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L'empereur d'Autriche et d'Allemagne paroitroit devoir être le chef naturel de la confédération germanique. Les différens étals qui en feroient partie, devroient conserver leur indépendance fortement garantie, et n'être obligés de prendre les armes que pour une guerre défensive, évidemment nécessaire. Ils ne pourroient se faire la guerre entre eux; mais , tous leurs différends seroient soumis à un tribunal suprême, dont les membres formeroient une sorte de congrès.

L'un des traits principaux de la civilisation a été l'établissement des cours de justice, substi, tuées à ces combats singuliers et à ces épreuves qui faisoient triompher, non la cause la plus juste, mais le droit du plus fort ou les fourberies du plus rusé. Un progrès plus important de la civilisation doit consister dans l'adoption solennelle, consacrée par les souverains, des moyens les plus propres à garantir les différens états du fléau de la guerre, et à faire soumettre les objets de litige qui surviennent entre eux à une discussion publique et impartiale , à un arbitrage pacifique, à une décision supérieure et suprême d'un congrès établi et reconnu par les parties intéressées.

Les membres du corps germanique ne devroient pouvoir s'engager individuellement dans

aucune guerre offensive au dehors, sans l'aveu du congrès.

Plus les rois se lieront les mains dans toutes les choses qui sont évidemment nuisibles à la félicité de leurs peuples, comme la guerre plus ils augmenteront et affermiront leur puissance de faire le bien , la seule dont ils doivent être jaloux.

Une réunion de savans publicistes et d'habiles jurisconsultes, versés dans la connoissance de l'ancien droit public allemand , et de quelques hommes d'état éclairés, bien pénétrés des vrais besoins de l'Allemagne et de l'Europe, pourroit mûrir les bases et combiner les élémens de la nouvelle Confédération Germanique : on y feroit entrer, comme parties contractantes, l'Autriche , la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, les grands-duchés de Wurtzbourg, de Francfort et de Bade, etc. , la Westphalie , dont le territoire fourniroit des indemnités aux princes qui pourroient y avoir des droits , et les Villes Anséatiques. (Celles-ci pourroient faire partie de la confédération du nord, dont il a été fait mention.)

Une question délicate et importante, sur laquelle nous ne pouvons rien préjuger, sera celle de savoir , si , pour l'intérêt même de l'Angleterre et du continent, il convient que le

roi de la Grande-Bretagne redevienne un des membres du corps germanique, par la réoccupation du Hanovre.

V. HOLLANDE. La malheureuse Hollande, qui la première avoit présenté à l'Europe le spectacle imposant et instructif des magiques effets d'une sage économie et des prodiges d'une industrieuse activité, doit reparoître sur le tableau des puissances, comme un état indépendant, sous la protection spéciale de la Russie, de la Prusse et de l'Angleterre, et sous la garantie de la France et du Corps Germanique, qui s'engageront à reconnoître, à respecter et à défendre au besoin son existence politique.

VI. Suisse. L'indépendance et l'intégrité du territoire de la Confédération Helvétique, qui pourra voir renaître son industrie , ses manufactures , la liberté de son commerce, sa prospérité intérieure, devront être également garanties par l'Autriche , par le Corps Germanique, par la Russie et par la France.

VII. Italie. L'Italie, si long-temps victime des fureurs des étrangers, qui en faisoient un théâtre de carnage, doit être organisée comme un état fédératif indépendant, sous la protection spéciale de l'Autriche, et sous la garantie du Corps Germanique, de la France, de l'Espagne, de l'Angleterre et de la Russie.

Les états particuliers de Naples, de Rome, de la Toscane , de la Ligurie, du Piémont, de la Lombardie, aujourd'hui royaume

d'Italie comprenant l'ancien état de Venise, pourront ètre réorganisés avec différentes modifications. Comme il convient néanmoins qu'un état fédératif, pour être fortement constitué, ne se compose pas de portions de territoire trop divisées; et comme la nouvelle organisation de l'Europe doit se concilier , autant qu'il est possible , avec la situation présente des choses, en évitant les nouveaux changemens qui ne sont

ab

pas solument nécessaires , il seroit utile de reconnoitre et de garantir l'existence actuelle des deux royaumes d'Italie et de Naples. On pourroit même conserver à la tête du royaume d'Italie, dans lequel on comprendroit les villes de Parme et de Plaisance , le jeune prince chargé jusqu'ici de son gouvernement, qui a fait tout le bien

a permis son peu d'autorité, qui est étranger au mal qu'il étoit quelquefois obligé de faire , contre sa volonté, en multipliant à l'infini les levées d'hommes, les impôts, les mesures oppressives de finances, de police et de guerre; qui s'est concilié l'estime, la confiance et l'affection des Italiens par sa

que lui

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modération. Il importera de p autres états d'Italie, des souvera faire aimer leur autorit é, de ré de cette belle contrée, et d'en entre eux par une ligue fédér bases soient analogues à celles le Corps Germanique.

La maison d'Autriche , qui d la possession de l'Illyrie , a le térêt à traiter l'Italie avec modéra Elle en tirera des avantages plus relations commerciales bien assureront la prospérité de Trie vinces Illyriennes, que par une recte, dont les avantages seroi précaires. Il est temps que

I'I elle-même, et qu'au lieu d'obéi étrangers et éloignés, elle possè ritoire ses propres souverains, d est pour un peuple un moye prospérité.

VIII.,ILES IONIENNES. Le so niennes, ainsi que de Raguse devra être fixé de concert par la triche et l'Angleterre, d'après rales, favorables à la liberté des merciales et à la navigation de la

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