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CHAPITRE VIII.-Encore M. Tourton, 100.—Une des légions de la garde na-

cionale se porte au Corps-Législatif, ibid.—Je cours en prévenir l'empereur,

101.-Abdication de ce prince, 102.-Formation de la commission du gouver-

nement, 103 et 104.- Napoléon II est proclamé, 105.-L'empereur se retire à
la Malmaison, 108.— Il me désigne pour le suivre, 107.-Fouché élude au
sujet des frégates, 109 et suiv.-Difficultés au sujet des passe-ports, 111 et
suiv.

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L'impératrice quitte Paris.-Le roi de Rome refuse de sortir des Tuileries.

Conseil de défense.- Le prince Joseph.--Arrivée du général Dejean.-Encore le duc de Dalberg.—Je reçois ordre de suivre l'impératrice.-M, de Talleyrand.—Ses instances pour se faire autoriser de rester à Paris.—11 n'était donc pas bien sûr de ses trames, ou il avait de bien grandes répugnances pour les Bourbons.

Le lendemain, dès sept heures, les dispositions du départ étaient faites. Le bruit se répandit promptement que l'impératrice s'éloignait. La foule accourut, et la place du Carrousel fut bientôt couverte d'une multitude d'hommes, de femmes qui ne demandaient pas mieux que de couper les traits, de renvoyer les attelages, et de voir la régente courir généreusement avec eux les dernières chances de la fortune. Mais tel était le respect que l'on portait encore à sa personne et à ses volontés, que, dans une foule immense dont chacun eût voulu la retenir, il ne se trouva personne qui osât même en manifester l'intention. Une simple tentative eût cependant tout sauvé, car l'impératrice était loin d'approuver la résolution qui avait été prise. Le prince Joseph, l'archi

TOME IV.-lère Partie.

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chancelier ne l'approuvaient pas davantage. Ils l'avaient appuyée, parce que les ordres de l'empereur étaient précis ; mais ni l'un ni l'autre ne se faisaient illusion sur les conséquences dont elle serait suivie.

Marie-Louise était dans la même situation d'esprit. Chacun voyait ce qu'il fallait faire, sans que personne osât l'ordonner. Joseph proposait à l'impératrice de prendre l'initiative, l'impératrice se rejetait sur le conseil de régence, et observait que l'empereur ne lui avait donné un conseil que pour la guider; que c'était à ceux qui en étaient membres à lui tracer la conduite qu'elle devait suivre ; que pour rien au monde elle ne se mettrait en opposition avec les volontés de l'empereur. Joseph observa alors qu'avant de quitter la capitale, il convenait au moins de s'assurer des forces qui la menaçaient. Il partit à la pointe du jour pour aller luimême prendre connaissance de l'état des choses. L'impératrice voulait, comme elle en était convenue, attendre son retour pour prendre une décision; mais les avis les plus alarmans, les rapports les plus contradictoires se succédaient d'un instant à l'autre : le ministre de la guerre la pressait, elle céda et monta en voiture sur les onze heures du matin.

Elle fut suivie des personnes qu'elle avait désignées pour l'accompagner, et s'éloigna sous l’escorte de ses gardes ordinaires. La foule lui donna des marques d'intérêt dans ce moment cruel; mais si quelqu'un eût été assez hardi pour couper les traits des attelages, il n'y eût plus eu de responsabilité à craindre, l'indécision eût disparu, et tout eût été sauvé. Une chose remarquable; c'est la résistance qu'opposa

le roi de Rome au moment où l'on voulut l'emporter chez sa mère. L'enfant se mit à crier

que

l'on trahissait son papa, qu'il ne voulait pas partir. Il saisissait les rideaux de l'appartement, et disait que c'était sa maison, qu'il n'en sortirait pas. Il fallut tout l'ascendant de madame de Montesquiou pour le calmer; encore fallut-il qu'elle lui promit bien

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