Page images
PDF
EPUB

nagemens enfin qui sont dus à ceux dont on exige de grands sacrifices, on pourroit en adoucir la douloureuse amertume. Que n'a-t-on pas droit d'attendre en générosité de ceux qui, par une suite de circonstances, sont devenus à-la-fois les plus forts et les plus heureux ? Mais des autres aussi que ne pourroit-on pas espérer, s'ils vouloient d'une gloire plus remarquable qu'aucune de celles dont on se forme l'idée! Ils ont latté contre l'orage , lorsqu'il n'étoit menaçant que pour 'eux; il seroit beau de chercher à le calmer, lorsqu'il commence à s'étendre sur tout l'horison ; il seroit beau de prendre cette époque pour se montier uniquement les enfans de la Patrie , pour s'élever , dans un danger commun, au-dessus de toutes les considérations personnelles, et pour dominer ainsi la fortune par la seule grandeur de leur

Que l'Assemblée entière excite, appelle ces nobles mouvemens en se montrant sensible aux privations particulières. C'est une erreur de penser que , sans mesure et sans proportion, ces privations soient également utiles à l'intérêt public, car il dans la composition de toutes les fédérations sociales, une mise de confiance et d'affection mutuelle qui est aussi nécessaire à leur prospérité, qu'aucun auire genre de contribu, tion. N'en doutez pas, Messieurs, les générations futures ne vous reprocheront point les égards que vous aurez pour les hommes du temps présent, pour ceux de vos Concitoyens que vous détachez avec déchirement de leur situation passée ; elles hériteront assez de vous, ces générations, elles hériteront assez de vos généreux travaux : assurez

ame ".

y a

la

[ocr errors]

seulement la longue durée de vos bienfaits. Qu'ils arrivent à eux, s'il se peut, sans avoir coûté trop de larmes ; qu'ils arrivent à eux, étayés d'une épreuve heureuse et paisible; qu'ils arrivent à eux sur-tout , sans être plus long-temps entachés par le sang et par violence. Qui oseroit déterminer les équivalens de la vie d'un seul homme qui perit la victime d'une injustice ? De semblables calculs n'ont point d'élémens connus, et je ne sais personne sur la terre qui ait le droit de les fixer ».

Pardonnez-moi, Messieurs, si, me Jaissant aller à mes sentimens, je me suis écarté, sans y penser, du principal sujet de ce Mémoire; mais vous l'auriez permis à l'un des Membres de votre Assemblée, et lié bien autant que personne aux affaires publiques , j'ose attendre de vous la même indulgence. Je pourrois douter de votre faveur, que venant à vous , je m'expliquerois eucore avec confiance , parce qu'il n'y a dans mon coeur que sentimens de paix, de justice et d'amour véritable du bien public. Je vois d'ailleurs approcher de moi le moment où, séparé de l'Administration, je n'aurai plus de rapport que par mes voeux avec le bonheur de la France ; et me transportant déja parla pensée dans ce période de la vie, où l'âge et la retraite vous unissent en quelque manière à l'impartiale équité des temps à venir, je vous parle sans crainte comme sans espérance, et cette situation particulière peut seule me rassurer contre les sevtimens de timidité qui accompagnent nécessairement le respect dû à auguste Assemblée, et le desir infini que j'aurai toujours de vous plaire

une si

Ace Mémoire est joint un aperçu de l'Etat général des Finances pendant les huit derniers mois de l'année 1790, tant pour l'ordinaire que pour l'extraordinaire , dont nous présenterons seulement le résultat Le total des Recettes monte à 656,625,000 l. Celui des Depeuses à ....... 645,210,000 Excédent de Recette.... 11,400,000

Les pièces justificatives de chaque article, tant en Recette qu'en Dépense, doivent être remises au Comité des Finances.

