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IX. SERVIE. Il importe de faire cesser la guerre prolongée depuis plusieurs années entre les Serviens et les Turcs. Il est digne des puissances alliées d'étendre leurs pensées à toutes les parties de l'Europe, et de générałiser les bienfaits de la paix.

X. TURQUIE. La Turquie, qui pourroit devenir plus tard une pomme de discorde , doit être rattachée aux intérêts du continent par les liens de la navigation et du commerce. La politique des cabinets européens doit lui faire apprécier, dans un système de paix immuable, la garantie de son existence et les moyens de faire participer ses peuples aux avantages de la civilisation.

On pourroit exiger de la Porte qu'elle fit affranchir la navigation de la Méditerranée des pirateries des puissances barbaresques, et du honteux tribut que leur paicnt quelques puissances de l'Europe (1).

(1) Cette vue politique, qui n'est ici qu'indiquée, la nécessité de faire cesser les pirateries des états barbaresques, est devenue l'objet d'une belle et philanthropique entreprise, conçue et préparée par le célèbre amiral anglois SIDNEY SMITH, et honoré de l'approbation des principaux souverains de l'Europe, qui paroissent devoir concourir à son exécution. Il est temps d'affranchir la navigation de la Méditerranée XI. ESPAGNE ET PORTUGAL. L'indépendance de la brave nation espagnole et celle du Portugal doivent être proclamées et garanties. Une ligue

fédérative du midi pourroit être organisée avec succès, dans ces deux contrées, sous la protection spéciale de l'Angleterre, et sous la garantie de l'Autriche, de la Russie et de la France. XII. SUÈDE. La Suède conservera les

possessions coloniales qui lui ont été promises par l'Angleterre, et qui sont une indemnité légitime de ses généreux efforts pour la liberté continentale.

XIII. DANEMARCK. Le Danemarck devra nécessairement expier la conduite vacillante et l'espèce d'abandon de la cause commune, qui lui ont paru commandés impérieusement par sa foiblesse, par sa dépendance, par les embarras et les dangers de sa position. Néanmoins, à l'égard des états du second ordre, qui ont été précipités dans un tourbillon et entraînés comme satellites par une force supérieure, on ne

des vexations et des dangers de tout genre auxquels tous les pavillons sont exposés. La guerre devievt utile et honorable , lorsqu'elle tend à protéger le commerce, la liberté des mers, et à garantir la sécurité générale et les bienfaits de la civilisation. (Note de l'éditeur de ce Mémoire.)

doit jamais oublier qu'une extrême indulgence est une extréme justice. Une sorte de nécessité inévitable , qui les a opprimés, est leur ex

cuse.

XIV. France. La France, quoiqu'elle ait été déjà victime de l'égoïsme et des atroces calculs du dominateur, doit descendre du rang de suprématie (incompatible avec la sûreté et la tranquillité de l'Europe et avec les vrais intérêts et la félicité de la nation françoise ), que son chef avoit voulu s'arroger à lui seul, aux dépens du peuple qu'il sacrifioit. Elle doit rentrer dans les limites que la nature elle-même semble lui avoir fixées : d'un côté, le cours du Rhin, qui la sépare de l'Allemagne et de la Hollande; de l'autre, l'Océan; puis les remparts des Pyrénées, la mer Médilerranée , la chaîne des Alpes et la Suisse (i).

(1) Celle doctrine politique des limites naturelles de la France, étoit généralement reconnue en Europe au moment où ce Mémoire a été écrit, et avoit été consacrée par plusieurs traités comme pouvant établir un juste équilibre entre la France et les autres puissances. Elle n'a été désavouée qu'à l'époque où l'ambition démesurée de Buonaparte, ne connoissant ancunes bornes à ses plans d'envahissement et de conquêtes, et voulant agrandir au delà de toute proportion son gigantesque empire, a disposé les cabinets européens à user de re

Il seroit à désirer , pour la tranquillité de l’Europe, et même pour la prospérité intérieure de la France, afin que cette nation guerrière, et trop facilement docile au joug, ne fût pas, une seconde fois, dans les mains d'un chef ambitieux, un instrument de conquête et de destruction, qu'on pût , en conservant l'indépendance, l'unité et l'intégrité du territoire françois, organiser cette grande contrée en union fédérative , sous le gouvernement de l'impératrice régente, assistée d'un conseil de régence, qui distribueroit de grands gouvernemens militaires, ou provinces , aux premiers personnages de l'état, chargés d'y tenir les rênes de l'administration publique, avec l'assistance de conseils ou d'etals provinciaux.

Ainsi seroit résolu le double problème : 1°. Conserver la monarchie et la patrie fran

présailles envers la nation, devenue l'instrument et la victime de ce nouveau fléau de Dieu , et à faire rentrer la France dans ses anciennes limites, par la crainte qu'un chef habile et guerrier n'abusât une seconde fois de sa puissance pour troubler les élats voisins. Les souverains alliés sentiront néanmoins que la France, régulièrement constituée, succédant au colosse impérial, doit obtenir d'eux plus de confiance; et qu'il importe à la garantie respective des autres états, qu'elle conserve une extension de territoire proportionnée à celle qu'ils ont acquise eux-mêmes. (Note de l'auteur en 1814.)

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çoises intactes, divisées en portions assez puissantes par elles-mêmes pour résister à l'influence dominatrice et malfaisante d'un seul chef, qui voudroit entraîner l'état dans des

guerres d'am. bition et de conquête; empêcher la capitale de la France d'absorber tout l’Empire , qui se trouve ainsi toujours à la merci d'une révolution d'élat et d'un

coup

de main dans une seule ville. 2o. Ménager à l'autorité suprême, en France, des moyens

faciles de satisfaire l'ambition et de récompenser les services des principaux personnages de l'état , qui, après l'agitation d'une vie publique livrée à de grands intérêts, conserveroient un caractère turbulent et inquiet, s'ils étoient condamnés à la nullité d'une existence absolument privée, oisive et obscure, sans considération, sans influence et sans gloire.

Quant au chef actuel des François, il est impossible, pour l'honneur et pour le bonheur de la France, victime de la folie et de l'extravagance de ses plans , et pour la sûreté de l'Eu

de lui laisser aucune part dans le gouvernement. Il a prouvé, depuis dix ans, son incapacité absolue de gouverner sagement un état, Il a englouti, sans but raisonnable et sans aucun résultat, plus d'hommes et de millions qu'aucun des conquérans dévastateurs qui ont désolé la terre.

rope,

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