense de leurs intérêts par les puissances qui ont besoin de la libre circulation dans la partie orientale de la Méditerranée ;

différence de religion des habitants de l'empire » ottoman, etc., etc. - ("); et dont la solution, qui intéresse à la fois l'Allemagne, l'Angleterre, l'Autriche, la France, l'Italie, la Russie, la Turquie, sans oublier les États balkaniques, n'est indéfiniment retardée que parce qu'on frémit à la seule pensée du bouleversement général qu'entraînerait à sa suite un partage de la Turquie?

Une bibliographie complète de la question d'Orient est par cela même une cuvre considérable, tout à fait au-dessus des forces d'un curieux ou d'un simple chercheur, et qui ne pourrait être entreprise avec succès que par une société de savants et d'historiens de tous les pays, lesquels se distribueraient les diverses parties de cet immense travail (Question d'Orient européenne, africaine, asiatique), avec les subdivisions infinies

que comporte chacune de ces parties. Encore une fois, nous n'avons pas eu des visées si hautes, et, dans notre désir d'apporter notre modeste contribution au monument bibliographique qui tentera certainement, un jour ou l'autre, des érudits plus compétents, plus audacieux et mieux outillés que nous, nous nous sommes volontairement renfermé dans un cadre restreint et limité, en bornant nos recherches aux principaux faits qui ont eu pour théâtre l'Orient européen depuis 1821, date de la première insurrection grecque, jusqu'à nos jours, et

(1) La question d'Orient populaire, par Charles Sancerme. Paris, Delugrave, 1897, in-8°, p. 91.

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