[ocr errors]
[ocr errors]

ConrÉDÉRATION NATIONALE.
Adresse des citoyens de Paris à tous les

François.
Chers frères et braves amis,

Jamais des circonstances plus imperieuses n'ont invité tous les François à se

réunir dans un même esprit, à se rallier w avec courage autour de la Loi, et favo

riser de tout leur pouvoir l'établissement de la Constitution (1).»

• Ce væu que vient d'exprimer le plus chéri des Rois, ce veu que nous avons tous formé, nous vous proposons de l'accomplir aujourd'hui.

“ Dix mois sont à peine écoulés depuis l'époque mémorable où, des murs de la Bastille conquise, s'éleva un cri soudain : François, nous sommes libres. Qu'au même jour, un cri plus touchant se fasse entendre : f'rançois nous sommes frères.»

[ocr errors]

Proclamation du Roi, du 28 Mai 1790.

[ocr errors]

Oui, nous sommes frères , nous sommes libres, nous avons une Patrie. Trop longtemps courbés sous le joug, nous reprenons enfin l'attitude fiere d'un Peuple qui reconnoit sa dignité.

« L'édifice de la Constitution s'élève , et contre lui viendront se briser les orages politiques, les efforts de l'intérêt, de l'envie et du temps.”

Nous ne sommes plus ni Bretons ni Artgevins, ont dit nos frères de la Bretagne et de l'Anjou ; comme eux nous disons : Nous ne sommes plus Parisiens, nous sommes tous François.

Vos exemples nous ont inspiré une grande pensée, vous l'adopterez, elle est digne de Vouş. "

Vous avez juré d'être unis par les liens indissolubles d'une sainte fraternité, de défendre, jusqu'au dernier soupir, la Constitution de l'Etat, les Décrets de l'Assemblée Nationale et l'autorité légitime de nos Rois : comme vous, nous avons prêté ce serment auguste; faisons a il en est temps, faisons, de toutes ces fédérations particulières, une confédération générale. »

"Qu'il sera beau le jour de l'alliance des François ! Un peuple de Frères, les régénérateurs de l'empire, un Roi Citoyen, ralliés pour un serment commun à l'autel dě la Patrie ; quei spectacle imposant et nouveau pour les Nations !

Nous irions aux extrémités du royaume nous unir à vous pour cette solemnité; mais c'est dans nos murs qu’habitent nos Législateurs et notre Roi; la reconnoissance nous retient et vous appelle auprès d'eux : nous leur offrirons ensemble, pour prix de leurs

Vertus et de leurs travaux, le tableau d'une nation reconnoissante , heureuse et libre. • Vous serez avec nous ,

braves guerriers, nos frères d'armes et nos amis ; vous qui nous avez donné l'exemple du civisme et du courage : vous qui avez trompé les projets du despotisme', et qui avez senti que sauver la patrie , c'étoit accomplir vos sermens.

Et vous dont la présence nous eût été si chère, François , que les mers ou d'immenses interyalles séparent de nous, vous apprendrez, en recevant l'expression de nos regrets, que nous nous sommes rapprochés par la pensée, et que malgré les distances, vous étiez placés au milieu de vos frères, à la fête de la patrie.

C'est le 14 Juillet que nous avons conquis la liberté, ce sera le

14
Juillet

que nous jurerons de la conserver ; que le meine jour, à la même heure, un cri général, un cri upanime retentisse dans toutes les parties de la France : Vive la Nation, la Loi et le Roi! Que ce cri soit à jamais celui de ralliement des amis de la patrie, et la terreur de ses ennemis.

« De ses ennemis!.... Non , François, la Patrie, la Liberté, la Constitution n'auront plus d'ennemis, dès que nous aurons environné, de toute la force publique , ces objets sacrés de notre culte et de notre amour. Alors tous ces hommes qui portent encore et semblent chérir leurs fers, s'élèveront à la hauteur de nos communes destinées , ils aspireront à l'honneur de voir leurs noms inscrits dans ce pacte de famille , ment de notre gloire et garant éternel de la félicité de cet empire. Nous sommes

avec un attachement

monu

[ocr errors]
« PreviousContinue »